NEWSLETTER • 5 FÉVRIER 2022

ÉDITORIAL • 5 FÉVRIER 2022

Poursuivre ses rêves est le seul moyen de les réaliser. Parfois, l’onirique relève de l’exceptionnel et frise l’exploit. 155 jours après avoir décollé de l’aéroport de sa ville natale de Courtrai, Zara Rutherford, une belgo-britannique de 19 ans, est entrée dans les annales en devenant la plus jeune femme pilote à faire le tour du monde en solitaire et la première femme à réaliser cet exploit en avion monomoteur. Si l’aéronef de Panamarenko n’a pas vraiment vocation à s’élever dans les airs, sa machine volante titille l’imaginaire et met en lumière le rêve de vaincre l’apesanteur pour aller tutoyer les étoiles.

Vert, jaune et gris… Ce code couleur définit les règles du jeu de puzzle qui a conquis des millions d’internautes depuis son lancement en octobre 2021. Créé par l’ingénieur Josh Wardle, "Wordle" consiste à découvrir, chaque jour, en partant d’une grille vide, un mot mystère de cinq lettres en six essais. Depuis sa mise en ligne, le jeu gratuit fait un tabac, tant et si bien que le célèbre quotidien The New York Times vient d’annoncer son acquisition pour plusieurs millions de dollars. Le vert et le jaune du tableau de Mark Rothko évoquent de façon subliminale les couleurs des cases qui indiquent si les lettres du mot à épeler sont bonnes et bien placées.

Des centaines de milliers de roses sont importées à l’occasion de la Saint-Valentin. Cette année, le risque de pénurie et l’augmentation de la facture énergétique vont immanquablement se répercuter sur le prix des bouquets. Les fleurs coupées qui finissent dans nos vases viennent à 85% de l’étranger (Kenya, Ethiopie, Israël, Colombie, Equateur, Chine...) et les restrictions sur les vols internationaux et sur les transports intérieurs ont coupé le secteur d'une partie essentielle de sa chaîne logistique. Les roses d’Alex Katz rappellent qu’il n’y a pas de roses sans épines et que la fleur est une industrie qui subit elle aussi de plein fouet la crise tant sanitaire qu’économique.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2022, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 29 JANVIER 2022

ÉDITORIAL • 29 JANVIER 2022

L’éruption volcanique au large des îles Tonga a provoqué, par effet domino, une violente houle à plus de 10 000 km de là. La puissance des vagues a déstabilisé un pétrolier qui déchargeait sa cargaison dans une raffinerie de Lima et entraîné le déversement de plus de 6000 barils de pétrole brut sur les côtes de la capitale péruvienne. C’est le pire désastre écologique qu’ait connu le pays et une "urgence environnementale" de 90 jours à été décrétée. La marée noire a souillé des kilomètres de plages et des pingouins, des tortues et des oiseaux ont été retrouvés échoués, recouverts de mazout, noircis par le pétrole ou asphyxiés. À la lumière de ce malencontreux fait divers, la photographie du corbeau de Masahisa Fukase évoque immanquablement mort et désolation.

Pour la deuxième année consécutive, la crise sanitaire joue les trouble-fêtes. Le couperet est tombé: l’édition 2022 du carnaval de Binche est annulée. Au grand dam des amateurs et des festivaliers, il n’y aura ni roulements de tambour ni cortège populaire… Le tableau de Simon Demeuter ravive le souvenir des emblématiques Gilles de Binche et, en rendant hommage à la flamboyance du folklore belge, laisse espérer que si déception il y a cette année encore, les festivités n’en seront que plus belles en 2023.

Après la Russie en 2014, la Corée du Sud en 2018, c’est la Chine qui va accueillir les JO d’hiver du 4 au 20 février. Si les olympiades précédentes avaient elles aussi largement fait appel à l’enneigement artificiel, c’est la première fois dans l’histoire qu’en raison de la douceur du climat, les épreuves en plein air dépendront entièrement d’une neige artificielle soufflée par près de 300 canons au bord des pistes. La sculpture de Peter Fischli & David Weiss vient à point nommé pour illustrer la dépendance énergétique induite par le réchauffement climatique.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 22 JANVIER 2022

ÉDITORIAL • 22 JANVIER 2022

Samedi dernier, une violente éruption volcanique sous-marine a provoqué une onde de choc ressentie à travers le globe. Ce phénomène rare a eu lieu au large de l’une des îles inhabitées de l’archipel des Tonga, un petit royaume du Pacifique situé à plus de 2000 km au nord-est de la Nouvelle-Zélande. L’éruption du volcan Hunga Tonga, l’une des plus puissantes de ces dernières décennies, a entraîné des inondations tant sur les côtes américaines que japonaises, au Chili et au Pérou et a déclenché plusieurs tsunamis dans le Pacifique sud. La vague de Jean-Michel Othoniel, qui ne mesure “que” 6 mètres de haut, laisse deviner les effets dévastateurs des vagues de 15 mètres qui ont déferlé et submergé certaines des îles des Tonga…

