NEWSLETTER • 14 MARS 2026

ÉDITORIAL • 14 MARS 2026

Le monde entier a les yeux rivés sur le détroit d’Ormuz dans la mesure où c’est par ce fameux détroit que transite 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Depuis le 28 février dernier, date du début du conflit qui a embrasé le Moyen-Orient, des dizaines de pétroliers ont été contraints de faire demi-tour voire de différer la traversée de ce couloir maritime névralgique. La menace qui pèse sur l’approvisionnement a entraîné une envolée historique des cours de l’or noir. Cette flambée du prix du carburant et les tensions au Moyen-Orient ravivent le souvenir des grands chocs énergétiques (1973, 2008 et 2022) qui ont profondément bouleversé l’économie mondiale. En effet, une flambée durable du brut pèserait non seulement sur les coûts de transport et sur la logistique mais ferait aussi planer le spectre de l’inflation. Afin de parer au plus urgent, l’Agence internationale de l’énergie a débloqué ce mercredi 400 millions de barils provenant de ses réserves stratégiques. La hausse des prix à la pompe affole à juste titre les consommateurs. Tout porte à croire que la jeune femme qui figure sur la photographie mise en scène par Gregory Crewdson a raté le coche et l’opportunité de faire le plein.

Ce dimanche, la 98ème cérémonie des Oscars attribuera ses prix aux meilleurs films de l’année 2025. Pour la première fois depuis la création du prix du meilleur film d’animation en 2001, l’Académie ajoutera une nouvelle catégorie compétitive à la prestigieuse cérémonie et élèvera ainsi de facto à 24 le nombre de statuettes iconiques et tant convoitées. L’Oscar du “meilleur casting” récompensera le travail minutieux des directeurs de casting sur qui reposent le repérage de nouveaux talents et la sélection des interprètes à même de mieux répondre à la vision du réalisateur. Comme le suggère en filigrane la sculpture de Mouna Rebeiz, ces professionnels longtemps invisibilisės font incontestablement partie intégrante du puzzle cinématographique.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 7 MARS 2026

ÉDITORIAL • 7 MARS 2026

Deux semaines après le clap de fin des JO de Milan-Cortina, la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques d’hiver a eu lieu hier dans les arènes de Vérone. Cinquante ans après la toute première édition organisée en Suède, cette XIVe édition se tiendra sur le sol transalpin jusqu'au 15 mars prochain. Répartis sur trois sites (Milan, Cortina d’Ampezzo, Tesoro), les Jeux paralympiques d'hiver mettront en lumière près de 600 athlètes originaires d’une cinquantaine de pays différents et aux parcours de vie multiples. Si certains ont grandi avec un handicap, d’autres ont dû s'adapter à une nouvelle vie après un accident ou une maladie. Six disciplines permettront aux sportifs de se dépasser et de captiver l’attention du public en plaçant le handicap moteur ou visuel sous les projecteurs. Comme le suggère le tableau de Adeniyi Olarenwaju et bien que le basket en fauteuil ne soit pas au programme des jeux d’hiver, la pratique sportive des personnes en situation de handicap offre une leçon d’espoir et de résilience, preuve si besoin est que ce n'est pas ce qui nous "manque" qui nous définit mais ce que nous décidons de faire avec ce que nous avons. On se plaît à espérer que les dix jours de sports sur neige et sur glace susciteront le même engouement médiatique que les jeux paralympiques de Paris 2024.

Les seniors vieillissent mieux quand ils sont accompagnés. À ce titre, la présence et l’affection d’un animal de compagnie met indéniablement du baume au coeur. Une étude récente, qui se focalise tout particulièrement sur les chiens, corrobore ce postulat. En reliant leurs maîtres au monde extérieur, les chiens auraient un effet bénéfique tant sur la santé physique que sur la santé mentale dans la mesure où qui dit chien dit promenades régulières et interactions sociales accrues. Le chien qui gambade sur le sentier dépeint par Jean Jullien transforme une simple balade en moment de bonheur partagé.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 28 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 28 FÉVRIER 2026

Goretti, Ingrid, Leonardo, Nils, Pedro… En ce début d’année, les tempêtes se sont succédées sans se ressembler et les pluies torrentielles, les inondations et les crues ont occupé le devant de la scène médiatique. Depuis la mi-janvier en France, ce sont 40 jours de précipitations ininterrompues qui ont arrosé certaines régions et il faut remonter à 1959 pour recenser un mois de février aussi pluvieux. Si les perturbations météorologiques semblent s’être maintenant mises en pause, ce sont près de 300 communes françaises (principalement en Bretagne et dans l’ouest et le sud-ouest) qui ont été reconnues en état de catastrophe naturelle. Les crues ont contraint les habitants à évacuer leurs logements et les éleveurs à adapter leurs infrastructures pour sauvegarder le bétail. Les fortes précipitations ont saturé les sols d’eau et submergé les champs et les cultures. Il faudra attendre le printemps pour mesurer l’étendue des dégâts mais on redoute d’ores et déjà les pénuries de certains fruits et légumes dans les mois à venir et une augmentation des prix. Le paysage qui figure sur le tableau de Stephen Hannock traduit à lui seul la dévastation silencieuse et le calme à la fois fragile et mélancolique de “l’après”.

