NEWSLETTER • 6 JUIN 2026

ÉDITORIAL • 6 JUIN 2026

Le dôme de chaleur de la fin du mois de mai nous a offert un avant-goût estival aussi précoce qu’inédit. Si les orages, la pluie et les températures plus respirables sont à nouveau d’actualité, cette chape de plomb exceptionnelle a laissé entrevoir la possibilité d’un été caniculaire et ce d’autant plus que El Niño, l’enfant terrible du climat mondial, fait à nouveau parler de lui. Phénomène naturel cyclique, ce courant marin chaud se forme tous les deux à sept ans au coeur de l’océan Pacifique. Bien que ce phénomène ait été observé pour la dernière fois en 2023 et 2024, l’Organisation météorologique mondiale vient de tirer la sonnette d’alarme dans la mesure où, d’après les prévisions actuelles, El Niño pourrait faire son grand retour bien plus tôt que prévu et nous impacter dans les semaines à venir. Les scientifiques redoutent de surcroit l’avènement d’une forme amplifiée du phénomène, un "super El Niño" dont les conséquences météorologiques seraient décuplées par le réchauffement climatique. Cet épisode se traduirait par des pics de température, par une sécheresse accrue dans certaines parties du globe et des pluies diluviennes dans d’autres… À l’instar de la vague déferlante dépeinte par Shepard Fairey, le retour, à plus ou moins court terme, d’El Niño fait planer le spectre d’une catastrophe environnementale.

Ce lundi 1er juin, une icône du septième art aurait soufflé ses cent bougies. Plus de soixante ans après sa disparition, Marilyn Monroe née Norma Jeane Mortenson reste ancrée dans la légende et son personnage public continue d’inspirer. Une exposition commémorative à Los Angeles, une vente aux enchères à Beverly Hills, des projections de par le monde, et la parution de nouveaux livres contribuent à perpétuer le mythe de l’actrice dont le sourire fut immortalisé pour l’éternité par Andy Warhol.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 30 MAI 2026

ÉDITORIAL • 30 MAI 2026

Comme chaque année, la fin du mois de mai coïncide avec le coup d’envoi de la saison de tennis parisienne. Seul tournoi du Grand Chelem à se jouer sur terre battue, le tournoi de Roland-Garros fait vibrer les amateurs de tennis du monde entier. Matchs mythiques, performances légendaires, rebondissements inespérés, joueurs confirmés et nouveaux prodiges… La quinzaine sportive offre son lot d’émotions et joue, à l’instar des trois autres tournois qui composent le Grand Chelem (Open d’Australie, Wimbledon et US Open), un rôle de catalyseur pour la pratique du tennis loisir. En effet, les balles jaunes échangées sur la terre ocre inspirent plus d’un spectateur à chausser les baskets, à empoigner la raquette et à s’essayer au service, au coup droit et au revers. Une récente étude danoise pourrait leur donner un coup de pouce supplémentaire dans la mesure où, selon les chercheurs, le tennis se hisse en tête des sports dont la pratique régulière permet d’accroître l’espérance de vie et favorise un vieillissement en bonne santé. La géométrie rectangulaire des terrains dépeints par Artem Proot tend vers l’abstraction et l’on se plait à imaginer le plaisir que prennent les joueurs à s’y retrouver pour disputer une partie en simple ou en double.

Un dôme de chaleur est à l’origine de l’épisode caniculaire inédit qui étouffe l’Europe depuis quelques jours déjà. Cet été précoce s’est traduit par des records de températures dans plusieurs pays. Force est de constater que l’Europe se réchauffe deux fois plus vite que le reste de la planète ce qui multiplie les risques climatiques. Le tableau de Léon Wuidar illustre le contraste pour le moins impressionnant entre l’ombre et la lumière en période de forte chaleur.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 23 MAI 2026

ÉDITORIAL • 23 MAI 2026

Véritable phénomène de société, l’essor de la chirurgie esthétique ne semble pas prêt de s’essouffler, tant et si bien qu’aux États-Unis les interventions ont connu une hausse de près de 20% l’an dernier. Née dans le sillage de la chirurgie réparatrice mise au point pour soigner les "gueules cassées" pendant la Première Guerre mondiale, la chirurgie plastique s’est progressivement banalisée. Si la culture de la jeunesse exerce une pression et en incite plus d’un(e) à passer à l’acte pour estomper les signes visibles du temps qui passe, force est de constater qu’aujourd’hui le visage, à l’instar d’autres parties du corps, constitue une matière à sculpter. La chirurgie esthétique séduit une clientèle de plus en plus jeune, influencée par les idéaux de beauté véhiculés par les réseaux sociaux. En France, les 18-34 ans ont désormais recours à plus d’actes de chirurgie esthétique que leurs aînés... Pourtant, comme le rappelle de façon subliminale le miroir de Roy Lichtenstein, aussi réussie soit-elle, l’opération chirurgicale n’est pas un substitut pour l’acceptation de soi.