Dans ses discours historiques, Martin Luther King, dont on commémorait outre-Atlantique l’héritage cette semaine, appelait à défendre le droit de vote des afro-américains, droit qu’il qualifiait de “liberté qui permet toutes les autres”. Aujourd’hui, près de 60 ans plus tard, de nombreux états conservateurs sont en passe d’adopter des lois visant à restreindre voire à exclure du vote les minorités. L’oeuvre de Derrick Adams s’inspire d’une photo du couple King en vacances en Jamaïque. Il rappelle de façon subliminale que l’amour est plus fort que la haine et que, pour être en mesure de porter les combats contre les inégalités et les discriminations, même les grands leaders ont besoin de moments de détente et d’intimité pour se ressourcer.

Tout porte à croire que nous assistons au chant du cygne du bon vieux ticket de caisse délivré lors de chacun de nos achats. L’argument écologique est avancé pour justifier la disparition progressive dudit ticket même si l’option du ticket dématérialisé est loin d’être parfaite. Les tapisseries de Gabriel Kuri nous incitent à réfléchir à la place qu’occupe le papier dans un monde de plus en plus soumis aux impératifs du numérique.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 15 JANVIER 2022

ÉDITORIAL • 15 JANVIER 2022

Le jour de Noël, le télescope spatial le plus puissant jamais construit décolle vers les étoiles. Nommé après un ancien dirigeant de la NASA, le télescope James Webb, est maintenant en route vers le point de Lagrange L2 situé à 1,5 millions de km de la Terre, dans la direction opposée au Soleil. Son objectif est d’aider à mieux comprendre les origines du monde et notre place dans celui-ci. Véritable machine à remonter le temps, il permettra non seulement d’étudier la formation et l’évolution des galaxies mais aussi d’observer les confins de l’univers en quête d’environnements habitables voire, qui sait, d’environnements habités… Si les constellations de Picasso étaient imaginaires, c’est une mappemonde du cosmos que cet observatoire pourrait bientôt révéler.

Il y a quinze ans, le 9 janvier 2007, Steve Jobs, le PDG d’Apple, révolutionnait la téléphonie en lançant le tout premier iPhone. Loin d’être le premier smartphone ni même l’appareil le plus évolué de son époque, le premier iPhone séduit non seulement par son utilisation simplifiée mais aussi parce qu’il combine trois appareils (un iPod avec écran tactile, un appareil pour naviguer sur internet et un téléphone) en un seul. Comme en témoigne le tableau de Nicole Eisenman, que l’on soit un fidèle de la marque à la pomme ou non, ces appareils connectés sont aujourd’hui omniprésents et font partie intégrante de notre quotidien.

À l’instar de l’Allemagne et de l’Autriche il y a une vingtaine d’années, de la Belgique, de la Suisse, du Portugal et de la France, l’Espagne vient enfin d’adopter une loi qui considère les animaux de compagnie comme des "êtres à part entière" avec un statut juridique qui leur est propre. Les animaux ne sont dès lors plus des "choses" ou des "objets", mais des "êtres doués de sensibilité" et sont dorénavant considérés comme des membres de la famille dont il faut garantir le bien-être. En mettant en avant les maîtres et leurs chiens, la série de photos de Keith Arnatt laisse deviner la complicité qui peut lier le fidèle compagnon à son meilleur ami…

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 8 JANVIER 2022

ÉDITORIAL • 8 JANVIER 2022

À chaque nouvelle année, son lot de bonnes résolutions. Le plus dur reste de s’y tenir… Nul ne sait ce que nous réserve l’avenir, mais, à l’ouverture de ce nouveau chapitre, une envie irrépressible nous prend de vouloir partir du bon pied. À force de se souhaiter, tel un mantra, une “bonne année!”, on ne peut qu’espérer que 2022 sera un bon cru. À ce titre, on se plait à croire que la lumière qui brille, à travers le rideau entrouvert de la photographie d’Uta Barth, est annonciatrice de jours meilleurs.

Il y a un an, le 6 janvier 2021, tandis que les deux chambres du Congrès américain entérinent, état par état, le résultat des élections, des milliers de partisans du candidat vaincu se massent aux portes du Capitole pour s’opposer à une passation pacifique du pouvoir. L’explosion de violence qui s’ensuit et la tentative de prise d’assaut de l’édifice font vaciller les institutions. À ce jour, plus de 40% d’américains restent persuadés que l’élection a été volée à l’ancien président. La noirceur du ciel qui surplombe le Capitole dépeint par Robert Longo est de mauvais augure et témoigne de la fragilité de la frontière entre “démocratie” et “autocratie”, entre “mensonge" et “vérité”.

