NEWSLETTER • 17 JANUARY 2026

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ÉDITORIAL • 17 JANVIER 2026

Pas un jour sans que l’on n’entende parler de la plus grande île du monde. Situé entre l’océan Atlantique nord et l’océan Arctique, quatre fois plus grand que la France et peuplé d’à peine 57 000 habitants en majorité d’origine inuit, le Groenland ou “terre verte" ("grøn land" en danois) n’a de vert que le nom puisque ses 2 millions de km2 sont recouverts à 85% de glace. Deuxième plus grande masse de glace sur terre après l’Antarctique, le territoire semi-autonome danois est particulièrement touché par le changement climatique dans la mesure où il se réchauffe deux à quatre fois plus vite que le reste de la planète. Les glaciologues rappellent en effet que la calotte groenlandaise joue un rôle de régulation majeur. Contrairement à la banquise, qui flotte comme un glaçon, la calotte glaciaire du Groenland se trouve, par définition, au-dessus de la terre. Sa fonte complète entraînerait une élévation du niveau des océans de plusieurs mètres, exposant des villes côtières, telles que New York, Miami, Londres ou Tokyo pour ne citer qu’elles, à la submersion. Comme le rappelle en filigrane la photographie de Diane Tuft, si la dislocation progressive de la glace pourrait, à plus ou moins long terme, rendre plus accessibles et exploitables les minerais et les matières premières dites critiques, la richesse du Groenland ne se limite pas, n’en déplaise à certains, à son sous-sol: sa glace constitue, à l’échelle globale, un atout environnemental.

Dans l’inconscient collectif français, la vache est l’animal qui représente le mieux l’agriculture. Depuis 2011, à chaque Salon de l’Agriculture, son égérie bovine. Cette année pourtant, en raison de l’épidémie de dermatose nodulaire et au grand dam des éleveurs et des visiteurs, aucun bovin ne sera convié à Paris en février. Si Biguine, la vache brahmane arrivée tout droit de Martinique après 11 jours de bateau, se voyait déjà en haut de l’affiche, c’est hélas, à l’instar du bovidé qui figure sur la sérigraphie d’Andy Warhol, à l’écart des projecteurs qu’elle rentrera dans les annales.

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2025, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 10 JANUARY 2026

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ÉDITORIAL • 10 JANVIER 2026

Chaque nouvelle année nous offre la possibilité de tourner une page et de prendre un nouveau départ. Il y a dix jours déjà, les douze coups de minuit annonciateurs du Nouvel An nous ont permis, comme à l’accoutumée, de nous remémorer les mois écoulés et de nous lancer de nouveaux défis pour nous réinventer et mieux avancer. Je tiens à vous remercier du fond du coeur pour votre fidélité et me réjouis de continuer, cette année encore, à "zigzaguer" avec vous et à vous offrir bouffées d’oxygène culturelles et (re)découvertes artistiques. Que 2026 soit, pour vous et vos proches, pleine de promesses. Je vous souhaite une bonne santé et, pour citer Jacques Brel, “des rêves à n’en plus finir et l’envie furieuse d’en réaliser quelques uns”. Dans cette optique, j’espère que vous conviendrez avec moi que la “photo-peinture” de nuages évanescents de Gerhard Richter laisse présager une nouvelle aube porteuse d’espoir.

Drapée d’un joli manteau de neige, 2026 a débuté sous l’emprise d’un froid polaire. Cette offensive hivernale a frappé de plein fouet une grande partie de l’Europe de l’ouest où les températures ont dégringolé et les flocons ont saupoudré les paysages des villes et des campagnes. Cela fait des années que ce coup de froid glacial n’avait été aussi intense et prolongé. Il alimente bulletins d’information et conversations et invite tant à la prudence qu’à l’émerveillement. Le verglas et la neige ont provoqué d’importantes perturbations sur la circulation et sur les réseaux de transport en commun et ont contraint moult habitants à rester chez eux ou à se résoudre à marcher pour se rendre sur leur lieu de travail. Les pas dans la neige immortalisés par Jerry Schatzberg témoignent du ralentissement tout relatif de l’effervescence urbaine.


Bonne année, restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 20 DÉCEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 20 DECEMBRE 2025

S’adresser des voeux lors des fêtes de fin d’année permet non seulement d’exprimer sa gratitude mais aussi de renforcer ses liens sociaux. Si, il n’y a pas si longtemps, envoyer et recevoir une carte de vœux manuscrite par la poste relevait de l’ordinaire, l’avènement du numérique a dématérialisé cette pratique. Les cartes postales ont cédé la place aux cartes virtuelles, les courriels, les SMS et les réseaux sociaux ont progressivement remplacé les lettres écrites à la main, tant et si bien qu’à l’heure d’aujourd’hui, les échanges épistolaires, vestiges d’un autre temps, sont en voie d’obsolescence pour ne pas dire en voie de disparition. Précurseur en Europe, le Danemark va acter le clap de fin de son service postal au 31 décembre. À partir de janvier 2026, après 400 ans de bons et loyaux services, la poste danoise va dire adieu à la collecte et à la distribution du courrier pour privilégier la livraison de colis. Victimes collatérales de ce retrait, les boîtes aux lettres vont, à l’instar des cabines téléphoniques d’antan, lentement mais sûrement disparaître de l’espace public. Une page se tourne… Reproduite face cachée, l’enveloppe déchirée et vidée de son contenu dépeinte par Vija Celmins est à ce titre une capsule temporelle qui traduit le souvenir tangible d’un échange entre un expéditeur et un destinataire.