Compacts et légers, les casques audio et les écouteurs ont révolutionné les moeurs. Omniprésents dans les rues de nos villes et de nos campagnes, dans les transports en commun, dans les cafés et dans les salles de sport ou de réunion, ils permettent à tout un chacun de s’isoler du bruit ambiant et de choisir sa propre bande son. La publication en début de semaine d’une étude européenne a toutefois révélé la présence de substances chimiques potentiellement dangereuses pour la santé dans de nombreux casques et écouteurs et a entraîné en Belgique le retrait de la vente de moult modèles. Dans sa bulle, l’auditeur-baladeur vissé sur les oreilles, le félin anthropomorphe dépeint par Alain Séchas glisse quant à lui en toute insouciance sur le bitume.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 21 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 21 FÉVRIER 2026

Les vacances de carnaval riment souvent avec séjour à la montagne et sports d’hiver. Après avoir été aux abonnés absents en début de saison, la neige a fait, ces jours-ci, son grand retour dans plusieurs stations de ski. La tempête Nils, qui a balayé le sud de l’Europe la semaine dernière, et la tempête Pedro qui s’est invitée depuis quelques jours ont entraîné des chutes de neige historiques mais ont aussi rendu le manteau neigeux particulièrement instable en Savoie et sur une grande partie de la chaîne alpine. Plusieurs domaines skiables ont fermé et ont, par précaution, contraint les vacanciers à rester confinés à l’intérieur. En effet, qui dit précipitations hivernales soudaines et importantes dit aussi risque accru d’avalanches. À ce titre, tous les voyants sont passés à l’orange voire, fait rarissime, au rouge en début de semaine et les skieurs ont été appelés à la plus grande vigilance. Malgré les prévisions météo et les avertissements répétés, les risques encourus ne tempèrent pas les ardeurs des amateurs de sensations fortes. Cet hiver, l’irrésistible appel de l’or blanc a d’ores et déjà coûté la vie à plus d’une soixantaine de skieurs hors-piste, de snowboarders et de randonneurs et la série noire ne semble pas prête de s’arrêter. Si la skieuse dépeinte par Claire Milbrath trépigne d’impatience à l’idée de dévaler la pente, la prudence reste, encore et toujours, la mère de toutes les vertus. 

Aux JO ce mercredi, lors des épreuves de qualification de ski de fond, Nazgul, un chien-loup tchécoslovaque de deux ans, a volé la vedette aux athlètes. Il s’est échappé de la chambre d’hôtel de son propriétaire, a déboulé sur la piste de compétition et a poursuivi les fondeuses au pas de course avant de franchir la ligne d’arrivée sous les applaudissements du public. En forme olympique, l’athlète à quatre pattes aurait pu servir de modèle à celui qui figure sur l’oeuvre de Kiki Smith. Il a enflammé la toile et les réseaux sociaux et nous rappelle, si besoin est, que c’est bien souvent quand l’inattendu surgit que l’instant mémorable jaillit.

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NEWSLETTER • 14 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 14 FÉVRIER 2026

Les JO d’hiver de Milan Cortina 2026 battent leur plein depuis plus d’une semaine. Afin de limiter l’impact sur l’environnement et ré-utiliser des infrastructures sportives existantes plutôt que de construire des équipements neufs, les organisateurs ont misé sur la fragmentation des sites de compétition. Se déroulant des Dolomites à la plaine du Pô, en passant par la Vénétie, les sites sont au nombre de sept répartis sur un périmètre de 22 000 km2. Il s’agit à ce titre des jeux les plus éparpillés de l’histoire olympique. Qui dit JO dit arrivée massive des différentes délégations, athlètes et staffs compris, des medias et des correspondants étrangers et des spectateurs et des supporters dans les villes et les villages hôtes. Il va sans dire que les défis logistiques posés par les sites éclatés sont énormes. Bien que la priorité soit donnée à l’accès et à la gestion de la mobilité entre des lieux éloignés (420 km séparent en effet Milan de Cortina), transporter sans accroc des centaines de milliers de visiteurs et d’athlètes n’est pas une mince affaire. Si le tableau de Carlos Santiago exagère l’éventualité d’embouteillages sur les routes, il n’en demeure pas moins que les spectateurs et les observateurs des Jeux devront continuer à s’armer de patience pour effectuer leurs déplacements.