L’Europe reste sur le qui-vive face au Covid-19. La flambée épidémique se poursuit et la hausse des contaminations au variant omicron est exponentielle. Les diagonales rouges qui balayent la toile de Tomma Abts et fragmentent l’espace pictural rappellent que, si le premier réflexe, quand on voit un faisceau laser, est de détourner le regard, il faut cesser de se voiler la face. Continuons dès lors à faire preuve de prudence et contribuons à mettre tout en œuvre à notre échelle pour freiner la circulation du virus.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 1ER JANVIER 2022

ÉDITORIAL • 1ER JANVIER 2022

À nouvel an, nouvel élan!
En ce 1er janvier, je tiens, chères lectrices et chers lecteurs, à vous souhaiter tout le meilleur et à vous remercier, du fond du coeur, pour votre fidélité.

Chaque samedi, par l’intermédiaire de ma newsletter et de mes "livraisons culturelles", mes mots se sont glissés dans vos boîtes mails et vous ont invité à décrypter la période si particulière que nous traversons.

Pour citer Robert Filiou, "l’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art". En croisant mon regard sur l’actualité avec celui des artistes de mon choix, je me suis évertuée et m’évertue à tisser une toile de liens entre l’art et notre quotidien. Aller à la rencontre d’oeuvres est ma boussole, une boussole qui, j’en ai l’intime conviction, peut nous aider à naviguer ces eaux troubles.

L’énième mutation du virus bouscule les projections les plus optimistes. Une atmosphère de grande incertitude continue de planer et nous rappelle, si besoin est, qu’il faut, envers et contre tout et plus que jamais, croquer la vie à pleine dents, prendre soin de nous et des autres et profiter de l’instant présent.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 18 DÉCEMBRE 2021

EDITORIAL • 18 DÉCEMBRE 2021

Le week-end dernier, le Sud et le centre des États-Unis ont été la proie d’une trentaine de tornades d’une exceptionnelle violence pour ne pas dire d'une violence extrême. Ces tornades meurtrières ont semé la désolation sur leur passage et réduit à néant des quartiers entiers. La photographie de Mitch Dobrowner immortalise la course impitoyable d’une colonne de vent à travers un champ de poteaux électriques. La juxtaposition des pylônes érigés par l’homme et du tourbillon infernal illustre l’impuissance humaine face à la force dévastatrice des éléments naturels.

2021 touche à sa fin et le moment est bientôt venu d’entrer dans la nouvelle année. Comme à l’accoutumée, le nuancier Pantone donne le ton en dévoilant “Very Peri”, sa couleur de 2022. Le tableau de Pieter Vermeersch semble ouvrir le bal avant l’heure et décline, en dégradé, cette tonalité qui, d’après l'iconique "faiseur de couleurs", “allie la fidélité et la constance du bleu à l’énergie et l’enthousiasme du rouge.”

Y’a à nouveau de la rumba dans l’air... Cinq ans après sa cousine cubaine, la rumba congolaise a été inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Unesco. Musique populaire, elle est un vecteur de cohésion sociale qui rythme non seulement le quotidien des habitants des deux rives du fleuve Congo mais aussi celui du continent et de sa diaspora. Les danseurs de Moké se déhanchent dans la joie et la bonne humeur au son des mélodies chaloupées qu’égrènent avec entrain les musiciens... Viva la musica!

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 11 DÉCEMBRE 2021

EDITORIAL • 11 DÉCEMBRE 2021

La fourrure fait l’objet de toutes les convoitises des années 30 aux années 50, tombe ensuite en désuétude pour revenir en grâce dans les années 70, est violemment décriée dans les années 90 et refait un come-back dans les années 2000. Aujourd’hui, sous la pression des organisations de défense des animaux, les pelisses de tous poils suscitent à nouveau la controverse. À ce titre, l’annonce de l’hebdomadaire féminin Elle de s’engager à ne plus faire dans ses pages la promotion de la fourrure animale d’ici 2023, s’inscrit dans l’air du temps. Le manteau qui habille le dossier de la chaise de Nicole Wermers rappelle de façon subliminale que, si les efforts pour prendre en considération le bien-être animal sont notoires dans l’industrie de la mode en général, la fourrure et les peaux d’animaux exotiques restent des produits auxquels certaines marques de luxe ont du mal à renoncer.

Fin d’année rime immanquablement avec classements, listes et palmarès. Le livre le plus vendu, le film le plus vu… et, depuis quelques années, l’emoji le plus utilisé. 92% de la population en ligne dans le monde utilise des émoticônes pour agrémenter ses conversations et on en dénombre plus de 3600. Si la pandémie a bouleversé nombre de nos habitudes, il est un domaine où elle semble ne pas avoir eu prise. En effet, depuis trois ans déjà, la petite image virtuelle qui remporte les suffrages haut la main est celle du visage qui pleure de rire (😂) suivie de près par celle du cœur rouge (❤️)… Comme quoi, rire et amour vont de pair, qu’il pleuve ou qu’il vente. Si le “smiley” dépeint par Nate Lowman fait figure d’ancêtre, il reste encore et toujours facilement reconnaissable.