Fin d’année rime aussi avec décorations festives, illuminations qui scintillent et chasse aux cadeaux. Que l’on soit prévoyant ou que l’on s’y prenne à la dernière minute, c’est, comme le laisse deviner la sculpture symbolique d’un ruban sur le point d’être noué ou défait de Marzena Nowak, l’attention portée à ceux qui nous sont chers qui compte.


Joyeuses fêtes, restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 13 DÉCEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 13 DECEMBRE 2025

Chaque année depuis 2006, l’UNESCO (l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) honore les coutumes et les traditions qui forgent l’identité des peuples. Fédératrice et riche en saveurs, l’alimentation fait partie du patrimoine culturel immatériel dans la mesure où il s’agit d’un savoir-faire qui se transmet de génération en génération. Les recettes traditionnelles, les techniques culinaires et les règles de bonne conduite à table reflètent les valeurs et les croyances des différentes communautés. S’il n’est pas rare que des mets individuels, tels les sushis japonais ou le couscous, ou que des pratiques gastronomiques isolées, comme la préparation du kimchi coréen ou encore la dégustation de bières belges, figurent au palmarès, jamais auparavant une cuisine dans son ensemble n’était entrée au patrimoine immatériel de l’UNESCO. Depuis mercredi dernier, c’est chose faite. La cuisine italienne est la première cuisine nationale au monde à être reconnue dans son intégralité. Une reconnaissance qui célèbre les recettes, des pizzas aux glaces en passant par les plats de pâtes, qui font saliver les gourmands et les gourmets du monde entier. Les ingrédients qui peuplent le tableau de Kristof Santy n’attendent qu’à être assemblés dans une poêle pour être dégustés à table.

Depuis 1999, Pantone, le célèbre fabricant de nuanciers, donne le ton de l’année à venir. Cette année, le choix de la couleur de 2026 en a surpris plus d’un. En effet, et pour la toute première fois, c’est un “ blanc nuageux” (“Cloud Dancer”) qui a été mis à l’honneur, une couleur à part entière qui reste pourtant associée pour d’aucuns à l’incolore. Après Viva Magenta (2023), Peach Fuzz (2024) ou encore Mocha Mousse (2025), la nuance choisie évoque, d’après l’entreprise américaine, légèreté et sérénité mais aussi une page blanche ou plutôt, à l’instar de l’oeuvre de Henni Alftan, des pages blanches qui ondulent et n’attendent qu’à être remplies et à s’ouvrir vers de nouvelles possibilités.


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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 6 DÉCEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 6 DECEMBRE 2025

Le changement climatique reste encore et toujours d’actualité et ses effets délétères sur les zones urbaines risquent de contraindre les populations de certaines régions du monde à un jour se déplacer. Si, il y a quelques années déjà, les risques de submersion ont amené les autorités indonésiennes à envisager de transférer la capitale côtière Jakarta vers une mégalopole en construction en pleine forêt de Bornéo, les autorités iraniennes viennent quant à elles de faire planer le spectre d’évacuer la capitale Téhéran vers une zone moins aride. En effet, pas une goutte de pluie ne s’est abattue sur la métropole de dix millions d’habitants depuis le début de l’automne. Rivières, barrages et réservoirs sont quasiment à sec et, sur les montagnes qui surplombent la ville, la neige est aux abonnés absents. Une sécheresse historique attribuable au dérèglement du climat certes mais aussi à une mauvaise gestion des ressources hydriques. Afin de parer au plus urgent et économiser l’eau encore disponible, la population a été appelée à rationner sa consommation et des coupures nocturnes ont été mises en place afin d’éviter tout gaspillage. En évoquant les lignes de crues sur les rochers à marée basse, l’installation de Lionel Estève donne forme au souvenir de l’eau en son absence.

