Le Vieux continent traverse actuellement une zone d’intenses turbulences. Sur fond de baisse du pouvoir d’achat et de crise pétrolière, de l’Albanie au Portugal, à l’Espagne et à l’Italie, en passant par la Belgique, un vent de colère gronde. En France, la mobilisation lycéenne de la mi-septembre s’est progressivement étendue et a entraîné dans son sillage une contestation sociale nationale. Le 17 octobre dernier, des centaines de milliers de manifestants sont descendus dans la rue pour manifester contre la vie chère et en soutien au mouvement des lycéens. En marge de ces manifestations d’une ampleur inédite, des casseurs masqués ont semé le chaos et les scènes de violences urbaines concomitantes ont marqué les esprits et suscité la sidération. Mobilier urbain démoli, incendies, magasins détruits et pillés, voitures, vélos, camions et engins de chantier carbonisés, attaques de mairies et de préfectures… Ces incidents ont occulté la mobilisation populaire pacifique qui entendait remettre les questions sociales au centre de l’actualité. À l’aune de nouvelles mobilisations prévues aujourd’hui même, la vigilance reste plus que jamais de mise. Les triangles et les quadrilatères qui s’entrechoquent dans le tableau de Brooklin A. Soumahoro évoquent de façon subliminale des éclats de verre et mettent en exergue tant la fragmentation que la volatilité.
Les feuilles mortes ne se ramassent pas encore à la pelle mais les arbres se parent lentement mais sûrement de leur joli manteau d’automne. Comme il est de coutume en cette saison, la sénescence induit un changement de couleur des feuilles. Ces dernières troquent le vert de l’été pour des coloris aux reflets mordorés. Tel un caméléon, le petit crapaud dépeint par Stephen Bron se fond parfaitement dans les tons du tapis de feuilles mortes qui jonche d’ores et déjà les sous-bois.
Restez curieux et bonne lecture!
Zoé Schreiber
