NEWSLETTER • 30 JANVIER 2021

EDITORIAL • 30 JANVIER 2021

Les nouveaux variants et les retards de production et d’approvisionnement des vaccins douchent les espoirs de rapidement enrayer la pandémie. Selon l’OMS, « il y a une lumière au bout du tunnel mais le tunnel est très long ». S’il est vrai que l’espoir en un avenir meilleur aide à mieux supporter un présent difficile, force nous est de constater que le feu de signalisation qui balise la route de l’espoir dans la photo surréaliste de KangHee Kim est au rouge et que le ciel, bien que parsemé d’éclaircies prometteuses, reste encore très moutonneux...

La menace qui plane sur nos vies depuis bientôt un an est invisible. Pour nous protéger, nous avons dû adopter une panoplie de gestes dits “barrières” et apprendre à circuler différemment dans les endroits qui nous étaient familiers. À l’heure où les différents pays se claquemurent une fois de plus pour tenter de ralentir la propagation des nouvelles souches du virus, l’installation de Fred Sandback interroge notre perception de l’espace tout en nous rappelant que rien ne va de soi et que, bien souvent, nos certitudes ne tiennent qu’à un fil...

Enfin, l’oeuvre de Peter Kogler fait écho à l’imbroglio sanitaire, économique et social actuel, une "parenthèse" spatio-temporelle qui bouleverse et met à mal tous nos repères.

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 23 JANVIER 2021

EDITORIAL • 23 JANVIER 2021

La situation sanitaire outre-Manche est critique et la propagation du nouveau variant du virus fait craindre une saturation des hôpitaux. La flambée des contaminations frappe de plein fouet le NHS, le système de santé public britannique, et met une nouvelle fois le personnel soignant, déjà lourdement impacté lors de la premier vague, au "cœur de la tempête". Le portrait de groupe d’Aliza Nisenbaum incite le spectateur à aller à la rencontre de celles et ceux qui sont en première ligne. En les peignant ensemble, sans leurs masques, certains avec des objets fétiches ou à côté de l’animal de compagnie qui leur insuffle le courage et la force d’y croire, elle rend hommage aux femmes et aux hommes qui vivent dans l’ombre du virus au quotidien.

Depuis 1986, les américains commémorent, le troisième lundi du mois de janvier, l’anniversaire de la naissance de Martin Luther King, la figure iconique du mouvement des droits civiques. La photo de Gordon Parks tombe à point nommé pour rappeler que, tous les quatre ans, le président élu, prononce son discours d’investiture face à la grande esplanade où Martin Luther King partagea en 1963 son rêve qui reste plus que jamais d’actualité.

Enfin, le tableau de Roy Lichtenstein dépeint le bureau ovale de la Maison Blanche, la pièce emblématique du pouvoir américain, où le nouveau président a non seulement signé sa déclaration inaugurale mais aussi paraphé pas moins de dix-sept décrets le premier jour de son installation pour tourner une fois pour toutes la page de son prédécesseur.

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 16 JANVIER 2021

EDITORIAL • 16 JANVIER 2021

Pour faire face à une épidémie qui regagne du terrain, la campagne de vaccination s’accélère et son bon déroulement repose en grande partie sur les professionnels de santé. Si l’infirmière masquée de Richard Prince semble tout droit tirée de la couverture d’un roman de gare, son image, toute séduisante soit-elle, met en lumière le décalage entre le fantasme et la réalité. La crise sanitaire a révélé l’importance du personnel soignant et rappelle si besoin est qu’aujourd’hui, ces guerriers et guerrières en blouse blanche sont en première ligne et qu’ils exercent l’un des métiers les plus dangereux du monde.

Certains commerces non essentiels (salons de coiffure et d’esthétique, restaurants, bars et autres métiers dits “de contact”) restent encore et toujours désespérément fermés et la perspective d’une embellie dans les jours à venir devient de plus en plus incertaine. On se plaît à imaginer ce que cache la devanture au volet baissé immortalisée par Luigi Ghirri et on ose espérer que la photo n’est pas prémonitoire de restrictions renforcées voire d’un nouveau confinement généralisé…

En cette période de doute et d’incertitude, on a souvent le sentiment d’avoir perdu tous nos repères. Le collage de Katrien De Blauwer nous rappelle toutefois que, si les prévisions sont pessimistes et si la sortie du tunnel semble semée d’embûches, un chemin qui monte n’est autre qu’un chemin qui descend en sens inverse...

