NEWSLETTER • 11 OCTOBRE 2025

ÉDITORIAL • 11 OCTOBRE 2025

Mot-valise créé grâce au télescopage des mots “instantané” et “télégramme”, Instagram a fait son apparition il y a tout juste 15 ans. Au fil des mises à jour, l’application mobile à l’icône en forme de caméra est progressivement devenue incontournable et anime aujourd'hui les écrans de plus de 2 milliards d’utilisateurs à l'échelle mondiale. Rachetée en 2012 par un des géants des réseaux sociaux, elle a révolutionné notre rapport à l’image. Associée au départ au format carré et aux filtres photo rétro, on y trouve aujourd’hui en sus des vidéos, une messagerie et des publications éphémères. Espace d’échange et de sociabilité, la plateforme a rapidement dépassé les confins de la sphère amicale. La personnalisation du fil d’actualité, avec l’introduction en 2016 d’un algorithme de recommandation, a contribué à propulser le monde de l’influence. Les créateurs de contenu règnent en maître et la mise en scène de leur quotidien brouille les pistes entre marketing et divertissement. Bien que dépourvue d’images, la grille tracée par Eugenio Espinoza évoque de façon subliminale les prémisses de la mosaïque numérique propre à l’appli.

La primatologue britannique Jane Goodall a tiré sa révérence le premier octobre dernier à l’âge de 91 ans. Surnommée “la femme chimpanzé”, elle a consacré une grande partie de sa vie à l’observation du comportement animal et a milité pour la protection des grands singes et pour la préservation de leurs habitats naturels. Ses recherches ont révolutionné notre compréhension du rapport des hommes aux animaux et ont permis de comprendre que ces-derniers ne sont pas seulement sensibles mais aussi intelligents. La constellation de Bobbie Moline-Kramer frôle l’abstraction mais, à y regarder de plus près, deux visages se détachent du fond bleu du tableau, le sien et celui d’un chimpanzé dont elle avait gagné la confiance.


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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 4 OCTOBRE 2025

ÉDITORIAL • 4 OCTOBRE 2025

Secteur stratégique s’il en est, l’industrie pharmaceutique européenne est à nouveau sur la sellette. Le spectre de droits de douane de 100% sur les médicaments de marque ou brevetés produits en dehors des États-Unis a suscité l’inquiétude des professionnels du secteur cette semaine. La menace brandie par le locataire de la Maison Blanche ne devrait toutefois pas impacter l’Union européenne dans la mesure où l’accord commercial signé en août dernier stipule que les exportations européennes en général et les médicaments en particulier ne peuvent être taxées au-delà de 15%. Si elle était appliquée, cette surtaxe affecterait sérieusement l’économie dans la mesure où des droits de douane sur les produits pharmaceutiques entraîneraient immanquablement une hausse des prix. Cette stratégie ouvertement protectionniste risquerait non seulement de raviver les tensions économiques mondiales mais aussi d’entraîner des pénuries, d’entraver l'accès des patients aux soins et de créer des obstacles à la recherche et au développement à l'échelle globale. Comme le rappelle en filigrane l’installation de Damien Hirst, les médicaments sont cruciaux pour la société dans la mesure où ils améliorent la qualité de vie, prolongent l'espérance de vie et préviennent les maladies. 

Depuis le 22 septembre dernier, l’automne a officiellement frappé à nos portes. Au moment de l’équinoxe, le jour et la nuit ont duré exactement le même nombre d’heures. Depuis, les journées sont et deviendront au fil du temps plus courtes et les nuits plus longues. Si la baisse de luminosité est, comme en témoigne le tableau de Jess Allen, incontestable, on se plait à espérer que l’été n’a pas encore dit son dernier mot et que nous profiterons à tout le moins d’un bel été indien.  