Enfin, comme le laisse deviner le tableau de Patricia Leite, la ville se pare, lentement mais sûrement, de lumières à l’approche des fêtes de Noël…

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NEWSLETTER • 4 DÉCEMBRE 2021

EDITORIAL • 4 DÉCEMBRE 2021

Le rebond épidémique inquiétait déjà le Vieux Continent et voilà qu’en début de semaine, on apprend, qu’après le variant Delta identifié pour la première fois en Inde en octobre 2020, une nouvelle mutation du virus a été détectée en Afrique australe… Baptisé Omicron (la quinzième lettre de l’alphabet grec), ce nouveau variant présente selon l’OMS “un risque très élevé” de se répandre rapidement au niveau mondial. Le nouvel ennemi invisible est imprévisible mais, une chose est sûre: nous allons non seulement devoir vivre avec lui mais aussi avec nos incertitudes et nos doutes. Comme le souligne le tableau de Ben, quoique l’on fasse, il va falloir s’adapter.

Le cobalt joue un rôle pivot dans la transition énergétique. Indispensable à la fabrication des batteries de nos voitures et de nos vélos électriques entre autres, “le métal bleu” fait partie des matières premières les plus convoitées. Plus de 70% de l’approvisionnement mondial provient de l’est de la RDC. L’extraction de ce précieux métal se fait malheureusement souvent au détriment des droits de l’homme et de l’environnement. En gravant des circuits électroniques à même la peau des individus qui peuplent ses toiles, Eddy Kamuanga Ilunga attire notre attention sur l’exploitation des ouvriers et des enfants qui, pour satisfaire nos besoins, creusent parfois la roche à mains nues avec des outils rudimentaires.

Télétravail, prise de rendez-vous vaccinal, démarches administratives, cours en ligne… Si la crise sanitaire a accéléré la dématérialisation des services et exacerbé notre dépendance aux nouvelles technologies, elle a aussi accentué les inégalités. L’illectronisme est une réalité: d’après une étude de l’ONU plus d’un tiers de la population mondiale ne s’est jamais connectée à Internet. L’installation de Charles Sandison illustre de façon subliminale l’accélération de la transition numérique et, en rendant parfois illisibles les mots projetés, met en exergue la contradiction entre ce qui est compréhensible et ce qui relève de l'inintelligible.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 27 NOVEMBRE 2021

EDITORIAL • 26 NOVEMBRE 2021

À l’instar d’une radiographie, la crise sanitaire a révélé les fractures qui fragilisent le tissu social. Loin de les résorber, le virus s’est engouffré dans les fissures et a non seulement creusé les écarts mais a aussi mis à nu les inégalités et les clivages. Si vaccination et responsabilisation individuelle restent encore et toujours les maîtres-mots pour juguler la résurgence des contaminations, force nous est de constater, une fois de plus, que la défiance et le ressentiment d’une partie de la population sont en passe de diviser la société civile. Shibboleth, la faille béante de l’installation de Doris Salcedo, illustre de façon subliminale cette fragmentation, cette brèche qui pourrait devenir délétère…

La vague épidémique monte en puissance et deux visions du monde s’opposent autour de la confiance qu’elles accordent à la médecine, à la science et aux politiques. D’aucuns diraient que, crispés par des rancœurs aux multiples facettes, les individus ne semblent plus être en mesure de dialoguer. Le tableau de Leon Polk Smith joue sur cette dualité et évoque des maillons en train d’essayer de se composer voire de se recomposer, un moment d’entre-deux, de rupture et de discontinuité.

La réouverture des boîtes de nuit et des discothèques aura été de courte durée. À peine rouvertes, les portes du monde de la nuit doivent refermer. Dès ce soir, et pour paraphraser l’intitulé du documentaire éponyme, ce sera à nouveau "la nuit noire sur les nuits blanches". L’œuvre de Carlos Cruz-Diez ravive le souvenir des jeux de lumière stroboscopique qui balayent les dancefloors.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 20 NOVEMBRE 2021

EDITORIAL • 20 NOVEMBRE 2021

Il flotte dans l’air, depuis quelques semaines, un parfum de déjà vu pour ne pas dire de déjà vécu. Les contaminations repartent à la hausse et, comme l’an dernier à la même époque, le Vieux Continent redevient l’épicentre de l’épidémie. L’hiver qui se profile lentement mais sûrement à l’horizon s’annonce une fois de plus difficile. Pour casser la dynamique, et, par voie de conséquence, les risques de transmissions, un durcissement des mesures préventives s’impose. Les spirales tourbillonnantes du dessin de Louise Bourgeois rident, à chaque ricochet, la surface de l’eau et rappellent que chaque geste, aussi anodin soit-il, peut avoir une incidence sur notre qualité de vie.

