Agnès Thurnauer

Agnes Thurnauer, Prédelle (Border #1), 2018. Image courtesy the artist and Galerie Michel Rein

« Le mot frontière est un mot borgne. L’homme a deux yeux pour voir le monde. » — Paul Éluard

Le langage constitue le terreau de la création d’Agnès Thurnauer. Tant dans ses peintures que dans ses sculptures, l’artiste française attire notre regard sur les unités lexicales qui nous permettent de nous exprimer, sur la polysémie et sur le pouvoir évocateur de la langue. Entre ses mains, la grammaire est une "chanson douce" et les mots qu’elle découpe en syllables dans ses diptyques se prêtent à l’interprétation (Prédelles). Dans ses “Portraits grandeur nature”, une série de badges monumentaux, elle déplore l’absence et le manque de visibilité des artistes femmes et "traduit" au féminin les noms masculins des cadors de l’histoire de l’art. Ses Matrices, des sculptures et assises à l’effigie de lettres alphabétiques ne sont pas sans rappeler des caractères typographiques en plomb, caractères qui auraient été évidés, et nous invitent à contempler les glissements sémantiques et les jeux lexicaux. « Je ne peux pas penser en tant qu’artiste sans le langage comme matériau. »

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July 2, 2022 / Zoé Schreiber