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NEWSLETTER • 27 SEPTEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 27 SEPTEMBRE 2025

Chaque 21 septembre, la journée mondiale de la maladie d’Alzheimer rappelle le lourd tribut que doivent payer non seulement les malades atteints de cette pathologie mais aussi leur entourage. Trous de mémoire, désorientation, difficultés à se concentrer et à accomplir les tâches du quotidien sont souvent les signes avant-coureurs de cette maladie dégénérative à ce jour incurable. Ces troubles du comportement affectent le langage, la coordination et le raisonnement et plongent le patient dans une temporalité qui l’isole et modifie son rapport au monde et aux autres. Communément associé à la vieillesse, ce déclin cognitif ne touche pourtant pas uniquement nos aînés. Dans 5 à 10% des cas, des symptômes précoces peuvent se déclarer avant 65 ans voire même avant 50 ans et entraîner une perte progressive d’autonomie. Si les causes de cette forme de démence restent à ce jour nébuleuses, certains facteurs génétiques, des facteurs liés à l’environnement, au manque de sommeil ou encore à l’isolement social sont pointés du doigt. Le “puzzle" aux pièces manquantes qu’Esther Stocker offre à notre regard évoque la porosité de la mémoire qu’engendre inéluctablement la maladie.

Depuis sa création au XIème siècle, la Tapisserie de Bayeux suscite l’émerveillement. Minutieusement brodée au fil de laine sur une toile de lin de près de 70 mètres de long, elle relate, à grand renfort de personnages, d’animaux, de navires et de forteresses, l’épopée de Guillaume le Conquérant, duc de Normandie devenu en 1066, à l’issue de la bataille d’Hastings, roi d’Angleterre. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la broderie n’a été déplacée qu’à deux reprises dans son histoire. Afin de permettre la rénovation du musée qui l’abrite, elle est en passe d’effectuer son troisième voyage et son premier voyage hors de l’Hexagone. Bien que ce voyage suscite, en raison de la fragilité des fibres textiles, l’inquiétude des experts, la tapisserie devrait prendre ses quartiers pour une durée d’un an au British Museum à l’automne 2026. Inspirée par la palette chromatique de cette fresque épique, l’oeuvre de Carla Accardi propose une relecture abstraite de ce chef-d’oeuvre de l’art médiéval. 


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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 20 SEPTEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 20 SEPTEMBRE 2025

L’obésité pèse sur la santé mondiale. Selon le tout dernier rapport publié par l’Unicef début septembre, cette forme de malnutrition devance et ce pour la toute première fois, l’insuffisance pondérale chez les enfants et les adolescents. Reconnue par l’OMS comme maladie chronique depuis 1997, l’obésité concerne aujourd’hui un enfant sur 10 et un enfant sur 5 est en situation de surpoids, un taux qui a plus que doublé depuis l'an 2000 dans les pays à faibles et à moyens revenus. Si l’essor de la sédentarité joue un role certain, l’abandon des régimes alimentaires traditionnels et la généralisation d’aliments ultratransformés à travers le monde est aussi en cause. Addictifs et faibles en nutriments, les aliments proposés par les fast-foods, les petits en-cas riches en sel, en sucre et en matières grasses et les boissons sucrées envahissent les écrans publicitaires et supplantent bien souvent les fruits et légumes dans les assiettes et les cartables. Comme en atteste l’oeuvre de Jani Leinonen, avec leurs couleurs alléchantes et leurs personnages ludiques, le pouvoir de persuasion des emballages façonne les appétits des petits et rend la malbouffe plus que jamais irrésistible. 

Après les Jeux olympiques d’été de Paris 2024, c’est le pays du Soleil Levant qui est devenu la semaine dernière, en accueillant les 20èmes Championnats du monde d’athlétisme, l’épicentre sportif mondial. Du 13 au 21 septembre, les compétitions ont permis au plus de 2000 athlètes qui ont convergé vers le stade national de Tokyo de dépasser leurs limites. À ce titre, la performance du champion de monde du saut à la perche en a laissé plus d’un pantois. L’athlète suédois a non seulement amélioré son record personnel mais aussi pulvérisé le record du monde en franchissant la barre des 6,30 mètres, soit une hauteur comparable à celle du deuxième étage de l’immeuble dépeint par Roger Herman. La prouesse du “suédois volant” illustre si besoin est la capacité du sport de haut niveau à faire basculer l’impossible dans le champ des possibles. 


