NEWSLETTER • 11 SEPTEMBRE 2021

EDITORIAL • 11 SEPTEMBRE 2021

L’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) publie une “liste rouge” annuelle des espèces animales et végétales qui, sous l’effet conjugué du réchauffement climatique et de l’activité humaine, sont “menacées ou en voie d’extinction”. Cette année y figure, entre autres, le “varan de Komodo”, le plus grand lézard carnivore au monde que l’on associe souvent à tort aux dinosaures. Bien que protégés par le gouvernement, un peu moins de 6000 “dragons”, répartis à travers une poignée d’îles d’Indonésie dont l’île de Komodo, survivent aujourd’hui et leur population, menacée tant par la déforestation que par le braconnage, se réduit comme peau de chagrin au fil des ans. La photographie de Sebastião Salgado a le mérite de nous rappeler que, tout aussi inquiétants et repoussants qu’ils puissent être aux yeux de certains, les reptiles sont eux aussi des maillons essentiels des écosystèmes terrestres.

Si le principe de la souveraineté populaire issue des urnes reste le fondement de la démocratie, les tentations autoritaires nourrissent encore la vie politique dans bon nombre de pays. Trente-six ans après la fin du régime dit des généraux et à un an des élections, le président brésilien met aujourd’hui tout en œuvre pour faire planer le doute sur le bon déroulement du processus électoral voire sur la tenue même du scrutin. L’oeuvre d’Hélio Oiticica convoque rythme et mouvement mais elle est aussi évocatrice d’une certaine instabilité pour ne pas dire d’une instabilité certaine.

En 1979, Louis Stettner immortalisait une mouette en plein vol au dessus de la Hudson River avec, pour toile de fond, les gratte-ciels new-yorkais et les très reconnaissables tours jumelles. L'image est poignante et l’on ne peut s’empêcher de penser qu’elle est aussi prémonitoire des attentats qui frappèrent, il y a vingt ans, la ville en plein cœur.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 4 SEPTEMBRE 2021

EDITORIAL • 4 SEPTEMBRE 2021

Le 29 août 2005, l’ouragan Katrina frappait de plein fouet les côtes de Louisiane et ravageait la Nouvelle-Orléans. Seize ans jour pour jour après le passage de Katrina, c’est l’ouragan Ida qui a balayé cet état du sud-est des États-Unis. Il a privé d’électricité près d’un million de foyers et causé des dégâts considérables avant de poursuivre sa route vers le nord-est et provoquer sur son passage tornades et inondations tant historiques que meurtrières. Le réchauffement de l’air et des océans est probablement responsable de la fréquence accrue des ouragans et les éclairs et nuages tourbillonnants immortalisés par Tacita Dean traduisent on ne peut mieux les caprices du ciel.

Cette semaine, le retrait des forces étrangères et des dernières troupes américaines a mis fin à 20 ans de guerre en Afghanistan. Ce retrait chaotique et pour le moins précipité marque le clap de fin de la "forever war", de la guerre éternelle. Si, à l’instar du tableau de Georgia O’Keeffe, une nouvelle aube se lève sur le pays, l’incertitude et la peur planent. On ne peut qu’espérer que cette nouvelle page d’histoire ne s’écrive pas au détriment de la population.

En ne se prononçant pas en faveur de l’invalidation d’une loi texane qui interdit la plupart des interruptions de grossesse au-delà de 6 semaines et encourage la population à dénoncer les contrevenants, la Cour suprême vient de porter un coup dur au droit à l’avortement aux États-Unis. En effet, la haute instance a, ce faisant, implicitement remis en cause l’arrêt emblématique dit de "Roe versus Wade" de 1973 qui reconnait l’avortement comme un droit constitutionnel et protège le droit au respect de la vie privée. La controverse sur l’avortement polarise la société américaine et le droit des femmes à disposer de leur corps est de plus en plus menacé. En rappelant que le corps des femmes est un champ de bataille, l’œuvre de Barbara Kruger est plus que jamais d’actualité.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 28 AOÛT 2021

EDITORIAL • 28 AOÛT 2021

Avec le retour au pouvoir des talibans et leur interprétation rigoriste de la sharia (la loi islamique), l’espace public risque une nouvelle fois de se rétrécir pour les femmes en Afghanistan. Si les nouveaux “maîtres” de Kaboul se veulent rassurants, la situation est on ne peut plus volatile et l'attentat-suicide de ces derniers jours ne laisse rien augurer de bon pour l’avenir. Les femmes en général et celles des villes en particulier craignent de ne plus pouvoir ni étudier ni travailler. Certaines d’entre elles craignent même que leur vie ne soit en danger. La jeune afghane aux yeux verts immortalisée par Steve McCurry en 1984 reste plus que jamais d’actualité et rappelle à elle seule la souffrance muette des réfugiés afghans qui tentent coûte que coûte de fuir leur pays.