On y a cru, on s’est permis d’espérer l’épidémie maîtrisée grâce à la vaccination et voilà que le virus revient tambouriner de plus belle à notre porte. Les mises en garde de la communauté scientifique continuent à se heurter aux décisions des politiques. La compréhension s’étiole et il faut “remotiver” les troupes. Les dirigeants comptent une fois de plus sur l’adhésion de la population. En choisissant de s’en remettre au civisme et au sens des responsabilités de tout un chacun, en nous martelant qu’à force de discipline et de solidarité nous parviendrons cette fois encore à maîtriser le rebond épidémique, ils tentent un coup de poker qui, à l’instar de celui des joueurs immortalisés par la photographie de Key L. Nielson, portera ou non ses fruits…

Le portrait de Malcolm X par Glenn Ligon préfigure le coup de théâtre historique d’il y a quelques jours. Plus d’un demi-siècle après les faits, deux hommes noirs, injustement accusés de l’assassinat du militant de la lutte pour les droits civiques, viennent d’être innocentés. Ce rebondissement judiciaire met en exergue les failles de la justice américaine qui est, aujourd’hui encore, trop souvent accusée de discrimination et d’injustice.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 13 NOVEMBRE 2021

EDITORIAL • 13 NOVEMBRE 2021

Afin de limiter le réchauffement climatique, les dirigeants mondiaux se sont engagés à préserver les poumons verts de la planète et à atteindre l’objectif de zéro déforestation à l’horizon 2030. À ce jour, aucun engagement n’a encore permis de freiner le rythme alarmant de la déforestation. La scarification du paysage immortalisée par Edward Burtynsky témoigne de l’ampleur du phénomène. Les défis à relever sont majeurs et on ne peut qu’espérer que cette énième promesse ne reste pas un vœu pieux.

Si la neutralité carbone demeure la priorité absolue de la COP26, le dérèglement hydrique est lui aussi préoccupant à l’échelle mondiale. La pénurie d’eau aggrave les problèmes liés à la faim et à la malnutrition et les catastrophes naturelles liées à l’augmentation de la pluviométrie mettent en danger non seulement les vies humaines, mais aussi les écosystèmes et les progrès réalisés dans le développement économique et social... Si, pour citer Confucius, une image vaut mille mots, celle du ministre des Affaires étrangères de Tuvalu, les pieds dans l’eau derrière son pupitre, restera dans les annales. Particulièrement vulnérable au risque de submersion, l’archipel polynésien pourrait être rayé de la carte et ses habitants deviendraient alors parmi les premiers réfugiés climatiques au monde. L'installation lumineuse de James Turrell nous rappelle que, si l’on veut sauver la mise et éviter de “toucher le fond”, mieux vaut ne pas descendre à reculons et affronter, sans atermoiements, la situation.

Enfin, et à un niveau plus prosaïque, la hausse des températures et l’abondance des pluies de fin d’été retardent la sénescence des feuilles des arbres et des arbustes et menacent de faire disparaître “l’explosion de couleurs” des forêts des zones tempérées. Le tableau de Tom Thomson ravive le souvenir des couleurs flamboyantes du feuillage d’automne.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 6 NOVEMBRE 2021

EDITORIAL • 6 NOVEMBRE 2021

Six ans après le raout de la COP21 qui a entériné, à grand renfort de discours et de promesses creuses, l’Accord de Paris, c’est la COP26 qui fait aujourd’hui la une de l’actualité. Dirigeants et militants du monde entier sont réunis jusqu'au 13 novembre à Glasgow en Écosse pour tenter d’infléchir les effets dévastateurs du réchauffement climatique et éviter la "catastrophe" environnementale annoncée. Point n’est besoin d’être grand clerc pour se rendre à l’évidence: les incendies, canicules, inondations et autres catastrophes naturelles récentes exacerbent l’urgence d'une action climatique à l’échelle planétaire. Si l’artiste Jeroen Jongeleen marque de son empreinte l’espace public pour amener les individus à redécouvrir le monde qui les entoure, de nombreux mouvements citoyens donnent de la voix pour conduire les politiques à enfin regarder au-delà de leurs intérêts à court terme et à prendre les mesures qui s’imposent pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et contribuer ainsi au bien-être de l’humanité.

La hausse des températures est deux fois plus marquée en Arctique qu’ailleurs sur Terre et l’ours polaire est devenu le symbole de la lutte contre les dérèglements du climat. La fonte de la banquise entraîne la disparition de son biotope et le contraint à parcourir des centaines de kilomètres et à nager des jours durant pour trouver à se nourrir. La sculpture de Xavier Veilhan nous rappelle, si besoin est, que la survie du plus grand carnivore du monde dépend, à l’instar de celle de bien d’autres espèces, de l’évolution de nos modes de vie.