En Asie du Sud-Est en revanche c’est un trop-plein d’eau qui, en pleine saison de la mousson, a semé la désolation dans plusieurs pays. En Indonésie mais aussi en Thaïlande, en Malaisie, au Sri Lanka et au Vietnam pour ne citer qu’eux. Des pluies diluviennes et des cyclones tropicaux ont pris les habitants au piège et ont entraîné inondations meurtrières et glissements de terrain dévastateurs. Les coulées brunâtres dépeintes par Chiura Obata illustrent les ravages des torrents de boue.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 29 NOVEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 29 NOVEMBRE 2025

Chaque année, le 25 novembre commémore la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Instituée par l’ONU en 1999, cette journée marque le coup d’envoi d’une campagne de sensibilisation de 16 jours qui s’achève le 10 décembre lors de la Journée internationale des droits de l’homme. L’agenda de l’édition 2025 porte sur la violence numérique, une forme d’abus qui, alimentée par l’intelligence artificielle, l’anonymat et l’absence de réglementation, se propage à une vitesse alarmante. Cachés derrière leurs écrans, trop nombreux sont les internautes qui s’emparent des outils numériques afin de traquer, harceler et maltraiter en ligne les femmes et les filles. Cyberharcelement, hypertrucages (deepfakes), usurpation d’identité… Des actes qui sont souvent les prémisses de violences dans la vie réelle. À l’heure où au moins une femme sur trois est victime de violences physiques ou sexuelles et 38% des femmes sont victimes de violence en ligne, la mise en place d’un cadre légal contraignant pour prévenir et sanctionner les crimes de genre s’impose. La séquence de 0 et de 1 tracée par Sasha Stiles frôle l’abstraction et révèle les éléments constitutifs du code binaire qui sous-tend, pour le meilleur comme pour le pire, la numérisation de l’information.

Les avancées technologiques offrent aux chercheurs des outils de plus en plus perfectionnés pour mener à bien leurs études scientifiques. Pour la toute première fois, une balise ultra légère, géo-localisable placée sur le thorax de 400 papillons monarques va permettre de lever le voile sur les secrets de leur migration. Reconnaissables entre mille, les nymphalidés aux ailes orangées quittent dès la fin de l’été les plaines canadiennes et américaines pour les forêts mexicaines. La photographie de Tim Flach immortalise le spectacle féerique de leur arrivée dans leurs terres ancestrales.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 22 NOVEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 22 NOVEMBRE 2025

Au pays du soleil levant, un prédateur rôde et sème, depuis quelques mois déjà, la terreur. Dans le nord-est de l’archipel, ce n’est pas le grand méchant loup mais bien l’ours qui sévit. Depuis le début du mois d’avril, le nombre d’attaques recensées frôle des records. Plus de 100 personnes ont été blessées et 13 ont succombé sous les griffes et les morsures des ursidés dont les effectifs suivent la courbe inverse de celle de la population nippone et n’ont de cesse d’augmenter. En quête de nourriture, changement climatique n’aidant pas, ces derniers s’enhardissent et quittent les forêts qui constituent leur habitat naturel et s’immiscent aux abords des villes. En quête des fruits et des noix qui leur permettront d’hiberner, leur errance les conduit dans les zones résidentielles au péril de la vie des riverains qui ont le malheur de croiser leur chemin… À situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles… Pour faire face à l’agressivité des ours, le gouvernement n’a pas hésité à assouplir la réglementation draconienne sur les armes à feu afin de permettre tant à la police qu’à l’armée venue en renfort de tirer sur la gachette pour protéger la population et endiguer le fléau. Trapu et massif, l’ours brun solitaire dépeint par Karen Gibbons illustre l’éternelle ambiguïté qu’entretient l’homme avec la nature.

Le premier coup de froid de l’automne en a surpris plus d’un… À quelques semaines de la fin de l’année, c’est à pas de loup que les prémisses de l’hiver se sont soudainement invitées dans nos villes et nos campagnes. En moins de temps qu’il n’a fallu pour l’écrire, c’est une dégringolade de 10 degrés à laquelle on a assisté cette semaine. À l’instar du personnage emmitouflé que nous donne à voir Julian Opie, les premiers frimas sont synonymes du retour des écharpes et bonnets, accessoires incontournables de la saison. 

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 15 NOVEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 15 NOVEMBRE 2025

La COP30 (Conférence des Nations Unies pour le climat) a ouvert ses portes ce lundi à Belém en Amazonie brésilienne. Jusqu’au 21 novembre prochain, le réchauffement climatique sera au coeur des pourparlers. Si près de 200 pays ont répondu à l’appel, les États-Unis, première puissance économique mondiale et deuxième émetteur de gaz à effet de serre derrière la Chine, sont cette année aux abonnés absents. Leur absence et le faible engagement de la Chine et de l’Inde suscitent d’ores et déjà de vives inquiétudes parmi les pays et les populations les plus exposés aux effets du dérèglement du climat. Cette édition marque le dixième anniversaire de l’Accord de Paris, un accord historique signé lors de la COP21, qui prévoyait de contenir le réchauffement climatique en dessous des 2°C avec pour ambition de ne pas franchir le seuil des 1,5°C. Dix ans après la signature dudit accord, l’heure est au bilan. Force est de constater que, si le pire a été évité, tous les voyants sont au rouge. Le monde a vécu sa première année calendaire au-dessus de +1,5 °C en 2024, subissant inondations et canicules meurtrières et l’année en cours n’échappe pas à ce regrettable état des lieux puisqu’elle est en passe de figurer parmi les trois années les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre. Installés pour éveiller les consciences lors de la COP21, les morceaux d’icebergs d’Olafur Eliasson restent encore et toujours d’actualité.