Le salto arrière avec atterrissage sur un patin a été interdit en compétition officielle pendant 48 ans parce que jugé trop dangereux et incompatible avec les règles du patinage artistique. Pour rendre le sport plus attractif et plus accessible aux jeunes spectateurs, il a été ré-autorisé en 2024 et vient de faire son grand retour sur la glace olympique. Si c’est bien le patineur américain Ilia Malinin qui l’a remis à l’honneur lors de sa prestation, il convient de rappeler que c’est une athlète tricolore du nom de Surya Bonaly qui, aux JO de Nagano en 1998, a été la première à réussir cette figure. Pénalisée à l’époque pour avoir enfreint les règles, l’infraction d’hier attire aujourd'hui les louanges du jury. Pour paraphraser l’oeuvre d’Ed Ruscha, “hier c’était hier, aujourd’hui c’est aujourd’hui”, preuve s’il en est que, dans le sport comme dans la vie, c’est grâce à l’audace de celles et ceux qui ont le courage de repousser les limites du possible que les mentalités évoluent.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 7 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 7 FÉVRIER 2026

Le coup d’envoi officiel des Jeux Olympiques d’hiver 2026, co-organisés par Milan et Cortina, a été donné à Milan hier. La cérémonie d’ouverture et le traditionnel défilé des délégations se sont déroulés sous les cris de liesse et les applaudissements du public. Point d’orgue des festivités: l’allumage de la flamme olympique qui, première historique, a embrasé simultanément les vasques de chacune des deux villes hôtes. Il s’agit des 25èmes JO d’hiver, les troisièmes organisés par l’Italie, cinquante ans après ceux de Cortina d’Ampezzo en 1956 (les premiers à être retransmis à la télévision), et vingt ans après ceux de Turin. Du 6 au 22 février, 2900 athlètes s’affronteront dans huit sports et seize disciplines. Du 6 au 15 mars prochain, ce sera au tour des athlètes paralympiques de prendre le relais et de s’affronter à leur tour. Il est de notoriété publique que, bien que les Alpes soient perçues comme l’eldorado des sports d’hiver, les conditions dites hivernales ne sont plus ce qu’elles étaient. Dès lors, pour la bonne tenue des épreuves, les canons à flocons seront, comme cela a été le cas lors des Jeux d’hiver de Pékin 2022, à nouveau mis à contribution. On se plait toutefois à croire que c’est dans une neige poudreuse tombée du ciel que le skieur dépeint par Werner Bronkhorst trace son sillon en quête d’excellence.

Il y a 22 ans, le 4 février 2004, un nouveau média social voyait le jour. Développé dans le dortoir d’une prestigieuse université américaine, le "trombinoscope" digital (face book) que l’on ne présente plus dépasse rapidement les confins de la sphère estudiantine et devient, au fil des ans et au gré des mises à jour, le réseau social le plus plébiscité au monde. En numérisant la sociabilité, la plateforme a profondément transformé les interactions humaines et révolutionné la circulation de l’information et le ciblage publicitaire. Avant cette date charnière, les "amis" se cantonnaient à ceux que l’on connaissait dans la vraie vie et la notion de "profil" décrivait uniquement le contour latéral d’un visage. Le tableau de Chris Johanson nous invite à nous pencher sur les liens invisibles mais bien réels qui nous unissent.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 31 JANUARY 2026

ÉDITORIAL • 31 JANVIER 2026

Ces derniers jours, un intrus météorologique originaire de l’Arctique s’est aventuré au-delà de son périmètre géographique et a littéralement paralysé le nord du continent américain. Le souffle hivernal du vortex polaire, d’habitude cantonné à tournoyer autour du pôle Nord, a en effet dévié de sa trajectoire. Ce faisant, il a libéré des poches d’air glacial et enveloppé d’un épais manteau de neige et de glace une grande partie du Canada mais aussi le centre, l’est et le sud de son voisin, les États-Unis. Des températures négatives bien en deçà des normales saisonnières se sont abattues sur les deux pays. Les conditions délétères induites par la tempête Fern ont privé des centaines de millers de foyers d’électricité et entraîné perturbations sur les routes et annulations de vols en cascade. Si le froid de canard n’est évidemment pas étranger à l’hiver, l’offensive particulièrement intense et meurtrière de ce mois de janvier est d’ores et déjà entrée dans les annales et une nouvelle vague de froid attendue ce week-end pourrait provoquer dans la foulée une autre tempête majeure. Les déclinaisons chromatiques du tableau de Marie Lannoo font écho au gigantesque tourbillon d’air glacial qui verrouille d’ordinaire le froid extrême sur les régions polaires.

Sur le Vieux Continent, ce sont des tempêtes à répétition qui ont joué les trouble-fêtes. De l’Irlande à la Bretagne, de l’Italie à l’Espagne et au Portugal, des rafales de vent ont balayé les terres et des pluies torrentielles sont tombées sans discontinuer provoquant crues et inondations. Les habitants se sont réveillés les pieds dans l’eau, alarmés par les trombes d’eau et les coulées de boue qui ont inondé leurs habitations. L’oeuvre de Guillaume Grando illustre de façon subliminale la menace que laisse planer la saturation des sols gorgés d’eau.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 24 JANUARY 2026