À Paris, le 30 novembre prochain, Joséphine Baker fera son entrée au Panthéon et rejoindra les cinq “immortelles” qui y sont d’ores et déjà inhumées. La chanteuse, danseuse, résistante et militante antiraciste franco-américaine sera la première femme noire et la première artiste à reposer dans ce temple républicain. En regardant la sculpture facétieuse d’Alexander Calder, d’aucuns se demanderont peut-être si le nouveau “grand homme” de la nécropole, dont "la patrie reconnaissante veut honorer la mémoire”, parviendra à faire “swinguer” les 80 personnalités panthéonisées à ce jour… 

La parenthèse dorée des vacances est sur le point de se refermer et la rentrée pointe lentement mais sûrement le bout de son nez. L’été semble bel et bien terminé mais, comme l’illustre le tableau de Clara Adolphs, ce n’est pas encore tout à fait la fin de l’insouciance.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 21 AOÛT 2021

EDITORIAL • 21 AOÛT 2021

Bis repetita en Haïti… Il y a une semaine, jour pour jour, un séisme de magnitude 7,2 sur l’échelle de Richter a secoué le sud-ouest du pays. Une catastrophe naturelle qui a ravivé le souvenir du tremblement de terre meurtrier qui avait ravagé, il y a onze ans déjà, Port-au-Prince, la capitale, et fait plus de 200 000 victimes. La déchirure qui traverse la toile de Manuel Mathieu évoque une “frontière”, une zone de vulnérabilité qui peut, comme le réseau complexe de plaques tectoniques et de failles sismiques qui émaille le sol de la “perle des Antilles", brusquement se déchirer, se déformer et provoquer de violentes secousses.

Des images de scènes de chaos indescriptibles en provenance d’Afghanistan ont dominé l’actualité ces derniers jours. La prise de pouvoir éclair des talibans, sans combats ni résistance, a pris tout le monde de court. Plusieurs milliers d’afghans et de ressortissants étrangers ont afflué et affluent encore, tant bien que mal, vers l’aéroport de Kaboul dans l’espoir de pouvoir s’assurer une place sur un vol qui les emmènera hors du pays. L’œuvre d’Adrian Paci est à cet égard particulièrement parlante… Si pour nombre d’entre nous “avion” rime avec vacances, pour d’autres, nettement moins chanceux, il est synonyme du début de l’errance...

Point n’est besoin de souffrir du syndrome de Calimero pour constater que la mi-août semble d’ores et déjà placée sous le signe de l’automne. Les plus optimistes se répètent à satiété que le soleil est dans nos cœurs, mais on ne peut faire fi de la grisaille ambiante… À l'instar des saisons qui semblent se brouiller, la mer et le ciel se rejoignent et se confondent dans l'horizon qu’immortalise la photo d’Hiroshi Sugimoto.

Bel été à vous qui avez pris le large, bel été à vous pour qui l’ailleurs est ici. Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 14 AOÛT 2021

EDITORIAL • 14 AOÛT 2021

Il y a 76 ans, deux bombes atomiques frappaient de plein fouet, à trois jours d’intervalle, les villes d’Hiroshima et de Nagasaki. Dans les années 60 et pendant la guerre froide, seules les grandes puissances possédaient l’arme nucléaire. Aujourd’hui, neuf nations détiennent des milliers d’armes de destruction massive. Si la pandémie et les perturbations climatiques récentes nous l’ont momentanément fait oublier, il n’en demeure pas moins que la menace croissante de guerre nucléaire reste plus que jamais d’actualité. La sérigraphie du champignon atomique d’Andy Warhol illustre non seulement la réaction en chaîne induite par l’explosion mais aussi la puissance destructrice de la bombe A.