Conséquence du dérèglement climatique, des espèces exogènes trouvent refuge dans des contrées précédemment hostiles. À ce titre, trois moustiques ont été repérés pour la toute première fois en Islande en octobre dernier. Sans doute introduits sur le territoire via des navires ou des conteneurs, leur éventuelle prolifération sera suivie de près par les scientifiques. La spirale anti-moustiques de Naoki Tanaka laisse présager qu’un jour les islandais devront eux aussi se prémunir contre les piqûres.

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NEWSLETTER • 8 NOVEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 8 NOVEMBRE 2025

Souvenirs, souvenirs… Nostalgie quand tu nous tiens! Dans l’Hexagone, une célèbre marque de vaisselle en verre trempé vient, une nouvelle fois, d’être sauvée du naufrage. La verrerie, véritable fleuron industriel français, n’en est en effet pas à son premier sauvetage. Après avoir évité de justesse la faillite grâce à l’implication de ses employés l’année dernière, ce sont cette fois-ci les citoyens qui se sont mobilisés pour venir à sa rescousse. Telle une "madeleine de Proust", l’entreprise traverse les générations depuis 80 ans et elle est associée dans l’imaginaire collectif à l’idée de partage et de convivialité. Ses verres au design intemporel et aux lignes épurées sont réputés incassables depuis 1945 et, omniprésents tant dans les cantines scolaires que dans les bars-tabac et les tables familiales, font partie intégrante du patrimoine affectif. Tablant sur cette image de marque, c’est avec brio que la coopérative a bouclé cette semaine sa levée de fonds participative. En quelques heures, les promesses d’investissement ont dépassé le maximum autorisé et devraient ainsi permettre à l’iconique manufacture d’assurer sa survie. Le tableau de Nathalie du Pasquier rappelle en filigrane comment, au fil du temps, certains objets qui peuplent notre quotidien transcendent leur fonction utilitaire pour se transformer en repères émotionnels, véritables réceptacles de souvenirs. 

À quoi ressemblera la ville du futur? Intelligente et connectée, durable et écologique, résiliante face aux défis climatiques? Quelles que soient les prédictions, la boule de cristal reste, à l’aune des percées technologiques, nébuleuse. Le paysage urbain utopique de Caio Locke n’est pas sorti d’un roman d’anticipation mais de sa propre imagination et offre une vision à la fois futuriste et onirique.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 1 NOVEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 1 NOVEMBRE 2025

Une étude récente de l’Institut de psychiatrie, de psychologie et de neurosciences (IoPPN) du King’s College de Londres corrobore le rapport de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2019 et confirme à nouveau l’aphorisme de l’artiste Louise Bourgeois selon lequel "l’art est une garantie de santé mentale” et physique. Des chercheurs se sont en effet focalisés pour la première fois sur les effets physiologiques de la visualisation d’œuvres d’art originales par rapport à la contemplation de reproductions. Il en ressort, comme on se plaisait d’ores et déjà à le croire, qu’admirer des oeuvres d’art “in situ” met non seulement du baume au coeur mais permet aussi de réguler le stress et l’anxiété. Le potentiel "thérapeutique" ne se limite pas seulement à l’esprit mais s’étend aussi aux marqueurs physiologiques qui contribuent à notre bien-être physique. L’art ne nous touche pas seulement émotionnellement mais il a aussi des effets bénéfiques sur notre corps. Comme le suggère le tête-à-tête immortalisé par Stefan Draschan, point besoin d’ordonnance médicale pour s’aventurer dans le musée le plus proche et s’offrir une parenthèse à la fois méditative et immersive.

La Jamaïque a été balayée en début de semaine par un ouragan de tous les dangers. Classé catégorie 5 sur l’échelle de Saffir-Simpson, la catégorie reine des super-cyclones, l’ouragan Melissa est d’ores et déjà entré dans les annales. Il s’agit en effet de l'ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l’Atlantique. Les rafales de vent de près de 300km/heure et les pluies torrentielles ont semé la désolation et transformé les paysages idylliques de l’île des Grandes Antilles en “zone sinistrée”. La spirale dépeinte par Ross Bleckner évoque les vues aériennes prises dans l’œil du cyclone par un avion de reconnaissance.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 25 OCTOBRE 2025