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 09 JANVIER 2021

EDITORIAL • 09 JANVIER 2021

En ce début d’année, on aspire plus que jamais à un retour à la "vie normale". Si nul ne sait encore de quoi demain sera fait, la campagne de vaccination qui a démarré dans plusieurs pays suscite tous les espoirs. À l'instar des années précédentes, 2021 est porteuse de son lot de questions, de surprises et de défis. Soigneusement empaqueté, que recèle donc le mystérieux colis dessiné par Claudio Bravo?

Force nous est toutefois de constater que l’avenir qui nous attend paraît moins prometteur que nous l’escomptions. L’épidémie s’accélère au niveau mondial et les variants du virus inquiètent... Certes, les vaccins sont à nos portes pour ne pas dire dans nos congélateurs (ou du moins dans ceux des autorités compétentes) mais une hirondelle ne fait pas le printemps. À ce titre, l'œuvre de Blinky Palermo nous rappelle que le processus de sortie de crise sanitaire ne sera pas un long fleuve tranquille et que nous devrons, pour accéder au sésame, continuer à nous plier aux règles édictées et à accepter l'alternance entre le stop et le go.

Si les images valent mille mots, celles qui nous sont parvenues d’outre-Atlantique ce mercredi ont laissé une bonne partie de la planète en état de sidération. La victoire à l’élection présidentielle de Joe Biden a enfin été entérinée par le Congrès, mais la violence de la prise d'assaut du Capitole par certains partisans du président en exercice a mis sous tension la démocratie américaine. La force de frappe du tableau de Leon Golub n'a pas pris une ride et reste malheureusement plus que jamais d'actualité...

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 02 JANVIER 2021

EDITORIAL • 02 JANVIER 2021

Le magazine américain Time vient, à tort ou à raison, d’élire l’année 2020 "pire année de l’histoire"... Pour ne pas déroger à la tradition, je vais moi aussi, avant d’entamer l’année 2021, regarder dans le rétroviseur.

Certes, 2020 a contrarié mes élans... Victime collatérale de l’onde de choc de la pandémie de Covid-19, j’ai été privée du terreau (musées, galeries et autres lieux d’exposition) qui alimentait mon blog... L’année 2020 et son lot “d’emmerdements”, pour citer librement le premier ministre français Jean Castex, m’a contrainte à faire contre mauvaise fortune bon cœur et à m’adapter à la nouvelle donne.

À défaut d’articles de fond publiés sur Zigzags au gré de mes visites d’expositions in situ, j’ai recentré mon activité d’écriture et de partage sur Instagram. À travers mes chroniques quotidiennes, regroupées sous forme de journal de confinement, je me suis efforcée de traduire, par mes choix artistiques, notre vécu lors des premiers mois de crise sanitaire. “L’après-Covid" annoncé à la sortie du premier confinement n’a pas fait long feu et, mes chroniques Instagram se sont progressivement installées dans la durée... Au fil des mois, l’éditorial hebdomadaire envoyé aux abonnés de ma newsletter s’est étoffé, le nombre d’artistes conviés aussi...

En ce début d’année, je tiens, chères lectrices et chers lecteurs, à vous remercier du fond du cœur. Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire et votre enthousiasme et vos retours alimentent ma soif de partage.

En 2021, que je nous souhaite à toutes et tous meilleure que la précédente, je serai encore au rendez-vous pour vous faire découvrir artistes et œuvres. Je ne doute pas que le jour viendra où nous pourrons reprendre le cours de notre vie d'avant... D'ici là, restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 19 DÉCEMBRE 2020

EDITORIAL • 19 DÉCEMBRE 2020

Qualifier cette année 2020 d’annus horribilis, à l’instar de la formule utilisée par la reine d’Angleterre en 1992, est tentant. En cette veille de réveillons festifs, l'Europe se reconfine (une fois de plus...) pour juguler une recrudescence de l’épidémie... Le spleen n'est pas loin, les vers de Baudelaire non plus et le ciel de James Turrell, "bas et lourd pèse comme un couvercle..."

Le duo de choc gris béton et jaune citron de Robert Mangold fait écho au choix mis en exergue par le "faiseur de couleurs" pour l'année 2021… Résilience et espoir en guise de feuille de route et un appel à réenchanter les mois à venir, à se souvenir qu’après la pluie, le beau temps et à rester optimistes, envers et contre tout.