La trompe en avant, les oreilles au vent, une patrouille d’éléphants s’est acheminée pesamment et a parcouru plus de 700km, des mois durant, avant de rebrousser chemin et de rentrer, nonchalamment, dans sa réserve naturelle… L’histoire semble tout droit sortie du Livre de la jungle et l’envie nous prend de pousser la chansonnette. La réalité dépasse pourtant la fiction et l’escapade des 15 pachydermes a tenu la Chine en haleine. Si nul ne sait pourquoi le troupeau a quitté sa réserve, les zoologues émettent l’hypothèse d’un changement dans leur écosystème, changement qui serait lié à la déforestation et à la fragmentation des terres agricoles. La journée mondiale des éléphants, que l’on célèbre chaque année le 12 août, vise à sensibiliser le grand public au sort de ces animaux qui, victimes du braconnage et de la perte de leur habitat, sont menacés d’extinction. Le plus imposant des mammifères terrestres est pourtant, comme en témoigne l’œuvre de Peter Beard, l’une des figures les plus emblématiques de la faune sauvage.

Qui l’eut cru! En ce week-end prolongé, le beau temps devrait enfin s’imposer… Pourvu que cela dure! Le tableau d’Elizabeth Lennie laisse deviner le bonheur d’être sur la plage les pieds dans l’eau…

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 7 AOÛT 2021

EDITORIAL • 7 AOÛT 2021

Cette semaine, les épreuves phares ont fait leur entrée sur la piste du stade de Tokyo. L’athlétisme est la discipline fondatrice des Jeux et le 100 mètres incarne le mieux la devise de l’idéal olympique: Citius, Altius, Fortius ("plus vite, plus haut, plus fort"). En mettant à l’honneur une lanceuse de poids, l’œuvre de Gabriel Orozco a le mérite de nous rappeler que si la participation des athlètes féminines aux JO est relativement récente (Paris, en 1900), elles sont aujourd’hui presque à parité (48,6%) avec leurs homologues masculins et concourent dans tous les sports qui figurent au programme.

La Turquie mais aussi la Bulgarie, l’Albanie et l’Italie sont en proie aux flammes en raison d’une vague de chaleur exceptionnelle. La Grèce fait quant à elle face à sa pire canicule depuis 1987. Si Olympie, le site des premiers Jeux de l'Antiquité, semble désormais hors de danger, les brasiers sont aux portes d’Athènes et des centaines de foyers d’incendies continuent de ravager forêts et terres agricoles et contraignent les habitants à évacuer et à fuir au plus vite. L’hyperréalisme du tableau de Vija Celmins fait froid dans le dos et traduit la monstruosité du feu qui dévore tout sur son passage.

Une nouvelle étude scientifique remet en question la datation du Machu Picchu, la plus célèbre des cités incas, et laisse supposer que le site archéologique emblématique du Pérou, l’un des plus grands et des plus connus au monde, aurait été construit des décennies plus tôt qu'on ne le croyait. La photographie de Martín Chambi immortalise la "vieille montagne" et donne à voir le paysage spectaculaire du sanctuaire historique.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 31 JUILLET 2021

EDITORIAL • 31 JUILLET 2021

Si dans le reste du monde les records de températures se succèdent, force nous est de constater que la saison estivale a du mal à s’installer dans nos régions cette année… Le soleil n’est pas vraiment au rendez-vous. Quand il ne joue pas à cache-cache avec les nuages, capricieux, il cède sa place à la pluie. Tout en espérant un sursaut aoûtien, on ne peut s’empêcher de penser qu’un petit parfum d’automne flotte déjà dans l’air. À ce titre, l’ombrelle refermée dépeinte par David Hockney semble hésiter entre parasol et parapluie…

Une scène tout droit sortie d’un film catastrophe nous est parvenue de Chine cette semaine encore. Après les pluies diluviennes qui ont ravagé le centre du pays, c’est maintenant "un dragon jaune", une immense vague de sable, qui semble avoir balayé en l’espace de quelques minutes une ville du nord-ouest. Aussi spectaculaires qu’ils puissent paraître, ces phénomènes météorologiques extrêmes sont récurrents tant en Chine que dans certains états de l’ouest américain. La désertification des sols, l’agriculture intensive et le réchauffement climatique expliquent en partie ces nuages de poussière dont la puissance du souffle est illustrée par la photo de Txema Yeste.