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NEWSLETTER • 13 SEPTEMBRE 2025

ÉDITORIAL • 13 SEPTEMBRE 2025

Longtemps sujet tabou, la pratique de l’encrage corporel s’est peu à peu démocratisée, tant et si bien qu’elle a aujourd’hui la cote chez les 18 à 35 ans. L’Italie, où le tatouage habille le corps de près de 48% de la population, mène la course en tête. Aux USA, une personne sur 3 est tatouée et en France une personne sur 5. Après le piercing ou perçage, il s’agit de la deuxième forme de modification corporelle la plus populaire au monde. Longtemps réservés à des groupes marginaux et marginalisés, les tatouages, popularisés tant par les influenceurs et les célébrités que par les athlètes, sont devenus une pratique artistique à part entière. Des personnes issues de toutes les classes sociales et de tous les horizons professionnels se laissent tenter par un dessin ou une inscription sur la peau. D’aucuns sont même tatoués de la tête aux pieds, sans aucune trace de peau apparente. À l’encre noire ou à l’encre de couleur, esthétique, symbolique ou thérapeutique, discret ou imposant, chacun peut opter pour le tatouage qui lui correspond. À l’instar de la jeune femme qui figure sur l’estampe de Peter Blake, s’il n’y a pas si longtemps, les détenteurs d’une inscription indélébile la cachaient à l’abri des regards, ils l’arborent aujourd’hui fièrement.

Reconnaissable entre mille par son coloris vert vif et lumineux, le matcha a plus que jamais le vent en poupe. Poudre de thé millénaire, née en Chine et importée au Japon au 15ème siècle, le matcha, produit noble s’il en est, est devenu, en l’espace de quelques années, un produit de consommation de masse. Particulièrement apprécié pour ses vertus antioxydantes, la popularité de cette icône des réseaux sociaux donne le tournis et les producteurs ont de plus en plus de mal à suivre la cadence. La juxtaposition des couleurs dans le tableau de Maura Segal évoque l’harmonie des saveurs qui éveille les papilles gustatives des amateurs de matcha latte.


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Zoé Schreiber

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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 6 SEPTEMBRE 2025

REGARDS CROISÉS • 6 SEPTEMBRE 2025

Avant de reprendre les bonnes habitudes, prolongeons encore un peu l’ambiance estivale!

Après les petits, c’est l’ensemble de la société qui se remet sur les rails. Quel que soit le secteur d’activité, la reprise s’accompagne de rendez-vous plus ou moins balisés.

〰️  Qui dit rentrée politique dit souvent prélude à des turbulences… Comme le sous-entend l’échiquier de Victor Vasarely, entre jeux de pouvoir et conflits, les différents partis s’évertuent à bien placer leurs pions.

〰️  Capables d’accueillir des centaines d’étudiants, les amphithéâtres sont, à l’instar de celui immortalisé par Willy Ronis, associés à la rentrée universitaire.

〰️  Les piles de livres dépeintes par Thomas Hartmann laissent présager une rentrée littéraire foisonnante.

〰️  À l’aune du coup d’envoi de la rentrée des galeries, le tableau d’Alex Katz traduit l’effervescence d’un vernissage où amateurs d’art et collectionneurs se retrouvent pour admirer les oeuvres exposées aux cimaises et échanger les dernières nouvelles.


Bel été à vous qui avez pris le large, bel été à vous pour qui l’ailleurs est ici. Restez curieux et bonne lecture!


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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 30 AOÛT 2025

REGARDS CROISÉS • 30 AOÛT 2025

Pendant la pause estivale, en lieu et place de la newsletter hebdomadaire, je vous propose, chaque samedi, une selection d’oeuvres autour d’un thème résumé sous forme d'émoji. L’occasion de recharger mes batteries tout en vous invitant à découvrir ou redécouvrir oeuvres et artistes! 

Septembre est à nos portes et, telle une ritournelle, la cloche a sonné, c’est la rentrée!

〰️  Comme le suggèrent les règles graduées multicolores qui composent l’installation de Jac Leirner, le retour à l’école s’accompagne souvent d’une liste plus ou moins exhaustive de fournitures scolaires. 

