NEWSLETTER • 17 OCTOBRE 2026

En début de semaine, des cyberattaques en série ont complètement neutralisé les systèmes de régulation du froid dans les réfrigérateurs de centaines de supermarchés français. Sans crier gare, les pirates informatiques ont exploité les failles du logiciel pour modifier les paramètres de dégivrage et faire drastiquement grimper la température des installations frigorifiques. L’ampleur des pertes est colossale. Les magasins ont été contraints et forcés de mettre à la benne toutes les denrées stockées dans les frigidaires et les congélateurs connectés à internet. En brisant la chaîne du froid, le mode opératoire des assaillants a mis en lumière la vulnérabilité d’une infrastructure critique s’il en est. La résilience des chaînes d’approvisionnement alimentaire repose en effet sur la capacité à conserver les denrées périssables en-dessous d’une certaine température. Détournés de leurs fonction, les thermostats se sont transformés en catalyseur de dépérissement… À l’heure où l’essor de intelligence artificielle peut contribuer à étendre la force de frappe d’acteurs malveillants, l’incident fait froid dans le dos. Il démontre, comme le suggère en filigrane le collage de Michael Desutter, qu’un maillon faible suffit pour compromettre la cybersécurité.

La menace numérique ne se cantonne pas à la France, tant s’en faut. Une vague de piratages informatiques déferle également sur le Japon et la Corée du Sud. Pour parer au plus urgent, le pays du Soleil Levant a d’ailleurs décrété l’état d’urgence cyber. Plus de vingt entreprises, tous secteurs d’activité confondus, ont été frappées laissant planer le spectre de fuites de données massives. Vertigineux, l’enchevêtrement de lignes que nous donne à voir Paolo Cavinato dépeint un espace architectural imaginaire pour ne pas dire virtuel et nous rappelle que toute cyberattaque constitue une forme d’intrusion.

Restez curieux et bonne lecture!

Zoé Schreiber

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