Chaque année, plus de soixante espèces de papillons voltigent au-dessus des jardins, prairies et clairières du Royaume-Uni. Des plus colorés aux plus discrets, des plus communs aux plus rares, le ballet aérien de ces petits pollinisateurs enchante les amateurs. À ce titre, une association de préservation a invité pour la première fois les citoyens britanniques à élire leur espèce préférée. Ce scrutin inédit vise à sensibiliser le public au déclin démographique des lépidoptères et à mettre en lumière la fragile beauté de ces insectes. Les papillons qui parsèment l’oeuvre de Damien Hirst semblent virevolter dans les airs avec allégresse.

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NEWSLETTER • 16 MAI 2026

ÉDITORIAL • 16 MAI 2026

Telles des ondes sismiques aux multiples répliques, les répercussions économiques de la guerre en Iran et de la fermeture du détroit d’Ormuz sont ressenties à des kilomètres à la ronde. Pris en étau, les pays asiatiques, et plus spécifiquement la Chine, l’Inde, la Corée du Sud et le Japon, sont les plus impactés par les perturbations énergétiques concomitantes au blocage du couloir maritime. À ce titre, et en dépit de réserves importantes, le pays du Soleil Levant détient la palme de la vulnérabilité dans la mesure où il dépend du Moyen-Orient pour plus de 90% de son ravitaillement en pétrole brut. Face à l’instabilité des chaînes d’approvisionnement, les entreprises japonaises rivalisent d’ingéniosité pour s’adapter à la flambée des prix et au spectre de la pénurie. Cette semaine, un grand groupe agro-alimentaire a annoncé qu’en raison de la difficulté à se fournir en naphta, un sous-produit pétrolier nécessaire à la fabrication des encres d’impression, il privilégierait dorénavant la sobriété en lieu et place des emballages multicolores de ses produits phares. À l’instar de celui immortalisé en noir et blanc par Valérie Belin et au risque de rendre moins alléchantes les gourmandises croustillantes sur les étals des supermarchés, les paquets de chips de la marque se pareront désormais d’une palette de couleurs achromatiques.

Le coup d’envoi de la 79ème édition du festival de Cannes a été donné ce mardi. La Palme d’Or récompensera, lors de la cérémonie de clôture le 23 mai prochain, le meilleur film de la sélection officielle. Sur les 22 films en lice pour cette récompense ultime, un seul figurera au palmarès. Comme le laisse deviner la photographie d’Ethan Murphy, un climat de curiosité et d’anticipation accompagne d’ici là les projections. 

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NEWSLETTER • 9 MAI 2026

ÉDITORIAL • 9 MAI 2026

L’essor de l’intelligence artificielle (IA) ne se contente pas de transformer le monde du travail, la cybersécurité et notre quotidien, il redéfinit aussi le marché du matériel informatique. L’IA repose en effet sur l'utilisation de composants essentiels au bon fonctionnement de nos appareils électroniques soit, en clair, sur les disques durs certes mais surtout sur la mémoire. Pour être pleinement opérationnelle, l’IA doit se "souvenir" et avoir un accès ultra rapide à d’énormes volumes de données. Jadis bon marché, la mémoire vive (RAM), dans laquelle sont stockées temporairement toutes les informations, documents, fichiers, logiciels et applications en cours d’utilisation, est ainsi devenue le carburant de l’informatique. Attisée par une courbe exponentielle de la demande en provenance des géants de la Tech et un risque de pénurie, la flambée des prix des puces mémoire impacte d’ores et déjà les coûts de fabrication de nos ordinateurs portables et de nos smartphones sans oublier celui de nos consoles de jeux vidéo et autres produits de consommation courante. Cette hausse de la demande risque d’être répercutée sur le prix en magasin et il y a fort à parier que l’ordinateur dépeint par Anna Valdez coûtera bientôt plus cher à l’achat.

Bien que la marguerite soit, depuis 2023, la fleur nationale, la tulipe est encore et toujours emblématique du pays des moulins à vent. Avec environ 3 milliards de tulipes vendues chaque année, les Pays-Bas restent de loin le plus grand producteur au monde. Ce ne sont pourtant pas les seules fleurs exportées dans le mesure où le royaume est de surcroît la plaque tournante du commerce floral planétaire. Tulipes, crocus, jonquilles et jacinthes y poussent de fin mars à fin mai. En été, ces fleurs font place aux roses, dahlias, œillets, asters et autres. Les paysages fleuris procurent, par voie de conséquence et à l’instar des tulipes dépeintes par Carole Benzaken, un enchantement visuel tout au long de l’année.