On croyait avoir tourné la page mais, bis repetita, l’Europe est redevenue l’épicentre de la pandémie. Comme le suggère le tableau de Bartek Materka, voir le bout du tunnel n’en garantit malheureusement pas la sortie…

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 30 OCTOBRE 2021

EDITORIAL • 30 OCTOBRE 2021

Chères lectrices, chers lecteurs,

D’abord et avant tout, je tiens à vous remercier pour votre fidélité!

5 ans déjà!
5 ans de présence artistique certes mais surtout 5 ans de partage d’émotions et de coups de cœur. 5 ans qu’à travers la pratique d’artistes contemporains de mon choix, je m’évertue à décrypter le monde qui nous entoure. Loin de moi le désir de vous imposer un inventaire à la Prévert mais j’ose espérer que lire mes articles, chroniques et éditos au fil des semaines, aiguise votre regard et vous donne l’envie d’aller à la rencontre d’œuvres et d’artistes. Ceci étant dit, 5, 4, 3, 2, 1, 0, c’est reparti pour une nouvelle livraison culturelle!

Le rebond épidémique ne se cantonne pas au royaume… L’Europe de l’Est navigue à vue depuis quelques semaines déjà. À cent jours des JO d’hiver de Pékin et dans le cadre de la politique de “tolérance zéro” des autorités, une ville du nord-ouest de la Chine reconfine quant à elle, sans autre forme de procès, quatre millions d’habitants pour endiguer un foyer sporadique d’une quarantaine de cas. Le rire coup de poing de l’œuvre de Yue Minjun exprime implicitement notre impuissance et le décalage persistant entre nos désirs et la réalité. Une chose est sûre, qu’on le veuille ou non, la pandémie de Covid-19 n’est pas encore derrière nous.

Avec le retour d’Halloween, l’occasion d’exorciser nos peurs et de faire un pied de nez à nos démons tombe à point nommé. Si la citrouille de Yayoi Kusama n’a pas pour objectif premier d’éloigner les esprits malveillants, elle a le mérite de nous inciter à continuer, alors que plane le spectre d’une quatrième vague, à prendre soin de nous et de ceux qui nous sont chers.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 23 OCTOBRE 2021

EDITORIAL • 23 OCTOBRE 2021

Il y a 27 ans, inspiré par le jeu de stratégie "Go", un ingénieur japonais inventait des petits pictogrammes noirs sur fond blanc pour mieux suivre le trajet des pièces détachées dans l’industrie automobile. L’utilisation de ces codes QR (Quick Response), plus performants que les codes-barres traditionnels, s’est rapidement généralisée en Asie. En Europe, ce n’est que depuis la pandémie et les mesures de distanciation sociale, qu’ils font partie intégrante de notre quotidien. L’oeuvre de François Morellet évoque le brouillage de pixels sur un écran et semble préfigurer, avant l’heure, la structure binaire de cet outil numérique aujourd’hui omniprésent.

Bien que le concours Miss France ait fêté son centenaire l’année dernière et qu’il soit retransmis sur nos antennes depuis 1986, cela fait des années qu’il est controversé et la cible de critiques. Nombreux sont celles et ceux qui lui reprochent de réduire les femmes au statut d’objet et de véhiculer des valeurs sexistes. En annonçant, à moins de deux mois de l’élection annuelle de la "plus belle femme de France", saisir la justice afin de contraindre les organisateurs à corriger le règlement et à respecter le droit du travail (qui interdit la discrimination à l’embauche), l’association Osez le féminisme met l’accent sur l’impact négatif et rétrograde dudit concours. La photographie de Laurie Simmons rappelle qu’enfermer les femmes dans des stéréotypes caricaturaux ne devrait plus être d’actualité et que, si les mentalités évoluent lentement, les temps changent.

La baisse du prix de l’essence pendant la période de confinement n’aura pas fait long feu. La reprise de l’activité économique a fait flamber les cours du brut et la hausse du coût des carburants atteint des records historiques. Comme le laisse deviner le tableau d’Ed Ruscha, qui dit augmentation dit envolée des prix à la pompe et, par voie de conséquence, grogne croissante des usagers.

