NEWSLETTER • 14 FEBRUARY 2026

ÉDITORIAL • 14 FÉVRIER 2026

Les JO d’hiver de Milan Cortina 2026 battent leur plein depuis plus d’une semaine. Afin de limiter l’impact sur l’environnement et ré-utiliser des infrastructures sportives existantes plutôt que de construire des équipements neufs, les organisateurs ont misé sur la fragmentation des sites de compétition. Se déroulant des Dolomites à la plaine du Pô, en passant par la Vénétie, les sites sont au nombre de sept répartis sur un périmètre de 22 000 km2. Il s’agit à ce titre des jeux les plus éparpillés de l’histoire olympique. Qui dit JO dit arrivée massive des différentes délégations, athlètes et staffs compris, des medias et des correspondants étrangers et des spectateurs et des supporters dans les villes et les villages hôtes. Il va sans dire que les défis logistiques posés par les sites éclatés sont énormes. Bien que la priorité soit donnée à l’accès et à la gestion de la mobilité entre des lieux éloignés (420 km séparent en effet Milan de Cortina), transporter sans accroc des centaines de milliers de visiteurs et d’athlètes n’est pas une mince affaire. Si le tableau de Carlos Santiago exagère l’éventualité d’embouteillages sur les routes, il n’en demeure pas moins que les spectateurs et les observateurs des Jeux devront continuer à s’armer de patience pour effectuer leurs déplacements.

Le salto arrière avec atterrissage sur un patin a été interdit en compétition officielle pendant 48 ans parce que jugé trop dangereux et incompatible avec les règles du patinage artistique. Pour rendre le sport plus attractif et plus accessible aux jeunes spectateurs, il a été ré-autorisé en 2024 et vient de faire son grand retour sur la glace olympique. Si c’est bien le patineur américain Ilia Malinin qui l’a remis à l’honneur lors de sa prestation, il convient de rappeler que c’est une athlète tricolore du nom de Surya Bonaly qui, aux JO de Nagano en 1998, a été la première à réussir cette figure. Pénalisée à l’époque pour avoir enfreint les règles, l’infraction d’hier attire aujourd'hui les louanges du jury. Pour paraphraser l’oeuvre d’Ed Ruscha, “hier c’était hier, aujourd’hui c’est aujourd’hui”, preuve s’il en est que, dans le sport comme dans la vie, c’est grâce à l’audace de celles et ceux qui ont le courage de repousser les limites du possible que les mentalités évoluent.

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Zoé Schreiber

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