Enfin, le tableau de Mel Bochner pour nous aider à garder le souffle et à surnager... En cette fin d’année, réapproprions-nous la maxime de Voltaire et évertuons-nous à être heureux, parce que c’est bon pour la santé...

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 12 DÉCEMBRE 2020

EDITORIAL • 12 DÉCEMBRE 2020

L'approche du solstice d'hiver met notre humeur à rude épreuve. En outre, à notre grand dam, l’évolution de la situation sanitaire stagne. Le discours des politiques se durcit et aucune "trêve des confiseurs" ne figure encore au calendrier.

Si la limitation des interactions sociales reste le meilleur garant pour lutter contre le coronavirus, à l'usure, les contraintes impactent notre moral... Doute et anxiété s’immiscent dans les esprits, tant et si bien que l'on a parfois le sentiment de ne plus rien maîtriser. Pour contrer la morosité, la photo de Vivian Maier nous invite "à garder le pessimisme pour des jours meilleurs" et le sourire sous le masque.

Le climat ambiant et les perspectives incertaines rappellent si besoin est qu’à l’instar de Tracey Emin, il est important de mettre le doigt sur notre ressenti et d'extérioriser les émotions qui nous troublent et nous habitent.

La pandémie remet en question nos certitudes et bouleverse nos habitudes. C’est toute la planète qui tourne au ralenti. Les néons rouges transforment la mappemonde de Mona Hatoum en une boule de feu, un "hot spot" (zone à risque) qui n’épargne personne.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 5 DÉCEMBRE 2020

EDITORIAL • 5 DÉCEMBRE 2020

Moult questions restent en suspens en ce début de mois de décembre. Réouverture des commerces "non essentiels" certes, mais, on se plaît à espérer que, la prudence qui se doit de rester de rigueur, tempère les ardeurs.

À Bruxelles, une nuée de colombes dorées dessine un Golden Tree de plus de 40 mètres de long aux cimaises des Galeries Royales Saint-Hubert. Composée de plus de 20 000 origamis, l’installation imaginée par Charles Kaisin se veut annonciatrice d’espoir et de liberté. Conçu de façon participative lors du premier confinement pour aider à financer les unités Covid de l’hôpital Erasme, le projet dit Origami for Life rappelle qu’art, peut, si besoin est, rimer avec solidarité.

En France, la proposition de loi "sécurité globale", qui pourrait potentiellement pénaliser la diffusion d’images de policiers, divise. Ni les représentants des journalistes ni les défenseurs des libertés publiques ne lui apportent leur adhésion. Des experts de l'ONU jugent même cette loi "incompatible avec le droit international des droits de l'homme". Les images du passage à tabac à Paris en fin de semaine dernière d’un homme noir par des policiers relancent le débat sur le caractère abusif des contrôles d'identité "au faciès" et sur les dérapages possibles. À ce titre, l’œuvre de Bayeté Ross Smith illustre comment les préjugés peuvent guider le regard que l’on porte sur l’autre.

Enfin, à Miami, l'affiche placardée par Kristen Thiele en marge de l'édition annulée d'Art Basel, rappelle qu'il est grand temps de tourner la page d'une présidence qui, quatre ans durant, tourna le dos à la science.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 28 NOVEMBRE 2020

EDITORIAL • 28 NOVEMBRE 2020

Bis repetita... Les discours solennels des politiques réitèrent jusqu’à plus soif le bien-fondé de la stratégie sanitaire... On ne demande qu’à y croire mais, à l’approche des réveillons de fin d’année, non seulement marteler le message ne convainc plus mais la défiance s’installe... Pourtant, comme en témoigne l’installation d’Oriol Vilanova, la répétition permet d’interroger ce que l’on voit, ce que l’on sait mais aussi ce que l’on fait sans y penser.

La résurgence de la pandémie fin octobre a entraîné une nouvelle baisse de rideau forcée des commerces non essentiels. Qui dit fermeture des magasins dit essor des ventes en ligne et centres de tri postaux débordés par l’afflux de colis. Pas l’ombre d’une trace d’activité humaine dans l’entrepôt logistique immortalisé par Andreas Gursky et on ne peut que s’interroger sur les conditions de travail dans ces usines des temps modernes.