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NEWSLETTER • 2 MAI 2026

ÉDITORIAL • 2 MAI 2026

Au printemps, dans nos villes pourtant saturées de bruit, nombreux sont les "virtuoses" dont les notes mélodieuses accompagnent notre réveil. Mésanges, pies, merles, rouges-gorges… En ce début de saison, l'orchestre des oiseaux monte en puissance et met du baume au cœur. Ces concerts naturels sont annonciateurs de jours meilleurs et nos amis à plumes chantent non seulement dans les arbres et les arbustes qui nous entourent mais s’aventurent aussi sur les rebords de nos fenêtres et sur nos balcons à nouveau fleuris. Bonheur fugace et cadeau d’autant plus précieux, leurs pépiements et leurs gazouillis nous ancrent dans le présent et nous forcent à ralentir, à observer et à ressentir. Des études montrent d’ailleurs que le simple fait d’écouter le chant des oiseaux est non seulement bon pour le moral mais aussi pour le corps. Si les chants d’oiseaux atténuent les symptômes de l’anxiété et de la dépression et stimulent nos émotions positives, ils permettent aussi d’apaiser notre rythme cardiaque et de diminuer les hormones du stress. Le colibri dépeint par Diane Andrews Hall se détache d’une partition de Bach et nous invite à imaginer la mélodie qu’il entonne.

Synonyme de renouveau, l’arrivée des beaux jours est l’occasion pour d’aucuns de s’embarquer dans un nettoyage de printemps. Ce rituel, qui consiste à réorganiser son lieu de vie et à faire le tri, permet de mettre de l’ordre et de se délester du superflu. Un levier pour le bien-être dans la mesure où faire place nette permet aussi de transformer la corvée en activité physique… On se plait à croire que les livres qui jonchent le sol dans le tableau de Daniel Rich ont été dépoussiérés par leur propriétaire et qu’ils s’apprêtent à retrouver leur place dans la bibliothèque.

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NEWSLETTER • 25 APRIL 2026

ÉDITORIAL • 25 AVRIL 2026

Il y a presque quarante ans jour pour jour, en Ukraine (qui faisait à l’époque partie de l’Union Soviétique), dans la nuit du 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose et provoque la plus grave catastrophe nucléaire d’origine humaine du XXe siècle. Après l’extinction de l’incendie du cœur en fusion, il a fallu dix jours pour éteindre les foyers résiduels. Le panache de fumée expulsé par le réacteur a projeté en altitude particules et gaz radioactifs qui se sont ensuite dispersés dans l’atmosphère et ont, au gré des vents et des précipitations, atteint une grande partie de l’Europe. Le césium-137, un élément radioactif provenant de la catastrophe, a à lui seul contaminé plus de vingt pays européens. Quatre décennies après l’accident nucléaire de Tchernobyl, une étude française réalisée en fin d’année dernière montre que la contamination radioactive est encore et toujours détectable dans certaines espèces de champignons en Ukraine certes mais aussi en France. À l’heure où le risque nucléaire est palpable tant en Ukraine qu’en Iran, les champignons dépeints par Yayoi Kusama ont le mérite de nous rappeler que Tchernobyl n’appartient pas seulement au passé mais fait bel et bien partie d’un héritage à la fois pérenne et incertain.

Comme chaque année, la mi-avril donne le coup d’envoi de la saison des météorites et, à ce titre, les premières pluies d’étoiles filantes ont illuminé le ciel nocturne cette semaine. Ces traînées lumineuses sont observables à l’oeil nu à condition que règne l’obscurité et que la météo soit dégagée. Le tableau de Yasuhiro Toyoda témoigne de l’éclat fugace de ce spectacle céleste qui suscite l’émerveillement des amateurs d’astronomie.

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NEWSLETTER • 18 APRIL 2026

ÉDITORIAL • 18 AVRIL 2026

Si depuis le blocage du détroit d’Ormuz l’acheminement du pétrole a occupé à juste titre tous les esprits, la vulnérabilité des infrastructures hydrauliques des pays du Golfe persique a été moins médiatisée. L’eau constitue pourtant un enjeu majeur pour leurs économies. Le Golfe dépend en effet des usines de dessalement pour sa survie. Ainsi, 70% de l’eau potable de l’Arabie saoudite provient de ces installations et cette part peut atteindre 90% au Koweït. Ces royaumes d’eau salée” font tourner 400 usines qui pompent l’eau de la mer, une prouesse technologique qui a non seulement permis le développement de l’industrie pétrolière mais aussi de l’urbanisation. L’eau dessalée s’impose désormais comme l'actif le plus stratégique après les hydrocarbures. Si une des grandes usines de dessalement devait être prise pour cible et cesser de fonctionner, les gouvernements pourraient être obligés de rationner l’eau dans l’urgence, privant de ce fait en quelques jours des millions d’habitants. La production alimentaire et de biens, les hôpitaux et les réseaux d’évacuation des eaux usées seraient tous touchés simultanément. Une rupture de l’approvisionnement pourrait rapidement transformer un conflit régional en crise humanitaire. Le tableau de Paul Resika illustre l’irrésistible attrait de l’or bleu, ressource à la fois vitale et rare. 

Situé à proximité de Paris et considéré par d’aucuns comme l’un des plus beaux jardins au monde, le jardin de Claude Monet à Giverny offre, depuis sa réouverture saisonnière le 1er avril dernier et pour le plus grand bonheur des visiteurs, un magnifique panorama fleuri. Prise in situ, la photographie de Elger Esser rend compte de la fascination intemporelle que suscite cet écrin de verdure cent ans après la disparition du célèbre peintre impressionniste. 

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NEWSLETTER • 11 APRIL 2026

ÉDITORIAL • 11 AVRIL 2026

Bien qu’il y ait plus de journées internationales et mondiales que de jours dans l’année, certaines de ces commémorations annuelles permettent d’attirer l’attention sur les discriminations auxquelles d’aucuns sont encore et toujours confrontés. À ce titre, la journée internationale des Roms du 8 avril met à l’honneur la plus grande minorité ethnique d’Europe et sensibilise le public à la reconnaissance de ses droits. S’ils sont parfois appelés gitans, tsiganes, manouches, sinti ou encore gens du voyage, “Rom”, qui signifie “homme” en langue romani, est le terme à privilégier pour désigner tous ces groupes apparentés quel que soit leur pays d’origine. Originaire de l’Inde, cette “nation sans territoire” a commencé à s’installer en Europe il y a environ 1000 ans. Bien qu’il n’y ait pas de recensement officiel, on estime que près de 12 millions de Roms vivent sur le Vieux Continent dont la grande majorité en Europe de l’Est. Il ne s’agit pas d’un peuple homogène mais d’une communauté plurielle qui partage une histoire et des traditions et qui, contrairement aux idées reçues, est dans sa grande majorité sédentaire. Vecteur d’un message d’espoir, le patchwork de Małgorzata Mirga-Tas fait la part belle à ses origines et au patrimoine immatériel des communautés Roms d’hier et d’aujourd’hui.

Ce samedi 11 avril, la journée mondiale de la maladie de Parkinson vise quant à elle à sensibiliser le public à cette maladie neurodégénérative incurable qui touche près de 12 millions de personnes dans le monde. Si la prise en charge médicamenteuse est essentielle, des études montrent que la pratique du tango, dont le secret est de marcher, peut aider les malades à maintenir leurs facultés cognitives, leur sens de l’équilibre et de la coordination. En effet, comme l’évoque l’installation video d’Adriana Marmorek, le tango est un pas de deux qui oblige non seulement à entrer en relation avec son propre corps mais aussi à interpréter ce que son partenaire propose de réaliser. 

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NEWSLETTER • 4 APRIL 2026

ÉDITORIAL • 4 AVRIL 2026

En remettant le cap sur la Lune, la Nasa a ouvert cette semaine un nouveau chapitre dans l’histoire de l’exploration spatiale. Dans la nuit de mercredi à jeudi, la mega fusée SLS a propulsé vers le satellite naturel de la Terre les quatre astronautes de la mission spatiale Artémis II. Le dernier vol habité autour de l’astre le plus proche de la planète bleue date d’il y a plus de 50 ans. La mission actuelle est historique dans la mesure où jamais des êtres humains ne se sont aventurés aussi loin de la Terre. À bord de la capsule Orion, l’équipage s’est extrait au-delà de l’orbite terrestre afin de bientôt faire un tour complet de la Lune sans s’y poser avant de rentrer sur terre en fin de semaine prochaine. Plusieurs fois reportée, Artemis II s’inscrit dans la foulée du galop d’essai non-habité d’Artemis I (2022) et s’appuie sur les enseignements du programme Apollo qui, entre 1969 et 1972, a permis à 12 astronautes américains de fouler le sol lunaire. La composition de l’équipage contribue aussi au caractère inédit de cette mission interstellaire dans la mesure où y participent pour la première fois une femme, un afro-américain et un canadien. Le programme Artemis aspire à établir à l’horizon 2028 une présence humaine durable sur la Lune en vue de préparer de futures missions vers Mars. L’œuvre de Lita Albuquerque laisse deviner la sensation éprouvée à l’approche de la surface lunaire.

Hasard du calendrier, des couleurs évocatrices de la planète rouge ont teinté le ciel crétois ce mercredi. Attisée par les rafales de vent, l’impressionnante tempête de sable et de poussière du Sahara qui a balayé les Canaries en début de semaine a poursuivi sa course sans s’essouffler jusque sur l’île hellène. Le tableau de Katharine Dufault traduit l’ampleur d’un phénomène naturel qui semble tout droit tiré d’un film de science-fiction.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 28 MARCH 2026

ÉDITORIAL • 28 MARS 2026

Depuis un mois, l’impact de la flambée des prix du carburant se répand lentement mais sûrement à d’autres secteurs de l’économie. Si la hausse des prix s’est immédiatement fait ressentir à la pompe, les tensions au Moyen-Orient laissent présager, à plus ou moins court terme, des risques de pénurie sur de nombreux produits dont la production et l’acheminement dépendent du gaz et du pétrole. À ce titre, le blocage des navires dans le détroit d’Ormuz pourrait gréver de façon inattendue la facture du panier de nos courses. Les difficultés d’approvisionnement et l’augmentation du coût des matières premières nécessaires à la fabrication des emballages alimentaires et des produits composés de plastique risquent en effet de contraindre les entreprises à répercuter leur manque à gagner sur les prix de vente. Or, les emballages en plastique font encore et toujours, et ce malgré les tentatives de limiter leur utilisation, partie intégrante de notre quotidien. Le plastique est omniprésent, des bouteilles d'eau aux produits ménagers, en passant par les fruits et légumes. Tous ces produits pourraient bientôt coûter plus cher aux consommateurs. On se plait toutefois à espérer que la dégustation du ravier de raisins dépeint par Sydney Licht ne laissera pas en bouche un arrière-goût trop amer.

Depuis cinquante ans et trois semaines après le continent américain, le Vieux continent passe fin mars de l’heure d’hiver à l’heure d’été. Instauré en Europe à la suite du choc pétrolier de 1973, la raison d’être du changement d’heure a depuis souvent été remise en question. Bien que les bienfaits de ce rituel soient contestés et qu’il ne séduise plus vraiment, il n’en demeure pas moins que cette nuit sera plus courte et que les jours seront à nouveau plus longs à compter de demain. À toutes fins utiles, le cadran de Katherine Bernhardt nous rappelle de veiller à avancer d’une heure le tic tac de nos montres et de nos horloges analogiques.

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NEWSLETTER • 21 MARCH 2026

ÉDITORIAL • 21 MARS 2026

Jour et nuit et selon un ballet minutieusement orchestré, des centaines de milliers d’avions sillonnent le ciel partout dans le monde. Si d’habitude cette savante chorégraphie permet d’acheminer les voyageurs d’un point A vers un point B en empruntant le chemin le plus court, l’instabilité géopolitique de ces dernières semaines a non seulement rétréci les couloirs aériens mais a aussi redessiné la cartographie du flux de trafic... En effet, afin d’éviter le survol des régions à risques, les compagnies aériennes ont été contraintes et forcées de mettre en place dans l’urgence des détours et d’annuler des vols en cascade. Un défi logistique qui rappelle celui de la crise du Covid de 2020 dans la mesure où, depuis la pandémie, jamais autant de vols, n’ont été reprogrammés et autant de passagers affectés. En outre, la flambée concomitante du prix du carburant d’aviation pèse telle une menace sourde sur tout le secteur. Afin d’amortir l’envolée fulgurante de leurs coûts opérationnels, les compagnies envisagent d’ores et déjà d’augmenter le prix des billets d’avion ce qui n’augure rien qui vaille pour l’industrie du tourisme, corollaire du transport aérien. Les avions de Thomas Bayrle évoquent les réseaux de connectivité qui irriguent notre monde globalisé.

À la Réunion, des geysers incandescents illuminent depuis plus d’un mois les flancs du Piton de la Fournaise. En début de semaine, les coulées de lave relâchées par l’éruption du volcan se sont déversées dans l’océan Indien. Cela fait vingt ans que ce phénomène ne s’était plus produit et les volutes de fumée dégagées ont été aussi impressionnantes que toxiques. Bien qu’extrêmement dangereux, ce spectacle rare fascine et nombreux sont les badauds qui ont cédé aux chants des sirènes et sont venus assister à la rencontre de la lave et de l’océan. Le tableau de Brice Guilbert traduit l’irrésistible attrait de l’activité magmatique.

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NEWSLETTER • 14 MARCH 2026

ÉDITORIAL • 14 MARS 2026

Le monde entier a les yeux rivés sur le détroit d’Ormuz dans la mesure où c’est par ce fameux détroit que transite 20% de la production mondiale de pétrole et de gaz naturel liquéfié. Depuis le 28 février dernier, date du début du conflit qui a embrasé le Moyen-Orient, des dizaines de pétroliers ont été contraints de faire demi-tour voire de différer la traversée de ce couloir maritime névralgique. La menace qui pèse sur l’approvisionnement a entraîné une envolée historique des cours de l’or noir. Cette flambée du prix du carburant et les tensions au Moyen-Orient ravivent le souvenir des grands chocs énergétiques (1973, 2008 et 2022) qui ont profondément bouleversé l’économie mondiale. En effet, une flambée durable du brut pèserait non seulement sur les coûts de transport et sur la logistique mais ferait aussi planer le spectre de l’inflation. Afin de parer au plus urgent, l’Agence internationale de l’énergie a débloqué ce mercredi 400 millions de barils provenant de ses réserves stratégiques. La hausse des prix à la pompe affole à juste titre les consommateurs. Tout porte à croire que la jeune femme qui figure sur la photographie mise en scène par Gregory Crewdson a raté le coche et l’opportunité de faire le plein.

Ce dimanche, la 98ème cérémonie des Oscars attribuera ses prix aux meilleurs films de l’année 2025. Pour la première fois depuis la création du prix du meilleur film d’animation en 2001, l’Académie ajoutera une nouvelle catégorie compétitive à la prestigieuse cérémonie et élèvera ainsi de facto à 24 le nombre de statuettes iconiques et tant convoitées. L’Oscar du “meilleur casting” récompensera le travail minutieux des directeurs de casting sur qui reposent le repérage de nouveaux talents et la sélection des interprètes à même de mieux répondre à la vision du réalisateur. Comme le suggère en filigrane la sculpture de Mouna Rebeiz, ces professionnels longtemps invisibilisės font incontestablement partie intégrante du puzzle cinématographique.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 7 MARCH 2026

ÉDITORIAL • 7 MARS 2026

Deux semaines après le clap de fin des JO de Milan-Cortina, la cérémonie d’ouverture des Jeux paralympiques d’hiver a eu lieu hier dans les arènes de Vérone. Cinquante ans après la toute première édition organisée en Suède, cette XIVe édition se tiendra sur le sol transalpin jusqu'au 15 mars prochain. Répartis sur trois sites (Milan, Cortina d’Ampezzo, Tesoro), les Jeux paralympiques d'hiver mettront en lumière près de 600 athlètes originaires d’une cinquantaine de pays différents et aux parcours de vie multiples. Si certains ont grandi avec un handicap, d’autres ont dû s'adapter à une nouvelle vie après un accident ou une maladie. Six disciplines permettront aux sportifs de se dépasser et de captiver l’attention du public en plaçant le handicap moteur ou visuel sous les projecteurs. Comme le suggère le tableau de Adeniyi Olarenwaju et bien que le basket en fauteuil ne soit pas au programme des jeux d’hiver, la pratique sportive des personnes en situation de handicap offre une leçon d’espoir et de résilience, preuve si besoin est que ce n'est pas ce qui nous "manque" qui nous définit mais ce que nous décidons de faire avec ce que nous avons. On se plaît à espérer que les dix jours de sports sur neige et sur glace susciteront le même engouement médiatique que les jeux paralympiques de Paris 2024.

Les seniors vieillissent mieux quand ils sont accompagnés. À ce titre, la présence et l’affection d’un animal de compagnie met indéniablement du baume au coeur. Une étude récente, qui se focalise tout particulièrement sur les chiens, corrobore ce postulat. En reliant leurs maîtres au monde extérieur, les chiens auraient un effet bénéfique tant sur la santé physique que sur la santé mentale dans la mesure où qui dit chien dit promenades régulières et interactions sociales accrues. Le chien qui gambade sur le sentier dépeint par Jean Jullien transforme une simple balade en moment de bonheur partagé.

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NEWSLETTER • 28 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 28 FÉVRIER 2026

Goretti, Ingrid, Leonardo, Nils, Pedro… En ce début d’année, les tempêtes se sont succédées sans se ressembler et les pluies torrentielles, les inondations et les crues ont occupé le devant de la scène médiatique. Depuis la mi-janvier en France, ce sont 40 jours de précipitations ininterrompues qui ont arrosé certaines régions et il faut remonter à 1959 pour recenser un mois de février aussi pluvieux. Si les perturbations météorologiques semblent s’être maintenant mises en pause, ce sont près de 300 communes françaises (principalement en Bretagne et dans l’ouest et le sud-ouest) qui ont été reconnues en état de catastrophe naturelle. Les crues ont contraint les habitants à évacuer leurs logements et les éleveurs à adapter leurs infrastructures pour sauvegarder le bétail. Les fortes précipitations ont saturé les sols d’eau et submergé les champs et les cultures. Il faudra attendre le printemps pour mesurer l’étendue des dégâts mais on redoute d’ores et déjà les pénuries de certains fruits et légumes dans les mois à venir et une augmentation des prix. Le paysage qui figure sur le tableau de Stephen Hannock traduit à lui seul la dévastation silencieuse et le calme à la fois fragile et mélancolique de “l’après”.

Compacts et légers, les casques audio et les écouteurs ont révolutionné les moeurs. Omniprésents dans les rues de nos villes et de nos campagnes, dans les transports en commun, dans les cafés et dans les salles de sport ou de réunion, ils permettent à tout un chacun de s’isoler du bruit ambiant et de choisir sa propre bande son. La publication en début de semaine d’une étude européenne a toutefois révélé la présence de substances chimiques potentiellement dangereuses pour la santé dans de nombreux casques et écouteurs et a entraîné en Belgique le retrait de la vente de moult modèles. Dans sa bulle, l’auditeur-baladeur vissé sur les oreilles, le félin anthropomorphe dépeint par Alain Séchas glisse quant à lui en toute insouciance sur le bitume.

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NEWSLETTER • 21 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 21 FÉVRIER 2026

Les vacances de carnaval riment souvent avec séjour à la montagne et sports d’hiver. Après avoir été aux abonnés absents en début de saison, la neige a fait, ces jours-ci, son grand retour dans plusieurs stations de ski. La tempête Nils, qui a balayé le sud de l’Europe la semaine dernière, et la tempête Pedro qui s’est invitée depuis quelques jours ont entraîné des chutes de neige historiques mais ont aussi rendu le manteau neigeux particulièrement instable en Savoie et sur une grande partie de la chaîne alpine. Plusieurs domaines skiables ont fermé et ont, par précaution, contraint les vacanciers à rester confinés à l’intérieur. En effet, qui dit précipitations hivernales soudaines et importantes dit aussi risque accru d’avalanches. À ce titre, tous les voyants sont passés à l’orange voire, fait rarissime, au rouge en début de semaine et les skieurs ont été appelés à la plus grande vigilance. Malgré les prévisions météo et les avertissements répétés, les risques encourus ne tempèrent pas les ardeurs des amateurs de sensations fortes. Cet hiver, l’irrésistible appel de l’or blanc a d’ores et déjà coûté la vie à plus d’une soixantaine de skieurs hors-piste, de snowboarders et de randonneurs et la série noire ne semble pas prête de s’arrêter. Si la skieuse dépeinte par Claire Milbrath trépigne d’impatience à l’idée de dévaler la pente, la prudence reste, encore et toujours, la mère de toutes les vertus. 

Aux JO ce mercredi, lors des épreuves de qualification de ski de fond, Nazgul, un chien-loup tchécoslovaque de deux ans, a volé la vedette aux athlètes. Il s’est échappé de la chambre d’hôtel de son propriétaire, a déboulé sur la piste de compétition et a poursuivi les fondeuses au pas de course avant de franchir la ligne d’arrivée sous les applaudissements du public. En forme olympique, l’athlète à quatre pattes aurait pu servir de modèle à celui qui figure sur l’oeuvre de Kiki Smith. Il a enflammé la toile et les réseaux sociaux et nous rappelle, si besoin est, que c’est bien souvent quand l’inattendu surgit que l’instant mémorable jaillit.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 14 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 14 FÉVRIER 2026

Les JO d’hiver de Milan Cortina 2026 battent leur plein depuis plus d’une semaine. Afin de limiter l’impact sur l’environnement et ré-utiliser des infrastructures sportives existantes plutôt que de construire des équipements neufs, les organisateurs ont misé sur la fragmentation des sites de compétition. Se déroulant des Dolomites à la plaine du Pô, en passant par la Vénétie, les sites sont au nombre de sept répartis sur un périmètre de 22 000 km2. Il s’agit à ce titre des jeux les plus éparpillés de l’histoire olympique. Qui dit JO dit arrivée massive des différentes délégations, athlètes et staffs compris, des medias et des correspondants étrangers et des spectateurs et des supporters dans les villes et les villages hôtes. Il va sans dire que les défis logistiques posés par les sites éclatés sont énormes. Bien que la priorité soit donnée à l’accès et à la gestion de la mobilité entre des lieux éloignés (420 km séparent en effet Milan de Cortina), transporter sans accroc des centaines de milliers de visiteurs et d’athlètes n’est pas une mince affaire. Si le tableau de Carlos Santiago exagère l’éventualité d’embouteillages sur les routes, il n’en demeure pas moins que les spectateurs et les observateurs des Jeux devront continuer à s’armer de patience pour effectuer leurs déplacements.

Le salto arrière avec atterrissage sur un patin a été interdit en compétition officielle pendant 48 ans parce que jugé trop dangereux et incompatible avec les règles du patinage artistique. Pour rendre le sport plus attractif et plus accessible aux jeunes spectateurs, il a été ré-autorisé en 2024 et vient de faire son grand retour sur la glace olympique. Si c’est bien le patineur américain Ilia Malinin qui l’a remis à l’honneur lors de sa prestation, il convient de rappeler que c’est une athlète tricolore du nom de Surya Bonaly qui, aux JO de Nagano en 1998, a été la première à réussir cette figure. Pénalisée à l’époque pour avoir enfreint les règles, l’infraction d’hier attire aujourd'hui les louanges du jury. Pour paraphraser l’oeuvre d’Ed Ruscha, “hier c’était hier, aujourd’hui c’est aujourd’hui”, preuve s’il en est que, dans le sport comme dans la vie, c’est grâce à l’audace de celles et ceux qui ont le courage de repousser les limites du possible que les mentalités évoluent.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 7 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 7 FÉVRIER 2026

Le coup d’envoi officiel des Jeux Olympiques d’hiver 2026, co-organisés par Milan et Cortina, a été donné à Milan hier. La cérémonie d’ouverture et le traditionnel défilé des délégations se sont déroulés sous les cris de liesse et les applaudissements du public. Point d’orgue des festivités: l’allumage de la flamme olympique qui, première historique, a embrasé simultanément les vasques de chacune des deux villes hôtes. Il s’agit des 25èmes JO d’hiver, les troisièmes organisés par l’Italie, cinquante ans après ceux de Cortina d’Ampezzo en 1956 (les premiers à être retransmis à la télévision), et vingt ans après ceux de Turin. Du 6 au 22 février, 2900 athlètes s’affronteront dans huit sports et seize disciplines. Du 6 au 15 mars prochain, ce sera au tour des athlètes paralympiques de prendre le relais et de s’affronter à leur tour. Il est de notoriété publique que, bien que les Alpes soient perçues comme l’eldorado des sports d’hiver, les conditions dites hivernales ne sont plus ce qu’elles étaient. Dès lors, pour la bonne tenue des épreuves, les canons à flocons seront, comme cela a été le cas lors des Jeux d’hiver de Pékin 2022, à nouveau mis à contribution. On se plait toutefois à croire que c’est dans une neige poudreuse tombée du ciel que le skieur dépeint par Werner Bronkhorst trace son sillon en quête d’excellence.