〰️  Les chaises empilées les unes sur les autres dans la salle de classe immortalisée par Allison V. Smith s’apprêtent à reprendre du service et à accueillir à nouveau les élèves.

〰️  Les chiffres qui figurent sur le tableau à craie de Mel Bochner rappellent que "tout problème appelle une solution."

〰️  Qui dit école dit apprentissage certes mais aussi, comme l’évoque l'oeuvre de John Maitland, effervescence des retrouvailles dans la cour de récréation.


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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 23 AOÛT 2025

REGARDS CROISÉS • 23 AOÛT 2025

Pendant la pause estivale, en lieu et place de la newsletter hebdomadaire, je vous propose, chaque samedi, une selection d’oeuvres autour d’un thème résumé sous forme d'émoji. L’occasion de recharger mes batteries tout en vous invitant à découvrir ou redécouvrir oeuvres et artistes! 

La fin de la période estivale est souvent synonyme de retour de vacances voire de départ pour les plus chanceux qui peuvent s’évader en dehors du calendrier scolaire. À ce titre, faisons la part belle aux différents moyens de transport!

〰️  Le tableau de Brian Nash traduit l’effervescence sur les routes et autoroutes de nos villes et de nos campagnes. 

〰️  Le dessin de Patrick Vale évoque l’attente et l’anticipation qui précède le décollage. Qui n’a pas en effet déjà donné libre cours à son imagination en attendant d’embarquer dans son avion?

〰️  Les bicyclettes accrochées au train immortalisé par Steve McCurry attendent patiemment de prendre le relais pour acheminer les voyageurs à bon port.

〰️  On se plait à imaginer que les valises dépeintes par Donald Baechler sont remplies de souvenirs!


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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 16 AOÛT 2025

REGARDS CROISÉS • 16 AOÛT 2025

Pendant la pause estivale, en lieu et place de la newsletter hebdomadaire, je vous propose, chaque samedi, une selection d’oeuvres autour d’un thème résumé sous forme d'émoji. L’occasion de recharger mes batteries tout en vous invitant à découvrir ou redécouvrir oeuvres et artistes! 

Des températures caniculaires ont embrasé nos contrées cette semaine. Le thermomètre s’est emballé et les records frôlés ont littéralement fait froid dans le dos.

〰️  En associant couleurs froides et chaudes, le dégradé chromatique que Bernard Frize offre à notre regard permet de visualiser la hausse progressive du mercure.

〰️  Intitulé Canicule, le tableau d’Otto Piene porte bien son nom et laisse deviner la chaleur presque incandescente du soleil de midi. 

〰️  On est en mesure de se demander si la route sinueuse dépeinte par Grant Haffner ne laisse pas présager des températures plus extrêmes encore à l’avenir.

〰️  À l'instar de la fraîcheur promise par une piscine sous le soleil ardent, la plage de peinture bleue qui structure la composition d'Helen Frankenthaler semble annoncer la brise salvatrice qui viendra dissiper la fournaise estivale.


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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 9 AOÛT 2025

REGARDS CROISÉS • 9 AOÛT 2025

Pendant la pause estivale, en lieu et place de la newsletter hebdomadaire, je vous propose, chaque samedi, une selection d’oeuvres autour d’un thème résumé sous forme d'émoji. L’occasion de recharger mes batteries tout en vous invitant à découvrir ou redécouvrir oeuvres et artistes! 

Quand le mercure grimpe, adapter son alimentation est un réflexe essentiel afin de rester hydraté et tenter au mieux de se rafraîchir.

〰️  C’est bien connu, par fortes chaleurs, mieux vaut miser sur des repas légers. À ce titre, salades et légumes de saison sont les vedettes de l’oeuvre de Michael Craig-Martin et de nos assiettes.

〰️ L’orange découpée en quartiers d’Erika Lee Sears est gorgée d’eau et de soleil.

〰️ Décorée avec une rondelle de citron, paille prête à l’emploi, la boisson dépeinte par Yayoi Kusama nous invite à ne pas oublier de nous désaltérer.