ÉDITORIAL • 24 JANVIER 2026

Cette semaine, deux catastrophes ont endeuillé le plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse d’Europe. L’Espagne, et plus précisément l’Andalousie, a été le théâtre d’une collision mortelle entre deux trains à grande vitesse. Deux jours plus tard, un train de banlieue heurte les débris d’un mur de soutènement effondré sur les voies à proximité de Barcelone et plonge à nouveau le pays dans l’effroi. Une tragique loi des séries au lourd tribut humain qui écorne un tant soit peu la réputation du réseau ferroviaire espagnol et suscite des interrogations sur la sécurité de ce moyen de transport qui est pourtant de loin l’un des plus sûrs après l’avion et qui a aujourd’hui plus que jamais le vent en poupe. Traits d’union entre les capitales et les métropoles régionales à travers l’Europe et dans le monde, faibles émetteurs de dioxyde de carbone, les trains à grande vitesse incarnent une alternative plus écologique que la voiture et l’avion. Si à l’échelle mondiale de nombreux trains battent d’ores et déjà des records de vitesse, des avancées technologiques promettent de bientôt marquer un coup d’accélérateur supplémentaire. Le paysage dépeint à travers la fenêtre d’un train par Megan Menzies semble défiler à toute allure et laisse présager, dans un avenir plus ou moins proche, une redéfinition de la grande vitesse ferroviaire. 

Dans la nuit du 19 au 20 janvier, une éruption solaire a perturbé le champ magnétique terrestre. En effet, l’astre qui rythme nos jours et nos nuits et éclaire et réchauffe la Terre est, cette année encore, sorti de sa torpeur et la tempête géomagnétique concomitante a tutoyé en intensité celle que nous avons connu en 2024. Au grand bonheur des plus chanceux qui ont pu admirer le spectacle inhabituel de visu, le ciel s’est illuminé dans nos contrées et a donné lieu à un ballet d’aurores boréales à couper le souffle. Les paillettes vert irisé qui parsèment le tableau d’Howardena Pindell font écho aux particules solaires éjectées par l’astre de feu et évoquent les "rideaux de lumière” qui embrasent communément le ciel à proximité des pôles.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 17 JANUARY 2026

ÉDITORIAL • 17 JANVIER 2026

Pas un jour sans que l’on n’entende parler de la plus grande île du monde. Situé entre l’océan Atlantique nord et l’océan Arctique, quatre fois plus grand que la France et peuplé d’à peine 57 000 habitants en majorité d’origine inuit, le Groenland ou “terre verte" ("grøn land" en danois) n’a de vert que le nom puisque ses 2 millions de km2 sont recouverts à 85% de glace. Deuxième plus grande masse de glace sur terre après l’Antarctique, le territoire semi-autonome danois est particulièrement touché par le changement climatique dans la mesure où il se réchauffe deux à quatre fois plus vite que le reste de la planète. Les glaciologues rappellent en effet que la calotte groenlandaise joue un rôle de régulation majeur. Contrairement à la banquise, qui flotte comme un glaçon, la calotte glaciaire du Groenland se trouve, par définition, au-dessus de la terre. Sa fonte complète entraînerait une élévation du niveau des océans de plusieurs mètres, exposant des villes côtières, telles que New York, Miami, Londres ou Tokyo pour ne citer qu’elles, à la submersion. Comme le rappelle en filigrane la photographie de Diane Tuft, si la dislocation progressive de la glace pourrait, à plus ou moins long terme, rendre plus accessibles et exploitables les minerais et les matières premières dites critiques, la richesse du Groenland ne se limite pas, n’en déplaise à certains, à son sous-sol: sa glace constitue, à l’échelle globale, un atout environnemental.

Dans l’inconscient collectif français, la vache est l’animal qui représente le mieux l’agriculture. Depuis 2011, à chaque Salon de l’Agriculture, son égérie bovine. Cette année pourtant, en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire et au grand dam des éleveurs et des visiteurs, aucun bovin ne sera convié à Paris en février. Si Biguine, la vache brahmane arrivée tout droit de Martinique après 11 jours de bateau, se voyait déjà en haut de l’affiche, c’est hélas, à l’instar du bovidé qui figure sur la sérigraphie d’Andy Warhol, à l’écart des projecteurs qu’elle rentrera dans les annales.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 10 JANUARY 2026

ÉDITORIAL • 10 JANVIER 2026

Chaque nouvelle année nous offre la possibilité de tourner une page et de prendre un nouveau départ. Il y a dix jours déjà, les douze coups de minuit annonciateurs du Nouvel An nous ont permis, comme à l’accoutumée, de nous remémorer les mois écoulés et de nous lancer de nouveaux défis pour nous réinventer et mieux avancer. Je tiens à vous remercier du fond du coeur pour votre fidélité et me réjouis de continuer, cette année encore, à "zigzaguer" avec vous et à vous offrir bouffées d’oxygène culturelles et (re)découvertes artistiques. Que 2026 soit, pour vous et vos proches, pleine de promesses. Je vous souhaite une bonne santé et, pour citer Jacques Brel, “des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns”. Dans cette optique, j’espère que vous conviendrez avec moi que la “photo-peinture” de nuages évanescents de Gerhard Richter laisse présager une nouvelle aube porteuse d’espoir.