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ÉDITORIAL • 25 OCTOBRE 2025

Ils sont nombreux ceux pour qui la mastication de chewing-gums est une habitude quotidienne. Créée au milieu du 19e siècle, les gommes à mâcher modernes ont été popularisées dans nos contrées par les soldats américains lors du débarquement de la seconde guerre mondiale. En tablettes, en dragées, en boules, avec ou sans sucre, à la fraise, à la menthe, à la cannelle ou encore à l'eucalyptus, les chewing-gums se déclinent à l’infini et sont les seuls produits qu’on ne mange pas mais qu’on mâche à longueur de journée. En apparence inoffensifs, ils sont en réalité une source de pollution majeure et constituent le deuxième déchet urbain après les mégots de cigarette. Jetés nonchalamment par terre, sur les trottoirs de nos villes, ils contaminent l’environnement et finissent souvent dans les égouts, les cours d’eau et les nappes phréatiques. Composés à partir de dérivés de pétrole, d’arômes synthétiques, de colorants, de conservateurs et d’édulcorants, ils prennent parfois des années à se dégrader et, en se fragmentant progressivement en micro-plastiques, pourraient, une fois ingérés, nuire tant aux animaux qu’aux humains. La constellation de chewing-gums mâchés qui parsèment la toile d’Adam McEwen transforme un produit prosaïque en matériau artistique et interroge notre rapport à la consommation.

Moins de huit minutes. C’est le temps qu’il a fallu aux cambrioleurs, dimanche dernier, pour effectuer au Louvre ce qui est d’ores et déjà qualifié de casse du siècle. Munis d’une nacelle, les malfrats se sont introduits en plein jour et aux yeux de tous par l’une des fenêtres et ont emporté un butin de joyaux d’une valeur inestimable. La gravure de David Hockney offre à notre regard une des nombreuses fenêtres de l’édifice et laisse présager les travaux qui vont être mis en œuvre en urgence pour renforcer la sécurité du plus grand musée du monde.

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NEWSLETTER • 18 OCTOBRE 2025

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ÉDITORIAL • 18 OCTOBRE 2025

Le vieillissement de la population et les enjeux sociétaux qui en découlent font régulièrement la une de l’actualité. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), d’ici à 2030, un horizon à la fois proche et lointain, une personne sur six dans le monde aura 60 ans ou plus. Le nombre des personnes âgées de 80 ans et plus devrait, quant à lui, tripler entre 2020 et 2050. Cela étant dit, nous vivons aujourd’hui dans une société de l’image qui célèbre la jeunesse au détriment de l'âge. Dans une société où l’âge ne se définit plus en nombre d’années vécues. Dans une société où les marques du temps qui passe, telles que les rides ou la chevelure argentée, sont perçues comme des signes à masquer voire à gommer. Crèmes, teintures, compléments alimentaires, injections, chirurgie… La panoplie anti-âge a le vent en poupe et ne fait que s’allonger, tant et si bien que le grand âge s'affiche de moins en moins souvent. Il y a l’âge qu’on a, celui qu’on paraît, celui qu’on avoue et celui qu’on ressent… Le senior dépeint par Julie Held paraît en phase avec lui-même et semble donner raison à Henri Matisse qui disait en son temps: “On ne peut s’empêcher de vieillir mais on peut s’empêcher de devenir vieux.”

En automne, ce sont des centaines de millions d’oiseaux migrateurs qui quittent nos contrées afin de rejoindre leurs quartiers d’hiver. L’union faisant la force, c’est à plusieurs qu’ils quittent les frimas ambiants et se déplacent vers des latitudes aux températures plus clémentes. Ces mouvements migratoires sont motivés par la recherche de ressources alimentaires plus abondantes qui permettront à ces insectivores de passer l'hiver avec plus de sérénité. Comme le laisse deviner sans peine le ciel parsemé d’oiseaux en plein vol immortalisé par Gregory Halpern, cette transhumance aérienne fait la joie et suscite l’émerveillement des ornithologues, qu’ils soient professionnels ou amateurs. 


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NEWSLETTER • 11 OCTOBRE 2025

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ÉDITORIAL • 11 OCTOBRE 2025

Mot-valise créé grâce au télescopage des mots “instantané” et “télégramme”, Instagram a fait son apparition il y a tout juste 15 ans. Au fil des mises à jour, l’application mobile à l’icône en forme de caméra est progressivement devenue incontournable et anime aujourd'hui les écrans de plus de 2 milliards d’utilisateurs à l'échelle mondiale. Rachetée en 2012 par un des géants des réseaux sociaux, elle a révolutionné notre rapport à l’image. Associée au départ au format carré et aux filtres photo rétro, on y trouve aujourd’hui en sus des vidéos, une messagerie et des publications éphémères. Espace d’échange et de sociabilité, la plateforme a rapidement dépassé les confins de la sphère amicale. La personnalisation du fil d’actualité, avec l’introduction en 2016 d’un algorithme de recommandation, a contribué à propulser le monde de l’influence. Les créateurs de contenu règnent en maître et la mise en scène de leur quotidien brouille les pistes entre marketing et divertissement. Bien que dépourvue d’images, la grille tracée par Eugenio Espinoza évoque de façon subliminale les prémisses de la mosaïque numérique propre à l’appli.