Un séisme a secoué les JO de Tokyo lorsque la superstar de la gymnastique américaine a déclaré forfait. En privilégiant sa santé mentale à ses exploits sportifs, elle relance le débat amorcé par la joueuse de tennis japonaise en juin dernier à Roland-Garros et rappelle qu’avoir le courage de dire "non" est non seulement nécessaire mais aussi salutaire. Thenjiwe Niki Nkosi souligne de façon subliminale l’importance du soutien de l’équipe, soutien sans lequel, aussi talentueuse soit-elle, une gymnaste ne peut exceller.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 24 JUILLET 2021

EDITORIAL • 24 JUILLET 2021

Vagues de chaleur, sécheresse, feux de forêt, pluies torrentielles et crues subites et dévastatrices... Les phénomènes extrêmes se multiplient aux quatre coins du globe… S’il est encore prématuré d’établir un lien entre la fréquence de ces épisodes et le réchauffement climatique, il n’en demeure pas moins essentiel de remettre le dossier au centre de nos préoccupations. On s’accorde tous pour dire que prévenir vaut mieux que guérir mais, comme nous le laisse imaginer Estelle Chrétien dans son oeuvre in situ, on aimerait aussi croire qu’en y mettant tous un peu du nôtre, on pourrait “repriser, retisser les fils et réparer la nature.”

Il y a quelques semaines, le “dôme de chaleur” étouffait littéralement l’ouest américain et canadien. Ces dernier-jours, c’est le phénomène de la “goutte froide” qui a semé la zizanie dans nos contrées et entraîné une grande instabilité météorologique. Les images des inondations en Belgique et en Allemagne ont marqué les esprits et celles qui nous parviennent du centre de la Chine sont elles aussi apocalyptiques. Le tableau d’Helen Frankenthaler rappelle que l’eau de notre planète bleue est aussi vitale que destructrice.

Le soleil s’est levé hier sur les 32ème Jeux Olympiques modernes. Reportés d’un an en raison de la crise sanitaire, ils se tiendront jusqu’au 8 août au Japon. Si, comme en témoigne la sérigraphie de Romare Bearden, les jeux de 1976 prônaient la paix et la coopération entre les peuples et les athlètes, ceux de Tokyo prônent quant à eux “l’unité dans la diversité” et visent à faire avancer les droits humains. Que la fête commence et que les valeurs sportives triomphent!

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 17 JUILLET 2021

EDITORIAL • 17 JUILLET 2021

L’été que l’on nous annonçait serein et presque “normal” a été placé, une nouvelle fois et en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire, sous alerte rouge. Une impression de déjà-vu même si, grâce à la vaccination, les paramètres de l’équation ont changé... Le paysage que fige la photo énigmatique de Reuben Wu est surréaliste. Une forme triangulaire lumineuse éclaire le ciel au-dessus de la mer et dessine en majuscule et à l’envers la lettre grecque delta. Ce symbole mathématique a priori anodin défraye aujourd'hui la chronique et suscite l'inquiétude. Pas un jour sans que l’on ne nous parle du variant éponyme du coronavirus qui, au dire de l’Agence européenne des médicament (EMA), menace de “sérieusement entraver les efforts de contrôle de la pandémie".

Le beau temps est décidément aux abonnés absents en cette première quinzaine de juillet. Des pluies diluviennes ont balayé une partie de l’Europe sans discontinuer et ont semé le chaos dans certaines régions... La peinture raclée et le camaïeu de gris du tableau de Gerhard Richter évoquent le ruissèlement d’une averse sur un pare-brise. 