〰️ Le réalisme du cornet de glace qu’offre à notre regard Wayne Thiebaud titille la gourmandise des petits comme des grands.


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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 2 AOÛT 2025

REGARDS CROISÉS • 2 AOÛT 2025

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En cette période estivale, l’appel du large est, pour bon nombre d’entre nous, irresistible.

〰️ Immergés dans l’eau, les vacanciers de Sarah Morgan s’adonnent à un moment de détente et d’oisiveté.

〰️ Comme le suggère le tableau de Katherine Bradford, été rime avec jeux d’eau et, à ce titre, les bouées gonflables ont la cote et nous permettent de nous divertir et de passer de bons moment en famille ou entre amis.

〰️ À l’instar des enfants dépeints par Ekua Holmes, construire un château de sable sur la plage reste un classique indémodable.

〰️ À défaut du littoral, le lac qu’offre à notre regard Isca Greenfield-Sanders fera aussi l’affaire pour des vacances les pieds dans l’eau!


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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 26 JUILLET 2025

REGARDS CROISÉS • 26 JUILLET 2025

Pendant la pause estivale, en lieu et place de la newsletter hebdomadaire, je vous propose, chaque samedi, une selection d’oeuvres autour d’un thème résumé sous forme d'émoji. L’occasion de recharger mes batteries tout en vous invitant à découvrir ou redécouvrir oeuvres et artistes! 

Amis de toujours ou acquisitions récentes, les animaux domestiques font partie intégrante de la famille. Si les emmener en vacances relève parfois du défi, planifier à l’avance leur bien-être estival (chez une famille d’accueil, en pension, ou encore auprès de pet-sitters) s’impose.

〰️ Grand amateur de teckels, David Hockney n’a eu de cesse de peindre Stanley et Boodgie, ses meilleurs amis canins.

〰️ En contemplant le portrait que Andy Warhol a esquissé de son compagnon félin, nous vient à l’esprit la maxime selon laquelle "on ne possède pas un chat, c’est lui qui vous possède…"

〰️ Le lapin malin qui se détache du fond rose shocking du tableau de Paula Urzica harponne notre regard.

〰️ Le poisson rouge de David Shrigley nous enjoint à profiter de l’instant présent et à nous approprier l’adage: carpe diem!


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REGARDS CROISÉS / INTERSECTING GAZES • 19 JUILLET 2025

REGARDS CROISÉS • 19 JUILLET 2025

Pendant la pause estivale, en lieu et place de la newsletter hebdomadaire, je vous propose, chaque samedi, une selection d’oeuvres autour d’un thème résumé sous forme d'émoji. L’occasion de recharger mes batteries tout en vous invitant à découvrir ou redécouvrir oeuvres et artistes! 

Chaque année, le mois de septembre et la fin de l’été sont placés sous le signe de la rentrée littéraire.

〰️ Confectionné à partir de branches et de brindilles, le passage de Cornelia Konrads nous invite poétiquement à franchir un seuil.

〰️ Que ce soit dans un parc ou dans les bois, les arbres, piliers majestueux, s’élancent vers le ciel, témoins, à l’instar de ceux dépeints par Nicolas Party,  des saisons qui passent.

〰️ L’ombre projetée tracée par Sophie Whettnall évoque le mot japonais “komorebi” qui désigne le jeu d’ombre et de lumière créé par les rayons de soleil qui percent la canopée.

〰️ Comme le suggère le tableau de Tetyana Yablonska les espaces verts, points de rencontre, sont des lieux propices au jeu et à la socialisation. 


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NEWSLETTER • 12 JUILLET 2025