La primatologue britannique Jane Goodall a tiré sa révérence le premier octobre dernier à l’âge de 91 ans. Surnommée “la femme chimpanzé”, elle a consacré une grande partie de sa vie à l’observation du comportement animal et a milité pour la protection des grands singes et pour la préservation de leurs habitats naturels. Ses recherches ont révolutionné notre compréhension du rapport des hommes aux animaux et ont permis de comprendre que ces-derniers ne sont pas seulement sensibles mais aussi intelligents. La constellation de Bobbie Moline-Kramer frôle l’abstraction mais, à y regarder de plus près, deux visages se détachent du fond bleu du tableau, le sien et celui d’un chimpanzé dont elle avait gagné la confiance.


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NEWSLETTER • 4 OCTOBRE 2025

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ÉDITORIAL • 4 OCTOBRE 2025

Secteur stratégique s’il en est, l’industrie pharmaceutique européenne est à nouveau sur la sellette. Le spectre de droits de douane de 100% sur les médicaments de marque ou brevetés produits en dehors des États-Unis a suscité l’inquiétude des professionnels du secteur cette semaine. La menace brandie par le locataire de la Maison Blanche ne devrait toutefois pas impacter l’Union européenne dans la mesure où l’accord commercial signé en août dernier stipule que les exportations européennes en général et les médicaments en particulier ne peuvent être taxées au-delà de 15%. Si elle était appliquée, cette surtaxe affecterait sérieusement l’économie dans la mesure où des droits de douane sur les produits pharmaceutiques entraîneraient immanquablement une hausse des prix. Cette stratégie ouvertement protectionniste risquerait non seulement de raviver les tensions économiques mondiales mais aussi d’entraîner des pénuries, d’entraver l'accès des patients aux soins et de créer des obstacles à la recherche et au développement à l'échelle globale. Comme le rappelle en filigrane l’installation de Damien Hirst, les médicaments sont cruciaux pour la société dans la mesure où ils améliorent la qualité de vie, prolongent l'espérance de vie et préviennent les maladies. 

Depuis le 22 septembre dernier, l’automne a officiellement frappé à nos portes. Au moment de l’équinoxe, le jour et la nuit ont duré exactement le même nombre d’heures. Depuis, les journées sont et deviendront au fil du temps plus courtes et les nuits plus longues. Si la baisse de luminosité est, comme en témoigne le tableau de Jess Allen, incontestable, on se plait à espérer que l’été n’a pas encore dit son dernier mot et que nous profiterons à tout le moins d’un bel été indien.  


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NEWSLETTER • 27 SEPTEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 27 SEPTEMBRE 2025

Chaque 21 septembre, la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer rappelle le lourd tribut que doivent payer non seulement les malades atteints de cette pathologie mais aussi leur entourage. Trous de mémoire, désorientation, difficultés à se concentrer et à accomplir les tâches du quotidien sont souvent les signes avant-coureurs de cette maladie dégénérative à ce jour incurable. Ces troubles du comportement affectent le langage, la coordination et le raisonnement et plongent le patient dans une temporalité qui l’isole et modifie son rapport au monde et aux autres. Communément associé à la vieillesse, ce déclin cognitif ne touche pourtant pas uniquement nos aînés. Dans 5 à 10% des cas, des symptômes précoces peuvent se déclarer avant 65 ans voire même avant 50 ans et entraîner une perte progressive d’autonomie. Si les causes de cette forme de démence restent à ce jour nébuleuses, certains facteurs génétiques, des facteurs liés à l’environnement, au manque de sommeil ou encore à l’isolement social sont pointés du doigt. Le “puzzle" aux pièces manquantes qu’Esther Stocker offre à notre regard évoque la porosité de la mémoire qu’engendre inéluctablement la maladie.

Depuis sa création au XIème siècle, la Tapisserie de Bayeux suscite l’émerveillement. Minutieusement brodée au fil de laine sur une toile de lin de près de 70 mètres de long, elle relate, à grand renfort de personnages, d’animaux, de navires et de forteresses, l’épopée de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie devenu en 1066, à l’issue de la bataille d’Hastings, roi d’Angleterre. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la broderie n’a été déplacée qu’à deux reprises dans son histoire. Afin de permettre la rénovation du musée qui l’abrite, elle est en passe d’effectuer son troisième voyage et son premier voyage hors de l’Hexagone. Bien que ce voyage suscite, en raison de la fragilité des fibres textiles, l’inquiétude des experts, la tapisserie devrait prendre ses quartiers pour une durée d’un an au British Museum à l’automne 2026. Inspirée par la palette chromatique de cette fresque épique, l’oeuvre de Carla Accardi propose une relecture abstraite de ce chef-d’oeuvre de l’art médiéval. 