En raison de la recrudescence de l’épidémie, la route des vacances risque d’être cette année encore semée d’embûches. Les nouveaux sésames pour voyager à l’étranger sont les passeports vaccinaux, les tests PCR et anti-géniques sans oublier la vigilance toujours et encore de rigueur. Comme le laisse supposer le tracé rouge et sinueux de la gravure de Carol Summers, ce n’est pas un long fleuve tranquille qui attend celles et ceux avides d’évasion.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 10 JUILLET 2021

EDITORIAL • 10 JUILLET 2021

Après une année “sans” pour cause de pandémie et un report de deux mois en attente du déconfinement, les amoureux et les professionnels du 7ème art ont enfin pu se donner rendez-vous ce mardi. À l’instar d’Andy Warhol immortalisé par Curtis Knapp, la 74ème édition du festival de Cannes a déroulé son tapis rouge… Le Palais est repassé sous le feu des projecteurs et les quelques vedettes de cinéma autorisées à tomber le masque ont pu retrouver la Croisette et monter les 24 marches mythiques.

Le 30 juin 2020, lors de la commémoration des 60 ans de l’indépendance du Congo, le roi des Belges, Philippe exprimait ses "profonds regrets pour les blessures du passé” colonial. Le gouvernement a franchi un pas de plus vers la réconciliation cette semaine en présentant une feuille de route pour répertorier les objets acquis de manière “illégitime” au Congo de 1885 à 1960. La Belgique s’engage à restituer à son ancienne colonie une partie des biens culturels pillés sous Léopold II et du temps du Congo belge. Le travail d’enquête sur la restitution sera long et les pièces rendues peu nombreuses pour l’instant mais la démarche prouve, si besoin est, que la réconciliation passe aussi par l’art. Le masque d’Adam Peddleton fait écho aux objets rituels exposés dans les musées européens en général et à l’Africa Museum de Tervuren en particulier.

Coup de tonnerre en Champagne… La Russie vient d’annoncer que dorénavant sur son sol seuls les vins effervescents russes auront le droit d’utiliser le terme “Shampanskoe” (traduction de champagne en russe) et a relégué les vins de Champagne, dont l’appellation d’origine contrôlée est reconnue dans la plupart des pays du monde, au rang de “vins pétillants”. L’œuvre facétieuse de David Shrigley nous rappelle que si l'habit ne fait pas le moine, l’étiquette ne fait pas le breuvage et que les apparences sont parfois trompeuses.

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NEWSLETTER • 3 JUILLET 2021

EDITORIAL • 3 JUILLET 2021

Que l’on soit amateur ou non de courses cyclistes, la Grande Boucle est un événement sportif incontournable qui se tient tous les ans pendant trois semaines en début d’été. Sa retransmission en direct à la télévision en fait le sport spectacle par excellence. Pas un Tour de France sans un festival de chutes spectaculaires et cette année ne fait pas exception à la règle, tant s’en faut... À peine commencée que trois “carambolages” ont déjà émaillé la boucle... L’œuvre de David Gerstein met en scène un peloton en ordre de marche où se côtoient, au coude-à-coude, coureurs anonymes, sprinteurs et cadors.

Depuis le début de la semaine “un dôme de chaleur” exceptionnel étouffe littéralement le grand ouest du Canada et des Etats-Unis et emprisonne l’air chaud au-dessus d’une région au climat d’ordinaire humide et tempéré. Cette vague de chaleur suscite de vives inquiétudes… Si l’on n’a pas encore assez de recul pour mesurer les repercussions sur la faune et la flore, un pic de mortalité a d’ores et déjà été constaté au sein de la population. Les températures caniculaires atteignent des records historiques et, combinées à une sécheresse intense, sont à l’origine d’incendies de chaleur dévastateurs de part et d’autre de la frontière. Les restes d’un feu de forêt qui composent l'installation de Cornelia Parker font écho aux catastrophes naturelles causées par ces phénomènes météorologiques inhabituels et extrêmes.

“Donne-moi ta main et prend la mienne… mais oui, mais oui, l’école est finie”… Les fillettes un tant soit peu anachroniques de Claire Tabouret marquent le coup d’envoi des vacances et le début de l’insouciance estivale.

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NEWSLETTER • 26 JUIN 2021

EDITORIAL • 26 JUIN 2021

Cette semaine, c’est le mauvais temps qui est sur toutes les lèvres... La météo s’est assombrie, les nuages ont chassé la chaleur caniculaire et l’orage a fait tomber sur nous toute la pluie du ciel... Si l’été est propice aux perturbations atmosphériques, leur fréquence et leur violence semblent s’intensifier d’année en année. La nature est grande, belle et nourricière mais elle est aussi, comme nous le rappelle l’installation de Walter De Maria, impitoyable. Les 400 piliers en acier inoxydable plantés dans le désert du Nouveau-Mexique aimantent les éclairs et offrent, lorsque gronde l’orage et que s'abat la foudre, un spectacle terrifiant qui met en exergue notre impuissance face au déchaînement des éléments naturels.