L’œuvre de Nathan Coley rappelle qu’il nous faut être réalistes et garder à l’esprit que, contre le Covid-19, il ne faut pas s’attendre à un remède miracle.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 21 NOVEMBRE 2020

EDITORIAL • 21 NOVEMBRE 2020

Le temps passe inexorablement, les jours se suivent et se ressemblent. Le 17 novembre dernier, il y a un an déjà, on recensait à Wuhan le patient zéro, le tout premier cas de Covid-19. Un avant et un après... Avec le recul, on sait aujourd’hui que seule une campagne de vaccination massive pourra faire renaître l’espoir de retrouver une certaine normalité. Si plusieurs vaccins sont dans la dernière ligne droite, cet hiver encore le "meilleur" d’entre eux sera de continuer à respecter les règles de distanciation sociale et les gestes barrières.

À l’instar de Roman Opalka qui égrena, du bout de son pinceau, le temps, nous décomptons les jours qui nous séparent du retour à l’insouciance de la vie d’avant.

Les gribouillis chaotiques et colorés de Brice Marden rappellent ceux que l’on trace instinctivement, les exutoires qui témoignent de notre humeur.

Les deux protagonistes du tableau de María Berrío semblent quant à elles plongées dans un état de sidération. Il est vrai que la situation actuelle influe sur notre moral mais on se plaît à espérer que, dans un avenir plus ou moins proche, les lendemains rechanteront.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 14 NOVEMBRE 2020

EDITORIAL • 14 NOVEMBRE 2020

Cette semaine, les œuvres se déclinent en un camaïeu de bleu... Couleur du ciel et de la mer, couleur de la mélancolie et du rêve...

Outre-Atlantique, le candidat démocrate à l’élection présidentielle a remporté la course qui mène à la Maison Blanche mais le président sortant persiste et signe et, en mauvais perdant, refuse de reconnaître sa défaite… On ose espérer que la passation de pouvoir se fera sans encombre en janvier et, qu’à l’instar de la peinture-poème de Joan Miró, le “rêve bleu” plébiscité par une majorité d’électeurs ne restera pas lettre morte.

"Patience et longueur de temps font plus que force ni rage". La morale qui conclut la fable de La Fontaine semble tout à propos en ces temps de grande incertitude. À ce titre, la toile imbibée de pigment bleu d'Helen Frankenthaler rappelle la surface de l'eau ridée par le rebond d'un ricochet et semble évoquer un état de transition, de mouvement et de fluctuation... 

Enfin, le tableau de Barnett Newman donne à voir un rai de lumière annonciateur d'une aube qui se lève…

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 7 NOVEMBRE 2020

EDITORIAL • 7 NOVEMBRE 2020

Les élections américaines du 3 novembre dernier font les choux gras de la presse écrite, des chaînes de télévision et de radio et des réseaux sociaux... Pour la première fois depuis 2000, les américains ne connaissent toujours pas le nom de leur prochain président. Pandémie de Covid-19 oblige, nombre d’électeurs (en majorité démocrates) ont opté pour le vote par correspondance. La participation enregistrée a été record et le dépouillement des bulletins de vote se poursuit à l’heure actuelle. Si Donald Trump s’est d’ores et déjà proclamé vainqueur de la présidentielle, les jeux sont loin d’être faits: les deux candidats en lice, sont au coude-à-coude dans des Etats-clés et l’issue du scrutin nous tient tous en haleine.

Le climat de polarisation politique est extrême et la tension monte mais, comme nous le rappelle de façon subliminale le panneau d’affichage de Felix Gonzalez-Torres, la patience est la mère de toutes les vertus.

La “vague bleue” démocrate n’a pas eu lieu. Réinterprété par Ed Ruscha, le drapeau américain en lambeaux témoigne, si besoin est, des divisions du pays. Cette élection, aux allures de référendum pour ou contre le président sortant, montre que le mot “Assez!” qui figure sur l’œuvre reste à ce jour un vœu pieux.

Quelle que soit l’issue du scrutin, le vainqueur des uns est et sera, comme l’illustre Barbara Kruger, le perdant des autres.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 31 OCTORE 2020

EDITORIAL • 31 OCTORE 2020

Le chronomètre s'affole, le nombre de contaminations au Covid-19 aussi. Nous sommes lentement mais sûrement assaillis par le sentiment de ne plus rien contrôler et de nous battre contre des moulins à vent... Comme si l’espoir de vaincre s’amenuisait au fil des semaines. Le reconfinement, aussi contraignant soit-il, fait écho au dessin de Louise Bourgeois: il laisse entrevoir la possibilité d’un "reset", d’une réinitialisation et fait renaître l’envie d’y croire.