Drapée d’un joli manteau de neige, 2026 a débuté sous l’emprise d’un froid polaire. Cette offensive hivernale a frappé de plein fouet une grande partie de l’Europe de l’ouest où les températures ont dégringolé et les flocons ont saupoudré les paysages des villes et des campagnes. Cela fait des années que ce coup de froid glacial n’avait été aussi intense et prolongé. Il alimente bulletins d’information et conversations et invite tant à la prudence qu’à l’émerveillement. Le verglas et la neige ont provoqué d’importantes perturbations sur la circulation et sur les réseaux de transport en commun et ont contraint moult habitants à rester chez eux ou à se résoudre à marcher pour se rendre sur leur lieu de travail. Les pas dans la neige immortalisés par Jerry Schatzberg témoignent du ralentissement tout relatif de l’effervescence urbaine.


Bonne année, restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 20 DÉCEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 20 DECEMBRE 2025

S’adresser des voeux lors des fêtes de fin d’année permet non seulement d’exprimer sa gratitude mais aussi de renforcer ses liens sociaux. Si, il n’y a pas si longtemps, envoyer et recevoir une carte de vœux manuscrite par la poste relevait de l’ordinaire, l’avènement du numérique a dématérialisé cette pratique. Les cartes postales ont cédé la place aux cartes virtuelles, les courriels, les SMS et les réseaux sociaux ont progressivement remplacé les lettres écrites à la main, tant et si bien qu’à l’heure d’aujourd’hui, les échanges épistolaires, vestiges d’un autre temps, sont en voie d’obsolescence pour ne pas dire en voie de disparition. Précurseur en Europe, le Danemark va acter le clap de fin de son service postal au 31 décembre. À partir de janvier 2026, après 400 ans de bons et loyaux services, la poste danoise va dire adieu à la collecte et à la distribution du courrier pour privilégier la livraison de colis. Victimes collatérales de ce retrait, les boîtes aux lettres vont, à l’instar des cabines téléphoniques d’antan, lentement mais sûrement disparaître de l’espace public. Une page se tourne… Reproduite face cachée, l’enveloppe déchirée et vidée de son contenu dépeinte par Vija Celmins est à ce titre une capsule temporelle qui traduit le souvenir tangible d’un échange entre un expéditeur et un destinataire.

Fin d’année rime aussi avec décorations festives, illuminations qui scintillent et chasse aux cadeaux. Que l’on soit prévoyant ou que l’on s’y prenne à la dernière minute, c’est, comme le laisse deviner la sculpture symbolique d’un ruban sur le point d’être noué ou défait de Marzena Nowak, l’attention portée à ceux qui nous sont chers qui compte.


Joyeuses fêtes, restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 13 DÉCEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 13 DECEMBRE 2025

Chaque année depuis 2006, l’UNESCO (l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) honore les coutumes et les traditions qui forgent l’identité des peuples. Fédératrice et riche en saveurs, l’alimentation fait partie du patrimoine culturel immatériel dans la mesure où il s’agit d’un savoir-faire qui se transmet de génération en génération. Les recettes traditionnelles, les techniques culinaires et les règles de bonne conduite à table reflètent les valeurs et les croyances des différentes communautés. S’il n’est pas rare que des mets individuels, tels les sushis japonais ou le couscous, ou que des pratiques gastronomiques isolées, comme la préparation du kimchi coréen ou encore la dégustation de bières belges, figurent au palmarès, jamais auparavant une cuisine dans son ensemble n’était entrée au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Depuis mercredi dernier, c’est chose faite. La cuisine italienne est la première cuisine nationale au monde à être reconnue dans son intégralité. Une reconnaissance qui célèbre les recettes, des pizzas aux glaces en passant par les plats de pâtes, qui font saliver les gourmands et les gourmets du monde entier. Les ingrédients qui peuplent le tableau de Kristof Santy n’attendent qu’à être assemblés dans une poêle pour être dégustés à table.

Depuis 1999, Pantone, le célèbre fabricant de nuanciers, donne le ton de l’année à venir. Cette année, le choix de la couleur de 2026 en a surpris plus d’un. En effet, et pour la toute première fois, c’est un “ blanc nuageux” (“Cloud Dancer”) qui a été mis à l’honneur, une couleur à part entière qui reste pourtant associée pour d’aucuns à l’incolore. Après Viva Magenta (2023), Peach Fuzz (2024) ou encore Mocha Mousse (2025), la nuance choisie évoque, d’après l’entreprise américaine, légèreté et sérénité mais aussi une page blanche ou plutôt, à l’instar de l’oeuvre de Henni Alftan, des pages blanches qui ondulent et n’attendent qu’à être remplies et à s’ouvrir vers de nouvelles possibilités.


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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 6 DÉCEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 6 DECEMBRE 2025

Le changement climatique reste encore et toujours d’actualité et ses effets délétères sur les zones urbaines risquent de contraindre les populations de certaines régions du monde à un jour se déplacer. Si, il y a quelques années déjà, les risques de submersion ont amené les autorités indonésiennes à envisager de transférer la capitale côtière Jakarta vers une mégalopole en construction en pleine forêt de Bornéo, les autorités iraniennes viennent quant à elles de faire planer le spectre d’évacuer la capitale Téhéran vers une zone moins aride. En effet, pas une goutte de pluie ne s’est abattue sur la métropole de dix millions d’habitants depuis le début de l’automne. Rivières, barrages et réservoirs sont quasiment à sec et, sur les montagnes qui surplombent la ville, la neige est aux abonnés absents. Une sécheresse historique attribuable au dérèglement du climat certes mais aussi à une mauvaise gestion des ressources hydriques. Afin de parer au plus urgent et économiser l’eau encore disponible, la population a été appelée à rationner sa consommation et des coupures nocturnes ont été mises en place afin d’éviter tout gaspillage. En évoquant les lignes de crues sur les rochers à marée basse, l’installation de Lionel Estève donne forme au souvenir de l’eau en son absence.

En Asie du Sud-Est en revanche c’est un trop-plein d’eau qui, en pleine saison de la mousson, a semé la désolation dans plusieurs pays. En Indonésie mais aussi en Thaïlande, en Malaisie, au Sri Lanka et au Vietnam pour ne citer qu’eux. Des pluies diluviennes et des cyclones tropicaux ont pris les habitants au piège et ont entraîné inondations meurtrières et glissements de terrain dévastateurs. Les coulées brunâtres dépeintes par Chiura Obata illustrent les ravages des torrents de boue.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 29 NOVEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 29 NOVEMBRE 2025

Chaque année, le 25 novembre commémore la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Instituée par l’ONU en 1999, cette journée marque le coup d’envoi d’une campagne de sensibilisation de 16 jours qui s’achève le 10 décembre lors de la Journée internationale des droits de l’homme. L’agenda de l’édition 2025 porte sur la violence numérique, une forme d’abus qui, alimentée par l’intelligence artificielle, l’anonymat et l’absence de réglementation, se propage à une vitesse alarmante. Cachés derrière leurs écrans, trop nombreux sont les internautes qui s’emparent des outils numériques afin de traquer, harceler et maltraiter en ligne les femmes et les filles. Cyberharcelement, hypertrucages (deepfakes), usurpation d’identité… Des actes qui sont souvent les prémisses de violences dans la vie réelle. À l’heure où au moins une femme sur trois est victime de violences physiques ou sexuelles et 38% des femmes sont victimes de violence en ligne, la mise en place d’un cadre légal contraignant pour prévenir et sanctionner les crimes de genre s’impose. La séquence de 0 et de 1 tracée par Sasha Stiles frôle l’abstraction et révèle les éléments constitutifs du code binaire qui sous-tend, pour le meilleur comme pour le pire, la numérisation de l’information.

Les avancées technologiques offrent aux chercheurs des outils de plus en plus perfectionnés pour mener à bien leurs études scientifiques. Pour la toute première fois, une balise ultra légère, géo-localisable placée sur le thorax de 400 papillons monarques va permettre de lever le voile sur les secrets de leur migration. Reconnaissables entre mille, les nymphalidés aux ailes orangées quittent dès la fin de l’été les plaines canadiennes et américaines pour les forêts mexicaines. La photographie de Tim Flach immortalise le spectacle féerique de leur arrivée dans leurs terres ancestrales.

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NEWSLETTER • 22 NOVEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 22 NOVEMBRE 2025

Au pays du soleil levant, un prédateur rôde et sème, depuis quelques mois déjà, la terreur. Dans le nord-est de l’archipel, ce n’est pas le grand méchant loup mais bien l’ours qui sévit. Depuis le début du mois d’avril, le nombre d’attaques recensées frôle des records. Plus de 100 personnes ont été blessées et 13 ont succombé sous les griffes et les morsures des ursidés dont les effectifs suivent la courbe inverse de celle de la population nippone et n’ont de cesse d’augmenter. En quête de nourriture, changement climatique n’aidant pas, ces derniers s’enhardissent et quittent les forêts qui constituent leur habitat naturel et s’immiscent aux abords des villes. En quête des fruits et des noix qui leur permettront d’hiberner, leur errance les conduit dans les zones résidentielles au péril de la vie des riverains qui ont le malheur de croiser leur chemin… À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles… Pour faire face à l’agressivité des ours, le gouvernement n’a pas hésité à assouplir la réglementation draconienne sur les armes à feu afin de permettre tant à la police qu’à l’armée venue en renfort de tirer sur la gachette pour protéger la population et endiguer le fléau. Trapu et massif, l’ours brun solitaire dépeint par Karen Gibbons illustre l’éternelle ambiguïté qu’entretient l’homme avec la nature.

Le premier coup de froid de l’automne en a surpris plus d’un… À quelques semaines de la fin de l’année, c’est à pas de loup que les prémisses de l’hiver se sont soudainement invitées dans nos villes et nos campagnes. En moins de temps qu’il n’a fallu pour l’écrire, c’est une dégringolade de 10 degrés à laquelle on a assisté cette semaine. À l’instar du personnage emmitouflé que nous donne à voir Julian Opie, les premiers frimas sont synonymes du retour des écharpes et bonnets, accessoires incontournables de la saison. 

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 15 NOVEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 15 NOVEMBRE 2025

La COP30 (Conférence des Nations Unies pour le climat) a ouvert ses portes ce lundi à Belém en Amazonie brésilienne. Jusqu’au 21 novembre prochain, le réchauffement climatique sera au coeur des pourparlers. Si près de 200 pays ont répondu à l’appel, les États-Unis, première puissance économique mondiale et deuxième émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, sont cette année aux abonnés absents. Leur absence et le faible engagement de la Chine et de l’Inde suscitent d’ores et déjà de vives inquiétudes parmi les pays et les populations les plus exposés aux effets du dérèglement du climat. Cette édition marque le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, un accord historique signé lors de la COP21, qui prévoyait de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C avec pour ambition de ne pas franchir le seuil des 1,5°C. Dix ans après la signature dudit accord, l’heure est au bilan. Force est de constater que, si le pire a été évité, tous les voyants sont au rouge. Le monde a vécu sa première année calendaire au-dessus de +1,5 °C en 2024, subissant inondations et canicules meurtrières et l’année en cours n’échappe pas à ce regrettable état des lieux puisqu’elle est en passe de figurer parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre. Installés pour éveiller les consciences lors de la COP21, les morceaux d’icebergs d’Olafur Eliasson restent encore et toujours d’actualité.

Conséquence du dérèglement climatique, des espèces exogènes trouvent refuge dans des contrées précédemment hostiles. À ce titre, trois moustiques ont été repérés pour la toute première fois en Islande en octobre dernier. Sans doute introduits sur le territoire via des navires ou des conteneurs, leur éventuelle prolifération sera suivie de près par les scientifiques. La spirale anti-moustiques de Naoki Tanaka laisse présager qu’un jour les islandais devront eux aussi se prémunir contre les piqûres.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2025, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 8 NOVEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 8 NOVEMBRE 2025

Souvenirs, souvenirs… Nostalgie quand tu nous tiens! Dans l’Hexagone, une célèbre marque de vaisselle en verre trempé vient, une nouvelle fois, d’être sauvée du naufrage. La verrerie, véritable fleuron industriel français, n’en est en effet pas à son premier sauvetage. Après avoir évité de justesse la faillite grâce à l’implication de ses employés l’année dernière, ce sont cette fois-ci les citoyens qui se sont mobilisés pour venir à sa rescousse. Telle une "madeleine de Proust", l’entreprise traverse les générations depuis 80 ans et elle est associée dans l’imaginaire collectif à l’idée de partage et de convivialité. Ses verres au design intemporel et aux lignes épurées sont réputés incassables depuis 1945 et, omniprésents tant dans les cantines scolaires que dans les bars-tabac et les tables familiales, font partie intégrante du patrimoine affectif. Tablant sur cette image de marque, c’est avec brio que la coopérative a bouclé cette semaine sa levée de fonds participative. En quelques heures, les promesses d’investissement ont dépassé le maximum autorisé et devraient ainsi permettre à l’iconique manufacture d’assurer sa survie. Le tableau de Nathalie du Pasquier rappelle en filigrane comment, au fil du temps, certains objets qui peuplent notre quotidien transcendent leur fonction utilitaire pour se transformer en repères émotionnels, véritables réceptacles de souvenirs. 

À quoi ressemblera la ville du futur? Intelligente et connectée, durable et écologique, résiliante face aux défis climatiques? Quelles que soient les prédictions, la boule de cristal reste, à l’aune des percées technologiques, nébuleuse. Le paysage urbain utopique de Caio Locke n’est pas sorti d’un roman d’anticipation mais de sa propre imagination et offre une vision à la fois futuriste et onirique.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2025, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 1 NOVEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 1 NOVEMBRE 2025

Une étude récente de l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neurosciences (IoPPN) du King’s College de Londres corrobore le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2019 et confirme à nouveau l’aphorisme de l’artiste Louise Bourgeois selon lequel "l’art est une garantie de santé mentale” et physique. Des chercheurs se sont en effet focalisés pour la première fois sur les effets physiologiques de la visualisation d’œuvres d’art originales par rapport à la contemplation de reproductions. Il en ressort, comme on se plaisait d’ores et déjà à le croire, qu’admirer des oeuvres d’art “in situ” met non seulement du baume au coeur mais permet aussi de réguler le stress et l’anxiété. Le potentiel "thérapeutique" ne se limite pas seulement à l’esprit mais s’étend aussi aux marqueurs physiologiques qui contribuent à notre bien-être physique. L’art ne nous touche pas seulement émotionnellement mais il a aussi des effets bénéfiques sur notre corps. Comme le suggère le tête-à-tête immortalisé par Stefan Draschan, point besoin d’ordonnance médicale pour s’aventurer dans le musée le plus proche et s’offrir une parenthèse à la fois méditative et immersive.

La Jamaïque a été balayée en début de semaine par un ouragan de tous les dangers. Classé catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, la catégorie reine des super-cyclones, l’ouragan Melissa est d’ores et déjà entré dans les annales. Il s’agit en effet de l'ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l’Atlantique. Les rafales de vent de près de 300km/heure et les pluies torrentielles ont semé la désolation et transformé les paysages idylliques de l’île des Grandes Antilles en “zone sinistrée”. La spirale dépeinte par Ross Bleckner évoque les vues aériennes prises dans l’œil du cyclone par un avion de reconnaissance.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2025, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 25 OCTOBRE 2025

ÉDITORIAL • 25 OCTOBRE 2025

Ils sont nombreux ceux pour qui la mastication de chewing-gums est une habitude quotidienne. Créée au milieu du 19e siècle, les gommes à mâcher modernes ont été popularisées dans nos contrées par les soldats américains lors du débarquement de la seconde guerre mondiale. En tablettes, en dragées, en boules, avec ou sans sucre, à la fraise, à la menthe, à la cannelle ou encore à l'eucalyptus, les chewing-gums se déclinent à l’infini et sont les seuls produits qu’on ne mange pas mais qu’on mâche à longueur de journée. En apparence inoffensifs, ils sont en réalité une source de pollution majeure et constituent le deuxième déchet urbain après les mégots de cigarette. Jetés nonchalamment par terre, sur les trottoirs de nos villes, ils contaminent l’environnement et finissent souvent dans les égouts, les cours d’eau et les nappes phréatiques. Composés à partir de dérivés de pétrole, d’arômes synthétiques, de colorants, de conservateurs et d’édulcorants, ils prennent parfois des années à se dégrader et, en se fragmentant progressivement en micro-plastiques, pourraient, une fois ingérés, nuire tant aux animaux qu’aux humains. La constellation de chewing-gums mâchés qui parsèment la toile d’Adam McEwen transforme un produit prosaïque en matériau artistique et interroge notre rapport à la consommation.

Moins de huit minutes. C’est le temps qu’il a fallu aux cambrioleurs, dimanche dernier, pour effectuer au Louvre ce qui est d’ores et déjà qualifié de casse du siècle. Munis d’une nacelle, les malfrats se sont introduits en plein jour et aux yeux de tous par l’une des fenêtres et ont emporté un butin de joyaux d’une valeur inestimable. La gravure de David Hockney offre à notre regard une des nombreuses fenêtres de l’édifice et laisse présager les travaux qui vont être mis en œuvre en urgence pour renforcer la sécurité du plus grand musée du monde.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2025, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 18 OCTOBRE 2025

ÉDITORIAL • 18 OCTOBRE 2025

Le vieillissement de la population et les enjeux sociétaux qui en découlent font régulièrement la une de l’actualité. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’ici à 2030, un horizon à la fois proche et lointain, une personne sur six dans le monde aura 60 ans ou plus. Le nombre des personnes âgées de 80 ans et plus devrait, quant à lui, tripler entre 2020 et 2050. Cela étant dit, nous vivons aujourd’hui dans une société de l’image qui célèbre la jeunesse au détriment de l'âge. Dans une société où l’âge ne se définit plus en nombre d’années vécues. Dans une société où les marques du temps qui passe, telles que les rides ou la chevelure argentée, sont perçues comme des signes à masquer voire à gommer. Crèmes, teintures, compléments alimentaires, injections, chirurgie… La panoplie anti-âge a le vent en poupe et ne fait que s’allonger, tant et si bien que le grand âge s'affiche de moins en moins souvent. Il y a l’âge qu’on a, celui qu’on paraît, celui qu’on avoue et celui qu’on ressent… Le senior dépeint par Julie Held paraît en phase avec lui-même et semble donner raison à Henri Matisse qui disait en son temps: “On ne peut s’empêcher de vieillir mais on peut s’empêcher de devenir vieux.”

En automne, ce sont des centaines de millions d’oiseaux migrateurs qui quittent nos contrées afin de rejoindre leurs quartiers d’hiver. L’union faisant la force, c’est à plusieurs qu’ils quittent les frimas ambiants et se déplacent vers des latitudes aux températures plus clémentes. Ces mouvements migratoires sont motivés par la recherche de ressources alimentaires plus abondantes qui permettront à ces insectivores de passer l'hiver avec plus de sérénité. Comme le laisse deviner sans peine le ciel parsemé d’oiseaux en plein vol immortalisé par Gregory Halpern, cette transhumance aérienne fait la joie et suscite l’émerveillement des ornithologues, qu’ils soient professionnels ou amateurs. 


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Zoé Schreiber

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