Les conclusions du projet de rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ne devaient être rendues publiques qu’en 2022. La divulgation de certaines informations dans la presse laisse toutefois entendre que l’impact du réchauffement climatique “va s’accélérer et devenir douloureusement palpable bien avant 2050”. “Le pire est à venir…” En Californie, les habitants retiennent leur souffle. La sécheresse chronique qui touche le Golden State constitue un terrain fertile à la propagation des incendies qui font d’ores et déjà rage. La photo de Gregory Halpern documente les ravages du passage des flammes.

Au Canada, la découverte récurrente de tombes anonymes et d’ossements d’enfants aux alentours d’anciens pensionnats autochtones, suscite l’effroi et force le pays à se pencher sur la politique d’assimilation forcée menée par le gouvernement jusqu’en 1996. Source de sagesse, le hibou accompagne, selon la croyance ancestrale, l’esprit des défunts dans l’au-delà. À ce titre, l’estampe de Kenojuak Ashevak illustre le statut et le rôle symbolique de ces “dieux étrangers” dans la culture et la spiritualité inuite.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 19 JUIN 2021

EDITORIAL • 19 JUIN 2021

Repoussé à 2021 en raison de la pandémie de Covid-19, l’Euro 2020 ne se déroule pas cette année dans un seul pays mais dans onze pays aux quatre coins du continent. L’engouement pour le ballon rond n’est plus à prouver, la ferveur des supporters non plus… Les joueurs de Nicolas de Staël traduisent la beauté dynamique d'un match de foot.

Sous le soleil, rien de nouveau si ce n’est qu’on a l’impression que cette première quinzaine de juin est d’ores et déjà estivale... Il fait chaud, oh la la qu’il fait chaud... Le flamboiement du vitrail d’Adrien Lucca semble irradier avant l’heure la lumière et la chaleur du soleil du solstice d’été.

Les États-Unis comptent depuis jeudi un jour férié fédéral supplémentaire. 156 ans après l’abolition officielle de l’esclavage, le 19 juin 1865, Juneteenth (la contraction de juin et 19 en anglais) est devenu une journée de commémoration nationale de l’émancipation des esclaves. Pour citer le Président Biden, Juneteenth “symbolise à la fois la longue et difficile nuit de l'esclavage et de la soumission, et la promesse d'un jour meilleur". À ce titre, le travail de Kara Walker, qui dépeint la brutalité et l’injustice du passé esclavagiste du pays, fait écho à l’importance symbolique de cette fête.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 12 JUIN 2021

EDITORIAL • 12 JUIN 2021

Une impression de déjà-vu flotte dans l’air… On se remémore l’insouciance de la vie d’avant et on veut y croire. On veut croire, comme nous l’avons déjà fait l’été dernier, que le pire est derrière nous… L’œuvre de Gerhard Richter laisse toutefois planer le doute. Certes, une page se tourne mais l’incertitude de l’après reste vertigineuse. Pour mettre toutes les chances de notre côté et éviter que l’épidémie ne joue les prolongations, on se doit de continuer à rester prudents et à respecter les gestes barrières, envers et contre tout.

Si la météo au beau fixe nous met du baume au cœur, le déconfinement réenchante quant à lui notre quotidien et entérine le retour à une vie culturelle, sportive et récréative plus normale. Les visages s’illuminent et les sourires, longtemps absents sous les masques, refont surface. À l’instar du couple attablé dans le tableau de Kerry James Marshall, l’envie nous prend nous aussi d’aller fêter la réouverture en intérieur des cafés et restaurants et de "marquer le coup" en bonne compagnie.

Si d’aucuns se contentent de fermer les yeux pour voyager, d’autres ne rêvent que de pouvoir bientôt s’envoler au-dessus des nuages à la recherche d’un ailleurs. La photo prise depuis le hublot d’un avion de William Eggleston titille non seulement nos papilles gustatives mais aussi notre imagination.