La course à la Maison Blanche entre dans sa dernière ligne droite et on en finit par oublier que les américains ne seront pas seulement amenés à se prononcer pour l’un ou l’autre des deux candidats en lice mais devront aussi se mobiliser pour élire une pléthore de députés, de sénateurs et de maires, tant à l'échelle nationale que locale... La mobilisation de la population semble sans précédent. Le tableau de Derrick Adams rappelle que cette année plus que jamais, les électeurs ne doivent bouder les urnes.

En temps normal, en cette veille de Toussaint, la fête d'Halloween permet de canaliser toutes les peurs. Si, par les temps qui courent, les masques c’est maintenant tous les jours, les portraits masqués de Saul Steinberg nous invitent à nous souvenir que les masques ont aussi pour fonction première de faire fuir les démons et de semer les mauvais esprits.

Restez curieux et bonne lecture! Merci à vous qui me lisez depuis quatre ans déjà!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 24 OCTORE 2020

EDITORIAL • 24 OCTORE 2020

Tergiversations et tâtonnements des politiques, défiance et lassitude de la population poussent l’Europe à la précipitation... Bien que l’escalier de Rachel Whiteread ne mène a priori nulle part, on ose espérer que, si nous conjuguons nos efforts, pas à pas, nous parviendrons un jour à maîtriser la crise sanitaire qui nous est échue en partage.

Tic tac tic tac… La course contre la montre pour maîtriser “la seconde vague” est engagée même si nos gouvernements donnent souvent l'impression de naviguer à vue. À ce stade des opérations, un reconfinement à géométrie variable selon les pays, semble être la voie de secours ultime pour parer au plus urgent. Ne pas savoir de quoi demain sera fait n’incite guère à l’optimisme... On se plaît à rêver et à imaginer que le chemin tracé par Richard Long, aussi ardu soit-il, est annonciateur de jours meilleurs.

Le dessin d’André Dael est une ode à l’imprévu, à l’aventure qui peut surgir non seulement au coin de la rue mais aussi de la pointe d’un stylo-feutre. Misons alors sur le hasard tout en nous évertuant à ne pas perdre pied.

Restez curieux et bonne lecture! Merci à vous qui me lisez depuis quatre ans déjà!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 17 OCTORE 2020

EDITORIAL • 17 OCTORE 2020

"Deuxième vague", les mots sont lâchés... Prévisibles certes et pourtant, aussi incroyable que cela puisse paraître, inopinés tant le doute et le flou semblent s’être installés au sein de certaines franges de la population... Sentiment de déjà-vu, injonctions paradoxales, mesures restrictives incomprises, contagion de la peur et de l’anxiété... Pour illustrer la situation actuelle, l’installation de Carsten Höller: un plafond à l’envers et des champignons hallucinogènes eux aussi "machines à confusion".

Le tableau d’Alma Thomas nous rappelle que, si à l’automne les feuilles mortes tombent et l’arbre se retrouve nu, le renouveau est au coin de la rue et les regrets et les souvenirs ne se ramassent pas forcément à la pelle. Pour sauver l’espoir, nous devons tous nous investir et respecter les règles pour défier de façon collective la pandémie et repousser le virus hors de nos vies.

Qui dit couvre-feu dit recentrage sur les choses qui nous tiennent à cœur et nous font du bien. Pour nombre d’entre nous, comme en témoigne le tableau de Lynette Yiadom-Boakye, la lecture reste le moyen de vivre plusieurs fois, alors, vive la culture, vive la vie!

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 10 OCTORE 2020

EDITORIAL • 10 OCTORE 2020

« Quelque chose vient au monde sans y avoir été invité provoquant le désordre, le désordre... » Ce vers de la poétesse américaine Louise Glück, lauréate du prix Nobel de littérature, résonne à l’aune du rebond de la pandémie en Europe. À l’instar de dominos, pays, villes et régions basculent en alerte maximale... Des "zones rouges" auxquelles fait écho l'installation immersive d'Anish Kapoor

Le tableau de James Rosenquist semble non seulement illustrer le "décompte" des différentes personnes contaminées au Covid-19 dans l’entourage du président américain mais nous remémore aussi que, là-bas comme ici, personne n'est à l'abri... 

Parler de vague menaçante en regardant l’oeuvre de Robert Longo est un euphémisme et l'on ne peut qu'espérer que son déferlement ne sera pas trop brutal...