Il y a 22 ans, le 4 février 2004, un nouveau média social voyait le jour. Développé dans le dortoir d’une prestigieuse université américaine, le "trombinoscope" digital (face book) que l’on ne présente plus dépasse rapidement les confins de la sphère estudiantine et devient, au fil des ans et au gré des mises à jour, le réseau social le plus plébiscité au monde. En numérisant la sociabilité, la plateforme a profondément transformé les interactions humaines et révolutionné la circulation de l’information et le ciblage publicitaire. Avant cette date charnière, les "amis" se cantonnaient à ceux que l’on connaissait dans la vraie vie et la notion de "profil" décrivait uniquement le contour latéral d’un visage. Le tableau de Chris Johanson nous invite à nous pencher sur les liens invisibles mais bien réels qui nous unissent.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 31 JANUARY 2026

ÉDITORIAL • 31 JANVIER 2026

Ces derniers jours, un intrus météorologique originaire de l’Arctique s’est aventuré au-delà de son périmètre géographique et a littéralement paralysé le nord du continent américain. Le souffle hivernal du vortex polaire, d’habitude cantonné à tournoyer autour du pôle Nord, a en effet dévié de sa trajectoire. Ce faisant, il a libéré des poches d’air glacial et enveloppé d’un épais manteau de neige et de glace une grande partie du Canada mais aussi le centre, l’est et le sud de son voisin, les États-Unis. Des températures négatives bien en deçà des normales saisonnières se sont abattues sur les deux pays. Les conditions délétères induites par la tempête Fern ont privé des centaines de millers de foyers d’électricité et entraîné perturbations sur les routes et annulations de vols en cascade. Si le froid de canard n’est évidemment pas étranger à l’hiver, l’offensive particulièrement intense et meurtrière de ce mois de janvier est d’ores et déjà entrée dans les annales et une nouvelle vague de froid attendue ce week-end pourrait provoquer dans la foulée une autre tempête majeure. Les déclinaisons chromatiques du tableau de Marie Lannoo font écho au gigantesque tourbillon d’air glacial qui verrouille d’ordinaire le froid extrême sur les régions polaires.

Sur le Vieux Continent, ce sont des tempêtes à répétition qui ont joué les trouble-fêtes. De l’Irlande à la Bretagne, de l’Italie à l’Espagne et au Portugal, des rafales de vent ont balayé les terres et des pluies torrentielles sont tombées sans discontinuer provoquant crues et inondations. Les habitants se sont réveillés les pieds dans l’eau, alarmés par les trombes d’eau et les coulées de boue qui ont inondé leurs habitations. L’oeuvre de Guillaume Grando illustre de façon subliminale la menace que laisse planer la saturation des sols gorgés d’eau.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 24 JANUARY 2026

ÉDITORIAL • 24 JANVIER 2026

Cette semaine, deux catastrophes ont endeuillé le plus grand réseau ferroviaire à grande vitesse d’Europe. L’Espagne, et plus précisément l’Andalousie, a été le théâtre d’une collision mortelle entre deux trains à grande vitesse. Deux jours plus tard, un train de banlieue heurte les débris d’un mur de soutènement effondré sur les voies à proximité de Barcelone et plonge à nouveau le pays dans l’effroi. Une tragique loi des séries au lourd tribut humain qui écorne un tant soit peu la réputation du réseau ferroviaire espagnol et suscite des interrogations sur la sécurité de ce moyen de transport qui est pourtant de loin l’un des plus sûrs après l’avion et qui a aujourd’hui plus que jamais le vent en poupe. Traits d’union entre les capitales et les métropoles régionales à travers l’Europe et dans le monde, faibles émetteurs de dioxyde de carbone, les trains à grande vitesse incarnent une alternative plus écologique que la voiture et l’avion. Si à l’échelle mondiale de nombreux trains battent d’ores et déjà des records de vitesse, des avancées technologiques promettent de bientôt marquer un coup d’accélérateur supplémentaire. Le paysage dépeint à travers la fenêtre d’un train par Megan Menzies semble défiler à toute allure et laisse présager, dans un avenir plus ou moins proche, une redéfinition de la grande vitesse ferroviaire. 

Dans la nuit du 19 au 20 janvier, une éruption solaire a perturbé le champ magnétique terrestre. En effet, l’astre qui rythme nos jours et nos nuits et éclaire et réchauffe la Terre est, cette année encore, sorti de sa torpeur et la tempête géomagnétique concomitante a tutoyé en intensité celle que nous avons connu en 2024. Au grand bonheur des plus chanceux qui ont pu admirer le spectacle inhabituel de visu, le ciel s’est illuminé dans nos contrées et a donné lieu à un ballet d’aurores boréales à couper le souffle. Les paillettes vert irisé qui parsèment le tableau d’Howardena Pindell font écho aux particules solaires éjectées par l’astre de feu et évoquent les "rideaux de lumière” qui embrasent communément le ciel à proximité des pôles.

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Zoé Schreiber

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