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NEWSLETTER • 5 JUIN 2021

EDITORIAL • 5 JUIN 2021

Oh soleil, soleil... On n’attendait que lui et il s’est enfin réveillé pour notre plus grand bonheur... À l’instar du dessin d’Agnès Martin, le moral est resté au bleu fixe tout au long de la semaine. À force de s’entendre dire que tous les indicateurs sont au vert, on se laisse aller à rêver d’un eldorado sans restrictions sanitaires.

Qui dit chaleur et beau temps, dit envie de se rafraîchir... L’amélioration de la qualité des eaux régionales a permis d’avancer l’ouverture de la saison de baignade en plein air... Cette décision tombe à pic pour permettre aux plus téméraires d’entre nous de piquer une tête dans une vingtaine de lacs, étangs et rivières du sud du pays ou, comme le font les vacanciers du tableau de Katherine Bradford, d’y mettre leurs embarcations.

L’œuvre de Jonas Wood immortalise la terre battue des internationaux de tennis de Roland-Garros. Cette année, dès le coup d’envoi du grand Chelem parisien, le bras de fer entre la numéro 2 mondiale et les organisateurs du tournoi a fait la une de la presse internationale. Après avoir été sanctionnée pour avoir annoncé qu’elle boycotterait les medias pour préserver sa santé mentale, la championne a décidé de se retirer du tournoi. Une chose est sûre, le courage “d’arrêter de parler” a eu pour mérite de “faire parler” de la fragilité émotionnelle des sportifs de haut niveau et de rappeler que ce sont des êtres humains comme les autres.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 29 MAI 2021

EDITORIAL • 29 MAI 2021

S’il est bien né coiffé de muguet, le mois de mai n’est guère joli cette année... Entre averses et giboulées, le soleil joue à cache-cache avec les nuages et les journées en demi-teinte se suivent et se ressemblent. On nous promet une embellie pour le mois de juin et, à ce titre, on se plaît à croire que l’œuvre de George Shaw est annonciatrice de l’éclaircie tant attendue.

Les scientifiques n’ont de cesse de tirer la sonnette d’alarme et d’attirer notre attention sur le rythme d’extinction des espèces animales. Aux îles Galápagos, une fois n’est pas coutume, une espèce menacée est revenue à la vie: l’Equateur a confirmé cette semaine, après des analyses ADN, que Fern, la tortue géante découverte sur l’archipel en 2019, appartient à une espèce éteinte depuis plus d’un siècle. La photographie de Sebastião Salgado immortalise une "cousine" de ce rare spécimen et nous remémore, pour citer Charles Darwin, que “les espèces qui survivent ne sont pas les plus fortes, ni les plus intelligentes mais celles qui s’adaptent le mieux au changement.”

Au pôle Sud, en Antarctique, un monstre de glace s’est détaché du continent, un gigantesque iceberg qui, à l’instar de celui dépeint par Harold Ancart, flotte à la dérive sur la surface de l’océan.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 22 MAI 2021

EDITORIAL • 22 MAI 2021

Il y a 31 ans, l’OMS retirait l’homosexualité de la liste des maladies mentales. Depuis 1990, le 17 mai commémore la journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie et permet de rappeler, si besoin est, que tout un chacun a le droit d’être et d’aimer qui il veut. À l’heure où les clichés, les discriminations et les violences liées à l'orientation sexuelle et au genre ont encore la vie dure, la journée permet aussi de promouvoir des campagnes de sensibilisation et de prévention. L'arc-en-ciel que décline Jim Dine illumine la page blanche et est, à l'instar du drapeau emblématique de la communauté LGBTQI+, un vecteur d’espoir et un symbole de diversité et de tolérance.