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COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 16 OCTOBRE 2021

EDITORIAL • 16 OCTOBRE 2021

Depuis plus d’un an, la recherche d’un traitement contre le coronavirus mobilise les scientifiques du monde entier. En début de semaine, un laboratoire pharmaceutique a introduit, auprès de la FDA (l’agence américaine des médicaments), une demande d’autorisation en urgence de mise sur le marché de sa “pilule anti-covid”. D'après les essais cliniques, ce comprimé permettrait de réduire de moitié les risques d’hospitalisation et de décès chez les patients atteints de la maladie. L’annonce fait souffler un vent d’optimisme sur le front de la lutte contre la pandémie. L’installation de Damien Hirst nous rappelle que, si prévenir par la vaccination vaut mieux que guérir, les gélules ont le mérite d’être faciles à administrer et ce même dans les pays les plus pauvres et dans les contrées les plus reculées.

Cela fait cinq ans déjà que, délabré, fissuré et sur le point de sombrer, le pétrolier FSO Safer est en rade au large du Yemen. Son naufrage entraînerait l’une des pires catastrophes écologiques du monde. La marée noire que provoquerait le déversement de sa cargaison de plus d’un million de barils de brut bouleverserait l’écosystème de la mer Rouge, perturberait les voies de navigation et exposerait les habitants de tous les pays riverains à des niveaux élevés de polluants. Le déversement de produits pétroliers en mer est récurrent et les marées noires font régulièrement la une de nos informations… En utilisant de la porcelaine pour reproduire les plaques de pétrole, Ai Weiwei nous invite à ne pas oublier qu’à l’instar de la production d’hydrocarbures, la fabrication de porcelaine peut elle aussi avoir un impact nocif sur l’homme et sur l’environnement.

Après avoir été le précurseur du “jouet vert” et avoir lancé un kit LGBTQ+, le roi de la brique de construction va dorénavant classer ses produits par thèmes plutôt que les catégoriser jouets “pour filles” ou “pour garçons”. Cette approche devrait encourager filles et garçons à jouer avec des jouets qui ne sont pas traditionnellement “faits pour eux”. L’œuvre de Matteo Negri tombe à point nommé pour redire que la créativité ne doit pas avoir de limites.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 9 OCTOBRE 2021

EDITORIAL • 9 OCTOBRE 2021

Célébrée chaque année en date du 4 octobre, la journée mondiale des animaux vise à nous sensibiliser à la cause animale. Si, pendant le confinement, bon nombre d’entre nous ont adopté un animal de compagnie, le ralentissement de l’activité humaine concomitant aux restrictions sanitaires a aussi incité les représentants les moins farouches de la faune sauvage à quitter leur habitat naturel et à s’aventurer en milieu urbain. Déjà présent à Bruxelles, le renard est une espèce protégée que l’on peut parfois voir rôder dans certaines rues, parcs et jardins de la capitale. Celui sculpté par Kiki Smith semble être aux aguets et nous rappelle que, bien qu'il s’y adapte, la ville reste pour le goupil un milieu hostile.

En début de semaine, une panne majeure a rayé de la toile, pendant plus de six heures, l’ensemble des plateformes du géant des réseaux sociaux. L’indisponibilité des services a impacté des milliards d’utilisateurs aux quatre coins du globe… Survenue la veille du témoignage, devant le Sénat américain, d’une lanceuse d’alerte qui dénonce certaines pratiques du groupe qu’elle accuse de mettre le profit avant l’humain, cette panne illustre, à l’instar du tableau d’Andrew Stevovich, notre dépendance aux outils numériques.

Notre façon de sentir et de ressentir les choses influence nos interactions avec le monde extérieur. Le Prix Nobel de médecine vient d’être attribué à deux chercheurs américains pour saluer leurs "découvertes révolutionnaires" sur la perception, par notre système nerveux, du chaud, du froid et du toucher. Indispensable à notre équilibre émotionnel, la fonction du toucher est certes physiologique et sensorielle mais elle est aussi sociale. Tendre une main vers l’autre, c’est déjà créer une forme de relation avec lui et, comme le rappelle la phrase tracée au néon de Tracey Emin, le plus important n’est pas ce que nous touchons mais ce qui nous touche.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 2 OCTOBRE 2021

EDITORIAL • 2 OCTOBRE 2021

Les bibliothèques meublent et rassurent. Les livres sont, pour d’aucuns d’entre nous, un moyen d’évasion et la littérature, une fenêtre sur le monde. En regardant le tableau de Lucy Williams, on ne peut s’empêcher de penser à la pratique du “Tsundoku", le terme japonais qui décrit la douce maladie de l’accumulation de livres ou l’art de constituer des piles d’ouvrages comme autant de promesses de lecture...

Si, dans un contexte de contrôle des foules, les armes non létales prolifèrent dans les corps de police du monde entier, elles sont pratiquement en vente libre à tout venant, à chaque coin de rue en Colombie. La seule différence entre lesdites armes et les armes à feu classiques est le projectile qui, au lieu d’être en plomb ou en acier, est en gomme ou en caoutchouc. La photographie d’Harold Eugene Edgerton a le mérite de rappeler de façon subliminale que, bien qu’elles aient été développées pour réduire les risques de décès, les armes dites non létales blessent et mutilent elles aussi.