ÉDITORIAL • 12 JUILLET 2025

Au lendemain du mois de juin le plus chaud jamais enregistré en Europe occidentale, les incendies monstres qui sévissent d’ores et déjà de part et d’autre du Vieux Continent laissent présager un été de tous les dangers. Vagues de chaleur et températures "extrêmes", sécheresse et vents violents créent un terreau propice aux départs de feu. Après l’île de Crète en Grèce, la Turquie et le nord-est de l’Espagne, c’est le sud-est de l’Allemagne et le sud de la France qui ont dû parer au plus urgent pour fixer les incendies. Des milliers d’hectares de végétation ont été ravagés par les brasiers qui se sont invités jusqu’aux portes des villes d’Athènes, de Narbonne et de Marseille et ont entraîné des évacuations d’urgence… Il convient de rappeler, à toutes fins utiles, qu’en raison du dérèglement climatique, le continent européen est, au niveau planétaire, le continent qui enregistre la hausse des températures moyennes la plus élevée. Dans ce contexte de surchauffe, la part du territoire exposée au risque d’incendies augmente d’année en année. Une conjoncture qui impose la plus grande vigilance dans la mesure où, comme le laisse deviner l'oeuvre de Robert Whitman, il suffit parfois d’une étincelle pour attiser les flammes.

Emblématique de l’été, adoubé par les artistes, le tournesol, fleur solaire s’il en est, est souvent associé à l’astre lumineux en raison de sa couronne de pétales d’un jaune éclatant. Icône des beaux jours, il suit dans les champs la course du soleil et renvoie, à l’instar du bouquet dépeint par March Avery, une image de joie de vivre et d’optimisme.


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NEWSLETTER • 5 JUILLET 2025

ÉDITORIAL • 5 JUILLET 2025

Particulièrement intense et précoce, une vague de chaleur a déferlé cette semaine sur le Vieux Continent. De Paris à Madrid en passant par Bruxelles et Berlin, les métropoles européennes se sont transformées en véritables fournaises. Le mercure s’est affolé et les près de 40 degrés enregistrés dans la Ville Lumière, les 25 degrés relevés à la surface de la mer Méditerranée et les températures positives observées au sommet du Mont Blanc, lui ont fait tutoyer de nouveaux records. Par endroits, le thermomètre a dépassé de plus de 15°C les températures saisonnières normales et la quête de fraîcheur était sur toutes les lèvres. Force est de constater qu’en zones jadis tempérées, la précarité énergétique a toujours été axée autour de la problématique du froid. Adapter les logements aux fortes chaleurs et protéger les occupants est devenu aujourd’hui un enjeu de taille dans la mesure où les épisodes caniculaires prolongés mettent en danger la santé humaine. L’adaptation de l’architecture urbaine et des logements doit de ce fait être repensée de manière durable pour répondre au changement climatique. Réalisée à partir de stores suspendus, l’installation monumentale de Haegue Yang évoque la dichotomie entre ombre et lumière, chaleur et fraîcheur.

Importés d’Asie à la Renaissance, les éventails allient savoir-faire artisanal et création artistique. Accessoires de mode chargés d’histoire et de symboles, ils ont traversé les époques. Un temps tombés en désuétude, ils s’invitent aujourd’hui dans toutes les mains et ont le vent en poupe dès que grimpent les températures. On se plait à imaginer la fluidité et la grâce du mouvement des protagonistes du tableau de Walasse Ting.

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NEWSLETTER • 28 JUIN 2025

ÉDITORIAL • 28 JUIN 2025

L’observation des étoiles et des corps célestes est l’un des socles sur lequel repose l’astronomie et le perfectionnement des instruments d’optique constitue, hier comme aujourd’hui, l’un des principaux leviers du savoir. Cette semaine, la précision des images révélées par le nouveau télescope de l’Observatoire Vera Rubin a mis la communauté scientifique en émoi. Si le télescope spatial James Webb sonde et décrypte, depuis son lancement en 2021, les confins de l’univers et révèle les galaxies formées peu après le Big Bang, le télescope Rubin est un télescope terrestre qui balaye le ciel nocturne et capture les champs stellaires. Installé à plus de 2 600 mètres d’altitude, sous le ciel immaculé du désert d’Atacama au Chili, il est doté de la plus grande camera numérique jamais construite et devrait permettre aux astronomes de cartographier avec précision l’intégralité du ciel austral et de mieux comprendre la structure du cosmos et des objets qui le peuplent. La photographie du télescope à rayons X du CERN (Conseil européen pour la recherche nucléaire) immortalisée par Thomas Struth laisse deviner la complexité des outils de pointe qui font avancer la science.