Le Proche-Orient s’est à nouveau embrasé. Après 11 jours d’affrontements meurtriers, le cessez-le-feu a été entériné à grand renfort de tractations diplomatiques. Si la “désescalade” du conflit semble tenir pour le moment, la tension reste vive... L’installation de Mona Hatoum nous invite à réfléchir sur les conflits géopolitiques qui agitent le monde. Les perles de rocaille rouge incrustées dans les plus de 2000 pains de savons de Naplouse, une ville palestinienne située au nord de Jérusalem, cartographient les contours des frontières israélo-palestiniennes définies par les accords de paix d’Oslo de 1993 et mettent en exergue leur instabilité.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 15 MAI 2021

EDITORIAL • 15 MAI 2021

Y a d’la joie, partout y’a d’la joie en ce weekend prolongé. Après des mois à avancer à tâtons dans un long couloir d’incertitudes, l’annonce du “plan été” et du calendrier de déconfinement a remonté le moral des troupes et on se plaît à espérer que le pire est derrière nous. Si le mantra en bas de l’œuvre de Rose Wylie rappelle que, pour gagner, il faut risquer de perdre, la bonne humeur ambiante est contagieuse et l’envie nous prend, à l’instar de sa patineuse, de nous enhardir et de voir la vie en rose…

Optimisme et légèreté certes mais la ligne noire entre les étagements de couleur de Mark Rothko laisse craindre qu’il reste une ombre au tableau. Le niveau des contaminations est encore élevé et la menace des variants à l’échelle mondiale continue de planer à l’horizon. Gardons à l'esprit que nous sommes tous interconnectés, que le virus ne connait pas de frontières et que, par voie de conséquence, “personne n'est en sécurité tant que le monde entier ne le sera pas.” Vaccination, responsabilité individuelle et solidarité restent encore et toujours nos meilleures alliées pour contenir ensemble la grisaille, éviter un retour de manivelle et faire luire la lumière au bout du tunnel…

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 8 MAI 2021

EDITORIAL • 8 MAI 2021

Une impression de déjà-vu... Un scénario somme toute assez similaire à celui qui nous avait été proposé l’année dernière à la même époque. Une différence de taille toutefois: la campagne de vaccination bat son plein et permet d’envisager une reprise progressive des activités... Comme l’illustre l’œuvre de Piotr Kowalski, la généralisation du vaccin est annonciatrice d’une perspective encourageante et est vecteur d’optimisme quand bien même prudent... À l’échelle européenne, la page Covid se tourne dans les esprits et l’horizon se dégage enfin...

Le calendrier d’assouplissement des mesures restrictives corrobore le dicton “en mai, fais ce qu'il te plait”. Si le contexte socio-économique, la lassitude pour ne pas dire le ras-le-bol de la population et le début de la saison touristique jouent un rôle certain dans la gestion de la crise sanitaire, il n’en demeure pas moins que l’ouverture du champ des possibles souffle comme un vent de liberté et nous donne l’envie d’esquisser, à l’instar des personnages du tableau de Marcel Dzama, un pas de danse.

Éphémères ou non, les terrasses se déploient sur les trottoirs depuis l’annonce de la réouverture en extérieur des cafés, bars et restaurants. La photo de Ralph Gibson laisse deviner les prémices d’un retour à la normale et nous invite à retrouver le plaisir de siroter un café, de prendre l’apéro ou de partager un repas en toute convivialité.

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 1ER MAI 2021

EDITORIAL • 1ER MAI 2021

L’envie d’y croire. L’envie de croire que cette fois-ci sera la bonne, que “la liberté va (enfin) redevenir la règle et l’interdiction l’exception”. Si la situation s’améliore, on se doute bien, en notre for intérieur, que la guerre contre le virus n’est pas encore gagnée... On espère pourtant, à l’instar du corps lancé dans l’espace dépeint par Vassily Kandinsky, pouvoir tourner un temps le dos au stress et aux tensions induites par la crise sanitaire et retrouver une certaine liberté.

Il y a 35 ans, le 26 avril 1986, se produisait à Tchernobyl l’accident nucléaire le plus grave de l’histoire. Si le lieu reste apocalyptique et la zone interdite à l’homme en raison du taux de radioactivité, la faune et la flore semblent s’être adaptées à l’environnement contaminé. Le pissenlit sculpté de Tony Matelli pousse au milieu du béton et rappelle à notre souvenir que, livrée à elle-même, la nature reprend toujours ses droits.

L’Inde est aujourd’hui l’épicentre de la pandémie et la vague de contaminations qui la frappe de plein fouet est meurtrière. Construite à partir de pots, de casseroles, de gamelles et autres ustensiles de cuisine, la tête de mort monumentale de Subodh Gupta semble raconter avant l’heure le drame qui se joue aujourd’hui dans son pays natal.

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER