NEWSLETTER • 28 MARCH 2026

ÉDITORIAL • 28 MARS 2026

Depuis un mois, l’impact de la flambée des prix du carburant se répand lentement mais sûrement à d’autres secteurs de l’économie. Si la hausse des prix s’est immédiatement fait ressentir à la pompe, les tensions au Moyen-Orient laissent présager, à plus ou moins court terme, des risques de pénurie sur de nombreux produits dont la production et l’acheminement dépendent du gaz et du pétrole. À ce titre, le blocage des navires dans le détroit d’Ormuz pourrait gréver de façon inattendue la facture du panier de nos courses. Les difficultés d’approvisionnement et l’augmentation du coût des matières premières nécessaires à la fabrication des emballages alimentaires et des produits composés de plastique risquent en effet de contraindre les entreprises à répercuter leur manque à gagner sur les prix de vente. Or, les emballages en plastique font encore et toujours, et ce malgré les tentatives de limiter leur utilisation, partie intégrante de notre quotidien. Le plastique est omniprésent, des bouteilles d'eau aux produits ménagers, en passant par les fruits et légumes. Tous ces produits pourraient bientôt coûter plus cher aux consommateurs. On se plait toutefois à espérer que la dégustation du ravier de raisins dépeint par Sydney Licht ne laissera pas en bouche un arrière-goût trop amer.

Depuis cinquante ans et trois semaines après le continent américain, le Vieux continent passe fin mars de l’heure d’hiver à l’heure d’été. Instauré en Europe à la suite du choc pétrolier de 1973, la raison d’être du changement d’heure a depuis souvent été remise en question. Bien que les bienfaits de ce rituel soient contestés et qu’il ne séduise plus vraiment, il n’en demeure pas moins que cette nuit sera plus courte et que les jours seront à nouveau plus longs à compter de demain. À toutes fins utiles, le cadran de Katherine Bernhardt nous rappelle de veiller à avancer d’une heure le tic tac de nos montres et de nos horloges analogiques.

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2026, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 20 AOÛT 2022

ÉDITORIAL • 20 AOÛT 2022

La pizza à l’ananas? C’est plié, ce sera sans eux… Implantée en Italie depuis 2015, une célèbre chaîne américaine a été contrainte de jeter l’éponge faute de clients. Les menus proposés n’ont pas eu le résultat escompté et les habitants de la péninsule ne se sont ni bousculés au portillon ni pourléchés les babines… En outre, la crise sanitaire et, par effet domino, la généralisation des services de livraisons à domicile, ont exacerbé la concurrence et contribué à la déroute de l’enseigne. Dès la levée des restrictions et la possibilité d’enfin pouvoir s’aventurer hors des murs de leurs logis, les italiens ont plébiscité les pizzerias locales et renoué avec les emblématiques Margherita, Napoli, Marinara et autres… La forme ronde de l’œuvre de Claude Viallat rappelle de façon subliminale celle d’une pizza cuite au feu de bois. L’envie nous prend presque de nous en couper nous aussi une part.

Rien de plus banal que de voir un fumeur jeter son mégot de cigarette sur un trottoir. Pourtant, pour reprendre le slogan, si fumer tue, jeter un mégot pollue. En effet, si le tabac nuit gravement à la santé humaine, il nuit aussi gravement à la santé de la planète. Contrairement aux idées reçues, les mégots ne sont pas biodégradables. Les mégots et plus précisément les composants toxiques et chimiques des filtres de cigarettes sont, avant même les pailles et les sacs en plastique, les premiers agents polluants des océans. Qu’on le veuille ou non, un mégot jeté au bord d'un trottoir, finira un jour ou l’autre sa route dans le caniveau avant de la poursuivre dans une rivière qui se déversera, à son tour, dans la mer et l’océan. Fumeur ou non, on ne peut s’empêcher de penser, en contemplant les cigarettes allumées qui figurent sur le tableau de Katherine Bernhardt, que le meilleur déchet est peut-être celui que l’on ne produit pas…

Bel été à vous qui avez pris le large, bel été à vous pour qui l’ailleurs est ici. Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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