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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 20 SEPTEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 20 SEPTEMBRE 2025

L’obésité pèse sur la santé mondiale. Selon le tout dernier rapport publié par l’Unicef début septembre, cette forme de malnutrition devance et ce pour la toute première fois, l’insuffisance pondérale chez les enfants et les adolescents. Reconnue par l’OMS comme maladie chronique depuis 1997, l’obésité concerne aujourd’hui un enfant sur 10 et un enfant sur 5 est en situation de surpoids, un taux qui a plus que doublé depuis l'an 2000 dans les pays à faibles et à moyens revenus. Si l’essor de la sédentarité joue un role certain, l’abandon des régimes alimentaires traditionnels et la généralisation d’aliments ultratransformés à travers le monde est aussi en cause. Addictifs et faibles en nutriments, les aliments proposés par les fast-foods, les petits en-cas riches en sel, en sucre et en matières grasses et les boissons sucrées envahissent les écrans publicitaires et supplantent bien souvent les fruits et légumes dans les assiettes et les cartables. Comme en atteste l’oeuvre de Jani Leinonen, avec leurs couleurs alléchantes et leurs personnages ludiques, le pouvoir de persuasion des emballages façonne les appétits des petits et rend la malbouffe plus que jamais irrésistible. 

Après les Jeux olympiques d’été de Paris 2024, c’est le pays du Soleil Levant qui est devenu la semaine dernière, en accueillant les 20èmes Championnats du monde d’athlétisme, l’épicentre sportif mondial. Du 13 au 21 septembre, les compétitions ont permis au plus de 2000 athlètes qui ont convergé vers le stade national de Tokyo de dépasser leurs limites. À ce titre, la performance du champion de monde du saut à la perche en a laissé plus d’un pantois. L’athlète suédois a non seulement amélioré son record personnel mais aussi pulvérisé le record du monde en franchissant la barre des 6,30 mètres, soit une hauteur comparable à celle du deuxième étage de l’immeuble dépeint par Roger Herman. La prouesse du “suédois volant” illustre si besoin est la capacité du sport de haut niveau à faire basculer l’impossible dans le champ des possibles. 


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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2025, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 13 SEPTEMBRE 2025

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ÉDITORIAL • 13 SEPTEMBRE 2025

Longtemps sujet tabou, la pratique de l’encrage corporel s’est peu à peu démocratisée, tant et si bien qu’elle a aujourd’hui la cote chez les 18 à 35 ans. L’Italie, où le tatouage habille le corps de près de 48% de la population, mène la course en tête. Aux USA, une personne sur 3 est tatouée et en France une personne sur 5. Après le piercing ou perçage, il s’agit de la deuxième forme de modification corporelle la plus populaire au monde. Longtemps réservés à des groupes marginaux et marginalisés, les tatouages, popularisés tant par les influenceurs et les célébrités que par les athlètes, sont devenus une pratique artistique à part entière. Des personnes issues de toutes les classes sociales et de tous les horizons professionnels se laissent tenter par un dessin ou une inscription sur la peau. D’aucuns sont même tatoués de la tête aux pieds, sans aucune trace de peau apparente. À l’encre noire ou à l’encre de couleur, esthétique, symbolique ou thérapeutique, discret ou imposant, chacun peut opter pour le tatouage qui lui correspond. À l’instar de la jeune femme qui figure sur l’estampe de Peter Blake, s’il n’y a pas si longtemps, les détenteurs d’une inscription indélébile la cachaient à l’abri des regards, ils l’arborent aujourd’hui fièrement.

Reconnaissable entre mille par son coloris vert vif et lumineux, le matcha a plus que jamais le vent en poupe. Poudre de thé millénaire, née en Chine et importée au Japon au 15ème siècle, le matcha, produit noble s’il en est, est devenu, en l’espace de quelques années, un produit de consommation de masse. Particulièrement apprécié pour ses vertus antioxydantes, la popularité de cette icône des réseaux sociaux donne le tournis et les producteurs ont de plus en plus de mal à suivre la cadence. La juxtaposition des couleurs dans le tableau de Maura Segal évoque l’harmonie des saveurs qui éveille les papilles gustatives des amateurs de matcha latte.


