ÉDITORIAL • 18 AVRIL 2026
Si depuis le blocage du détroit d’Ormuz l’acheminement du pétrole a occupé à juste titre tous les esprits, la vulnérabilité des infrastructures hydrauliques des pays du Golfe persique a été moins médiatisée. L’eau constitue pourtant un enjeu majeur pour leurs économies. Le Golfe dépend en effet des usines de dessalement pour sa survie. Ainsi, 70% de l’eau potable de l’Arabie saoudite provient de ces installations et cette part peut atteindre 90% au Koweït. Ces “royaumes d’eau salée” font tourner 400 usines qui pompent l’eau de la mer, une prouesse technologique qui a non seulement permis le développement de l’industrie pétrolière mais aussi de l’urbanisation. L’eau dessalée s’impose désormais comme l'actif le plus stratégique après les hydrocarbures. Si une des grandes usines de dessalement devait être prise pour cible et cesser de fonctionner, les gouvernements pourraient être obligés de rationner l’eau dans l’urgence, privant de ce fait en quelques jours des millions d’habitants. La production alimentaire et de biens, les hôpitaux et les réseaux d’évacuation des eaux usées seraient tous touchés simultanément. Une rupture de l’approvisionnement pourrait rapidement transformer un conflit régional en crise humanitaire. Le tableau de Paul Resika illustre l’irrésistible attrait de l’or bleu, ressource à la fois vitale et rare.
Situé à proximité de Paris et considéré par d’aucuns comme l’un des plus beaux jardins au monde, le jardin de Claude Monet à Giverny offre, depuis sa réouverture saisonnière le 1er avril dernier et pour le plus grand bonheur des visiteurs, un magnifique panorama fleuri. Prise in situ, la photographie de Elger Esser rend compte de la fascination intemporelle que suscite cet écrin de verdure cent ans après la disparition du célèbre peintre impressionniste.
Restez curieux et bonne lecture!
Zoé Schreiber
