ÉDITORIAL • 20 JUIN 2026
Trait d’union entre la rive gauche et la rive droite, à mi-chemin entre la Tour Eiffel et Notre-Dame, le doyen des ponts parisiens qui n’a de neuf que le nom est, 41 ans après avoir été empaqueté par le duo d’artistes Christo et Jeanne-Claude, à nouveau, le théâtre d’une installation artistique hors norme. En hommage à ses prédécesseurs, l’artiste contemporain, photographe et réalisateur français JR vient en effet de transformer le Pont-Neuf en gigantesque caverne éphémère suspendue au-dessus de la Seine. Si l’inauguration de l’ouvrage a été retardée de dix jours en raison des dégâts causés par un violent orage, les curieux peuvent désormais admirer sous un nouveau jour, et ce jusqu’au 28 juin prochain, ce monument classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Qu’elle se traverse de l’intérieur de la grotte longue de 120 mètres ou qu’elle s’observe à distance des quais ou d’un pont mitoyen, la toile gonflable de La Caverne du Pont Neuf s’inspire des carrières dont furent extraites les pierres du plus ancien pont de Paris. En chamboulant nos repères et en réenchantant notre quotidien, elle témoigne du pouvoir de l’art dans l’espace public. Elle atteste aussi de la façon dont les artistes s’inspirent les uns des autres et du comment, des années après, les oeuvres de leurs aînés continuent de façonner l’imaginaire.
L’empire du Milieu a été le premier pays à annoncer avoir complètement repensé le cursus de ses universités. Considérés comme obsolètes à l’ère de l’intelligence artificielle, plus de 12 000 programmes universitaires ont été supprimés ces dernières années au profit de filières technologiques. Les domaines des humanités, des arts, des langues étrangères et du management ont été les plus impactés par ces mesures. Comme le suggère en filigrane le robot mis en scène par Les Krims, l’automatisation croissante de pans entiers de l’économie fait indéniablement évoluer les rapports entre l’homme et la machine.
Restez curieux et bonne lecture!
Zoé Schreiber