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Zoé Schreiber

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ÉDITORIAL • 12 JUILLET 2025

Au lendemain du mois de juin le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, les incendies monstres qui sévissent d’ores et déjà de part et d’autre du Vieux Continent laissent présager un été de tous les dangers. Vagues de chaleur et températures "extrêmes", sécheresse et vents violents créent un terreau propice aux départs de feu. Après l’île de Crète en Grèce, la Turquie et le nord-est de l’Espagne, c’est le sud-est de l’Allemagne et le sud de la France qui ont dû parer au plus urgent pour fixer les incendies. Des milliers d’hectares de végétation ont été ravagés par les brasiers qui se sont invités jusqu’aux portes des villes d’Athènes, de Narbonne et de Marseille et ont entraîné des évacuations d’urgence… Il convient de rappeler, à toutes fins utiles, qu’en raison du dérèglement climatique, le continent européen est, au niveau planétaire, le continent qui enregistre la hausse des températures moyennes la plus élevée. Dans ce contexte de surchauffe, la part du territoire exposée au risque d’incendies augmente d’année en année. Une conjoncture qui impose la plus grande vigilance dans la mesure où, comme le laisse deviner l'oeuvre de Robert Whitman, il suffit parfois d’une étincelle pour attiser les flammes.

Emblématique de l’été, adoubé par les artistes, le tournesol, fleur solaire s’il en est, est souvent associé à l’astre lumineux en raison de sa couronne de pétales d’un jaune éclatant. Icône des beaux jours, il suit dans les champs la course du soleil et renvoie, à l’instar du bouquet dépeint par March Avery, une image de joie de vivre et d’optimisme.


Bel été à vous qui avez pris le large, bel été à vous pour qui l’ailleurs est ici. Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 5 JUILLET 2025

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ÉDITORIAL • 5 JUILLET 2025

Particulièrement intense et précoce, une vague de chaleur a déferlé cette semaine sur le Vieux Continent. De Paris à Madrid en passant par Bruxelles et Berlin, les métropoles européennes se sont transformées en véritables fournaises. Le mercure s’est affolé et les près de 40 degrés enregistrés dans la Ville Lumière, les 25 degrés relevés à la surface de la mer Méditerranée et les températures positives observées au sommet du Mont Blanc, lui ont fait tutoyer de nouveaux records. Par endroits, le thermomètre a dépassé de plus de 15°C les températures saisonnières normales et la quête de fraîcheur était sur toutes les lèvres. Force est de constater qu’en zones jadis tempérées, la précarité énergétique a toujours été axée autour de la problématique du froid. Adapter les logements aux fortes chaleurs et protéger les occupants est devenu aujourd’hui un enjeu de taille dans la mesure où les épisodes caniculaires prolongés mettent en danger la santé humaine. L’adaptation de l’architecture urbaine et des logements doit de ce fait être repensée de manière durable pour répondre au changement climatique. Réalisée à partir de stores suspendus, l’installation monumentale de Haegue Yang évoque la dichotomie entre ombre et lumière, chaleur et fraîcheur.

Importés d’Asie à la Renaissance, les éventails allient savoir-faire artisanal et création artistique. Accessoires de mode chargés d’histoire et de symboles, ils ont traversé les époques. Un temps tombés en désuétude, ils s’invitent aujourd’hui dans toutes les mains et ont le vent en poupe dès que grimpent les températures. On se plait à imaginer la fluidité et la grâce du mouvement des protagonistes du tableau de Walasse Ting.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 28 JUIN 2025

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ÉDITORIAL • 28 JUIN 2025

L’observation des étoiles et des corps célestes est l’un des socles sur lequel repose l’astronomie et le perfectionnement des instruments d’optique constitue, hier comme aujourd’hui, l’un des principaux leviers du savoir. Cette semaine, la précision des images révélées par le nouveau télescope de l’Observatoire Vera Rubin a mis la communauté scientifique en émoi. Si le télescope spatial James Webb sonde et décrypte, depuis son lancement en 2021, les confins de l’univers et révèle les galaxies formées peu après le Big Bang, le télescope Rubin est un télescope terrestre qui balaye le ciel nocturne et capture les champs stellaires. Installé à plus de 2 600 mètres d’altitude, sous le ciel immaculé du désert d’Atacama au Chili, il est doté de la plus grande camera numérique jamais construite et devrait permettre aux astronomes de cartographier avec précision l’intégralité du ciel austral et de mieux comprendre la structure du cosmos et des objets qui le peuplent. La photographie du télescope à rayons X du CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire) immortalisée par Thomas Struth laisse deviner la complexité des outils de pointe qui font avancer la science.

D’abord soupçonné d’avoir une chance de percuter la Terre en 2032, l’astéroïde qui avait fait parler de lui en début d’année revient sur le devant de la scène. Si le spectre d’une collision avec la planète bleue a entre-temps été écarté, selon de nouveaux calculs, sa trajectoire menace désormais de percuter la Lune. Si le risque, estimé à 4,3%, reste infime, il n’en demeure pas moins potentiel et sera dès lors suivi de près. L’étude des probabilités permet de conjurer l’incertitude et de mesurer, comme le suggère en filigrane le tableau de Victor Vasarely, l’interstice entre le possible et l’impossible.

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Zoé Schreiber

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