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NEWSLETTER • 3 OCTOBRE 2020

EDITORIAL • 3 OCTOBRE 2020

Semaine pluvieuse et résolument automnale. La photo décalée de Robert Doisneau raconte l’amitié qui lie son ami, le violoncelliste Maurice Baquet, à son instrument de musique, tant et si bien que, sous les gouttes, il le protège de son parapluie comme s’il s’agissait d’une personne.

Une nouvelle controverse secoue le monde de l’art. L’objet de la discorde: le report à 2024 de la rétrospective itinérante de l’œuvre de Philip Guston. La décision a de quoi susciter la perplexité dans la mesure où l’artiste dénonce, dans les toiles et dessins qui font polémique, la banalité du mal et le racisme systémique de la société américaine. A l’heure où Donald Trump refuse, lors d’un débat avec son adversaire, de condamner les milices de suprémacistes blancs et à l'heure où prolifèrent sur la toile des propos à contenu haineux, la frilosité institutionnelle met en lumière les clivages de notre époque.

Enfin Abdelkader Benchamma nous invite à voyager dans son univers poétique, hors du monde et hors du temps.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 26 SEPTEMBRE 2020

EDITORIAL • 26 SEPTEMBRE 2020

Le monde bouge et il bouge vite. Si certains vacillements passent inaperçus, d’autres soubresauts entraînent des changements sismiques... Suite au décès de Ruth Bader Ginsburg, icône progressiste et juge à la Cour Suprême, l’éventuelle nomination d'une remplaçante, avant l’élection présidentielle américaine du 3 novembre, devient un enjeu électoral. La dualité entre le noir et le rouge du tableau de Mark Rothko rappelle que dans la vie tout évolue et que rien n’est jamais figé.

La perception et la suggestion du mouvement traversent l’œuvre de Bridget Riley. Son tableau intitulé Fall évoque la sensation vertigineuse que procure une chute et illustre le passage inéluctable de l’été à l’automne.

Fernando Marques Penteado démontre quant à lui, et pour citer librement le chef cuisinier Bernard Loiseau, que si “la table est l’endroit de détente et de convivialité par excellence (…), il faut également utiliser son imagination pour venir compléter les efforts de la cuisine” et les oeuvres de l’artiste.

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NEWSLETTER • 19 SEPTEMBRE 2020

EDITORIAL • 19 SEPTEMBRE 2020

Réchauffement climatique aidant, la côte ouest des Etats-Unis s’est transformée cet été en un gigantesque brasier. La catastrophe écologique est immense et, à l’instar du tableau de Lois Dodd, “notre maison brûle” et les pompiers s’efforcent vaille que vaille de contenir les flammes et de protéger la population. L’épidémie de Covid-19 ressemble elle aussi, au fur et à mesure de la recrudescence des contaminations, à un incendie partiellement éteint, à un feu couvant dont les braises pourraient à nouveau se rallumer.

Le titre du tableau de Robert Motherwell fait écho aux températures encore estivales pour ne pas dire caniculaires.. Un été qui joue les prolongations... Un été indien, une saison qui, pour citer librement la chanson de Joe Dassin, n’existe plus seulement dans le Nord de l’Amérique.

Enfin, le nageur de Robert Moskowitz rappelle que dans l'effort, persévérance et abandon vont souvent de pair.

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NEWSLETTER • 12 SEPTEMBRE 2020

EDITORIAL • 12 SEPTEMBRE 2020

Afin d’endiguer la propagation du Covid-19, chaque pays invite ses citoyens à respecter les règles sanitaires en vigueur sur son territoire. Certes, l’existence de règles n’en garantit pas le respect mais il importe de les suivre pour préserver notre santé et celle de notre entourage. Dans ce contexte, le terrain de tennis dépeint par Jonas Wood fait écho à la disqualification du favori du tournoi de l’US Open et rappelle si besoin est que les règles sont valables pour tous, sans exception.
 

L'Inde est, derrière les Etats-Unis, le deuxième pays le plus touché par le coronavirus au monde. Si l'épidémie s’est d'abord cantonnée dans les villes, deux tiers des cas sont maintenant recensés dans les campagnes. Les photographies de Gauri Gill témoignent de la vitalité des communautés rurales de ce pays-continent, et soulignent, de façon subliminale, la fragilité mais aussi, on le souhaite et on l’espère, la résilience des villageois.


Enfin, Anne-Marie Schneider nous fait partager la fragilité de son ressenti et ses œuvres font remonter à l'esprit la citation d'Oscar Wilde selon laquelle "si la vie réelle est un chaos, une terrible logique gouverne en revanche l'imagination."
 

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Zoé Schreiber

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