D’abord soupçonné d’avoir une chance de percuter la Terre en 2032, l’astéroïde qui avait fait parler de lui en début d’année revient sur le devant de la scène. Si le spectre d’une collision avec la planète bleue a entre-temps été écarté, selon de nouveaux calculs, sa trajectoire menace désormais de percuter la Lune. Si le risque, estimé à 4,3%, reste infime, il n’en demeure pas moins potentiel et sera dès lors suivi de près. L’étude des probabilités permet de conjurer l’incertitude et de mesurer, comme le suggère en filigrane le tableau de Victor Vasarely, l’interstice entre le possible et l’impossible.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 21 JUIN 2025

ÉDITORIAL • 20 JUIN 2025

Il y a trois semaines, l’éboulement d’un glacier a suscité choc et sidération dans les Alpes suisses. Prévenus de l’instabilité croissante du terrain, les 300 habitants du village de Blatten avaient reçu l’ordre d’évacuer les lieux et c’est en spectateurs impuissants qu’ils ont assisté au scénario du pire. Dans un immense nuage de poussière, des tonnes de glace et de roche ont déferlé vers la vallée, enseveli la plupart de leurs maisons qui ont ensuite été englouties par les eaux de la rivière adjacente… Si cet éboulement aussi massif que spectaculaire fait encore aujourd’hui figure exception, il constitue, à l’aune du changement climatique, un avertissement non négligeable pour les populations qui vivent à l’ombre de ces mastodontes. Les glaciers occupent 10% de la superficie du canton du Valais et, début juin, c’est une succession d’épisodes de laves torrentielles, des coulées de boues composées d’un mélange d’eau, de terre, de rochers ou d’arbres, qui ont mis les autorités en alerte et provoqué d’autres évacuations. Imprimée sur du géotextile utilisé pour recouvrir les glaciers pendant la période estivale et prévenir leur fonte, la photographie d’archive de Douglas Mandry illustre la menace sourde qui pèse sur ces paysages de carte postale que l’on croyait hier encore immuables.

Attisés par les fortes chaleurs, rafales de vent, pluies diluviennes et violents orages de grêle se sont abattus il y a quelques jours sur le nord-ouest et le sud-ouest de l’Hexagone. L’intensité des précipitations en a surpris plus d’un et la chute de grêlons de la taille de balles de ping pong a endommagé bâtiments, véhicules, cultures agricoles et vignobles. La photographie de six grêlons dans la paume d’une main que Niina Vatanen fait dialoguer avec celles d’icebergs pivotées à la verticale nous invite à méditer sur les lois de la gravité et sur les différentes formes que la glace peut revêtir.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 14 JUIN 2025

ÉDITORIAL • 14 JUIN 2025

À l’ère de la "fast fashion" et de la course aux prix les plus bas, les fibres synthétiques ont plus que jamais la cote. Moins onéreuses, elles représentent aujourd’hui 60% de la production mondiale, tant et si bien que l’industrie textile est devenue, après l’industrie de l’emballage et du bâtiment, le troisième secteur le plus friand en matières plastiques. Afin d’assouvir la soif de nouveautés des consommateurs, les grandes enseignes vestimentaires n’ont de cesse de renouveler leur offre. Polyester, nylon, lycra, élasthanne, acrylique sont privilégiés au détriment de matières plus nobles et les vêtements synthétiques s’accumulent dès lors dans nos placards. Si l’empreinte carbone engendrée par leur production est bien documentée, on ne sait pas forcément que chaque lessive que l'on fait participe à la pollution plastique de nos océans. En effet, à chaque lavage, lesdits vêtements libèrent, sous l’action du frottement et de l’essorage, des dizaines de milliers de micro particules plastiques. Non solubles et non biodégradables, ces nanoparticules poursuivent ensuite leur chemin dans les cours d’eau. L’aquarelle de Radenko Milak donne à voir les particules qui flottent dans l’eau et attire notre attention sur cette pollution invisible à l’oeil nu.