Intitulée Remember me (Souviens-toi de moi), l’exposition du Rijksmuseum d’Amsterdam met en scène les portraits de grands maîtres de la Renaissance. Parmi la centaine d’œuvres offertes à notre regard, les deux premiers portraits d’hommes d’origine africaine dans l’histoire de l’art européen attirent l’attention. Exposés ensemble pour la première fois en cinq siècles d’histoire, le croquis d’Albrecht Dürer (1508) et le portrait de Jan Jansz Mostaert (1525), confirment la présence d’africains en Europe bien avant l’esclavage et la colonisation. En réinterprétant la célèbre toile de Vermeer et en remplaçant l’iconique jeune fille à la perle par une jeune fille noire à la boucle d’oreille en bambou, Awol Erizku interroge notre capacité à accepter un autre modèle de beauté.

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Zoé Schreiber

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NEWSLETTER • 25 SEPTEMBRE 2021

EDITORIAL • 25 SEPTEMBRE 2021

Le 15 septembre dernier, le magazine américain Rolling Stone a, pour la première fois depuis 17 ans, réactualisé son palmarès des 500 “meilleures chansons de tous les temps”. La chanson Respect de la “Reine de la Soul”, Aretha Franklin, est ainsi passée de la cinquième à la première place. En se réappropriant et en épelant sur la toile en lettres majuscules l’une des phrases de la chanson éponyme, “All I’m askin is for a little respect” (tout ce que je demande c’est un peu de respect), Jeffrey Gibson attire l’attention sur les revendications des populations amérindiennes dans l’Amérique d’aujourd’hui.

La surface de la Terre s’apparente à un puzzle dont les pièces seraient les plaques tectoniques. Lesdites plaques se déplacent les unes par rapport aux autres de quelques centimètres par an et provoquent volcans et séismes. On dénombre une cinquantaine d’éruptions volcaniques par an. Après l’éruption meurtrière du Nyiragongo en RDC, celle de l’Etna en Italie et celle du volcan finlandais Fagradalsfjall pour ne citer qu’elles, l’éruption du volcan de la Cumbre Vieja aux Canaries est la dernière en date à faire la une cette année. Le tableau de Brice Guilbert illustre tant la fascination que la peur qu’exercent les volcans dans l’imaginaire collectif.

Si les activités humaines contribuent indéniablement au déclin de la population des oiseaux, le confinement de l’année dernière, semble avoir redonné de la voix aux piafs de nos villes. Pigeons ramiers et bisets, corneilles, merles, mésanges bleues et pies bavardes se sont soudainement rappelés à notre bon souvenir. En partageant son inventaire chromatique réel et imaginaire, Jochen Gerner nous rappelle que pour entendre et voir les oiseaux, il faut apprendre à les observer.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER

NEWSLETTER • 18 SEPTEMBRE 2021

EDITORIAL • 18 SEPTEMBRE 2021

Parfois, et pour citer Montaigne, “une forte imagination produit l’événement…” Le dernier opus de Christo et Jeanne-Claude sera dévoilé de façon posthume à Paris aujourd’hui. Bien que l’idée d’emballer l'Arc de Triomphe ait germé dans l'esprit des artistes sus-mentionnés en 1962, il aura fallu attendre 59 ans pour voir le projet se concrétiser… Au bout d’une semaine d’intense activité, l’emblématique monument parisien a été transformé, dans le respect des instructions des artistes, en un gigantesque paquet-cadeau. À l’instar de l’emballage du Pont Neuf il y a 36 ans déjà, l’installation, que le tandem qualifiait volontiers d’utopique, offre au public un nouveau regard sur l'un des monuments les plus iconiques de la "ville lumière”.

Le cheval de bataille de Fred Sandback est bicéphale: bousculer notre vision du monde et transformer notre perception de l'espace et de l'architecture. À mi-chemin entre sculpture et dessin, ses installations minimalistes frôlent l'immatériel et nous invitent à nous interroger sur ce que l'on voit, ce que l'on pense voir et ce que l'on ne voit pas.

Par temps de pandémie, l’humour s’est révélé salutaire pour tenter de faire la part des choses. L'humour nous a permis de parler de la vérité sans la nommer et, par le décalage et l'absurde, de prendre conscience de nos dysfonctionnements et de ceux de la société. Ce que nous avons vécu et ce que nous vivons encore reste invraisemblable et pourtant l’invraisemblable est aujourd’hui devenu vrai. Les artistes qui figurent dans l’exposition “Hahaha. L’humour de l’art” nous incitent, chacun à leur manière, à travers leurs oeuvres plus ou moins décalées voire déjantées, à faire fi de nos certitudes, prendre du recul et garder le sourire.

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Zoé Schreiber

COPYRIGHT © 2021, ZOÉ SCHREIBER