En milieu de semaine, la sixième pleine lune du calendrier s’est levée et a illuminé le ciel nocturne. Surnommée "pleine lune des fraises" par les populations indigènes du nord de l’Amérique parce qu’elle coïncide avec la récolte des fraises sauvages, la lune de juin marque l’approche de l’été. Parée de reflets cuivrés, elle a cette année voyagé exceptionnellement bas sur la ligne d’horizon et offert un spectacle féérique annonciateur de renouveau auquel Ann Craven rend hommage.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2025, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 7 JUIN 2025

ÉDITORIAL • 7 JUIN 2025

Longtemps le fer de lance des programmes de santé publique mondiaux, le pays de l’Oncle Sam a, ces derniers mois, enclenché, à coups de démantèlement d’agences et de coupes budgétaires, son braquage de freins pour ne pas dire sa marche arrière. Véritable onde de choc sismique, l’interruption soudaine des financements va immanquablement éroder, par effet domino, la lutte contre les maladies infectieuses à l’échelle planétaire. Un revers inopiné qui met en péril tant la prévention des nouvelles infections que le diagnostic et l’administration des soins. Ainsi, et pour ne citer qu’elle, 42 ans après la découverte par des chercheurs de l’Institut Pasteur du VIH, la maladie du sida est un fléau qui continue à faire des ravages. Selon les derniers chiffres disponibles, en 2023, près de 40 millions d’individus vivaient avec le virus dans le monde. Parmi les régions les plus affectées, l’Afrique subsaharienne où vivent deux tiers des personnes infectées avec en tête de file l’Afrique du Sud. Réalisé un an avant son décès, le tableau inachevé de Keith Haring atteste du vide béant laissé par la pandémie du sida et laisse planer en filigrane le spectre d’une recrudescence de destins brisés par la maladie.

Culminant à 3 324 mètres d’altitude, le plus grand volcan actif d’Europe est une fois de plus entré en éruption ce lundi. Sous l’oeil hagard des touristes et des badauds, une gigantesque colonne de cendre, de roche et de fumée s’est échappée du mont Etna. Surveillée de près par les autorités siciliennes, son activité évolue mais ne présenterait pas à ce jour de danger pour la population locale. Le panache de fumée crayonné par Cy Twombly traduit la fascination qu’exerce l’impétuosité du volcan dans l’imaginaire collectif.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 31 MAI 2025

ÉDITORIAL • 31 MAI 2025

Co-organisée par la France et le Costa Rica, la troisième Conférence des Nations Unies sur l'Océan se tiendra à Nice du 9 au 13 juin prochain. Au sommaire: la protection de la biodiversité, la préservation des grands fonds, la lutte contre la pêche illégale et la pollution. Les océans couvrent plus de 70% de la planète et produisent plus de 50% de nos besoins en oxygène. L’équilibre des écosystèmes marins est de ce fait un enjeu majeur. Si la vie marine reste associée aux poissons et aux coraux, de minuscules organismes font eux aussi partie intégrante du milieu aquatique. À l’instar des arbres et des plantes terrestres, les micro-algues ont besoin de lumière pour s’épanouir. Sous l’effet de la photosynthèse, elles captent l’énergie solaire, transforment le dioxyde de carbone en nutriments et libèrent de l’oxygène. Or, d’après les scientifiques, la couche d’eau suffisamment éclairée pour permettre ce processus s’est amincie par endroits au cours des vingt dernières années. Si l’assombrissement des océans reste à ce jour inexpliqué, la latitude, la concentration en sédiments ou encore le réchauffement climatique pourraient en être la cause. Les photographies du paysage sous-marin de Nicolas Floc’h sondent la couleur de l’eau et donnent à voir les gradations chromatiques de l’océan.

Popularisé par le dessin animé “Le Monde de Nemo”, le poisson-clown revient sur le devant de la scène. Lors d’une étude portant sur le blanchissement des coraux au large de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, des chercheurs ont constaté qu’en cas de stress thermique ce résident des anémones de mer est capable de rétrécir afin d’accroître ses chances de survie. Une découverte qui met en lumière la résilience de l’espèce. La sculpture d’Andrew Hasler rend hommage à la flamboyance de ce champion de l’adaptation et rappelle l’importance de la préservation des écosystèmes marins.

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Zoé Schreiber

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